Bibliographie IRTS

 

 

 

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Ouvrages

Baubérot, J. & Cercle des enseignants laïques (2016). Petit manuel pour une laïcité apaisée. A l’usage des profs, des élèves et de leurs parents. Paris : La Découverte.

Étonnant paradoxe : alors que les médias en parlent constamment, la laïcité est encore très mal connue ! Sujette à des interprétations divergentes, parfois instrumentalisée ou consciemment falsifiée, elle apparaît par moments comme un principe nébuleux, ce qui place les enseignant.e.s, les élèves et leurs parents dans une situation difficile. Cherchant à clarifier le débat, un collectif d’enseignant.e.s s’est réuni autour de Jean Baubérot, historien et sociologue spécialiste de la laïcité, pour répondre aux questions concrètes du personnel éducatif et des usager-ère.s de l’Éducation nationale.
Retraçant avec pédagogie l’histoire de la laïcité et redonnant les grands principes de son application, ce petit manuel offre des clés indispensables pour comprendre la philosophie véritable de cet idéal républicain et propose des solutions pratiques pour l’appliquer sereinement. Car ce livre est aussi un plaidoyer pour une laïcité (enfin !) apaisée et pour une école publique ouverte, capable d’offrir à tou.te.s, quelles que soient leurs origines et leurs convictions, un enseignement de qualité.
La laïcité, rappellent les auteur.e.s, ne devrait pas être un instrument de stigmatisation des élèves et un casse-tête pour les professeur.e.s. Au contraire, elle peut, quand elle est bien comprise, apporter des solutions pour une vie collective harmonieuse et respectueuse des convictions de chacun.e.

Bianco, J.-L. & Cadène, N. (2016). Rapport annuel de l’Observatoire de la laïcité 2015-2016. Paris : Observatoire de la laïcité. En ligne sur le site web du Gouvernement, http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/contenu/piece-jointe/2016/06/rapport_annuel_odl_2015-2016_2.pdf consulté le 21/09/2016.

« L’Observatoire de la laïcité a adopté son troisième rapport annuel depuis son installation par le Président de la République le 8 avril 2013.

Notre précédent rapport s’inscrivait dans un contexte particulier, celui des attentats des 7, 8 et 9 janvier et des marches républicaines, partout en France, le 11 janvier 2015. A nouveau, la France a été frappée par des attentats, ceux du 13 novembre dernier qui ont été les plus meurtriers que nous ayons connus.

Dans ce contexte qui persiste, fait à la fois d’inquiétude et d’émotion, il est plus nécessaire que jamais de dresser l’état des lieux de la laïcité en France avec une grande rigueur d’analyse, d’autant plus qu’elle est un objet important du débat politique. Jamais cela n’avait été fait avant l’installation de notre instance. Il s’agit aussi de veiller à l’application ferme et sereine des principes qui fondent la laïcité et de faire oeuvre de pédagogie, pour que chaque citoyenne et chaque citoyen puisse s’approprier la laïcité et la faire vivre au quotidien. »  (Extrait de l’introduction)

Debray, R. & Leschi, D. (2016). La laïcité au quotidien. Guide pratique. Paris : Gallimard.

Nous avons tous en tête des  » affaires  » traitées autant par les médias qu’utilisées par le personnel politique, dans lesquelles la  » laïcité  » tient le mauvais rôle. La loi qui a instauré la séparation des Eglises et de l’Etat semblait donner une ligne de conduite claire. Mais la morale laïque se heurte à des obstacles nouveaux, nés souvent du brouillage entre le public et le privé, de la prééminence de l’individu sur le citoyen.

Chacun garde en mémoire les faits de société qui semblent remettre en cause son principe, comme s’il s’opposait, par des glissements continus, aux convictions personnelles : la cantine scolaire doit-elle proposer différents types de repas ? le caricaturiste peut-il faire preuve d’irrévérence sans être sous le coup d’une condamnation ? peut-on autoriser le travail pendant le  » jour du seigneur  » ? dans quels lieux célébrer les funérailles présidentielles ? est-il acceptable qu’une femme préfère être examinée par une doctoresse plutôt que par un docteur ? A toutes ces questions qui se transforment en casse-tête pour la vie collective, Régis Debray et Didier Leschi répondent en rappelant ce que dit la loi de 1905 sur l’exercice de la laïcité, plus prévoyante qu’on ne le croit, et font également appel au bon sens et à la volonté de vivre selon, comme ils l’écrivent, un  » régime de cohabitation civilisée « .

38 cas pratiques, depuis A comme Aumônerie jusqu’à Z comme Zèle (en passant par Cloches et Muezzin, Foulard, Dimanche, Non-mixité, Vues de l’étranger), soumis à l’examen impartial et informé de Régis Debray et de Didier Leschi.

Dubreucq, E. (2016). Les révolutions de l’éducation en France : 15 leçons de philosophie de l’éducation sur la laïcité. Paris : L’harmattan.

« Ce livre de philosophie de l’éducation, présenté sous forme de « leçons », veut entamer une archéologie de la laïcité. Partant de son émergence dans un « moment 1900 » qui la situe dans un contexte de « crise », voire de « déclin », il propose de ne pas en fixer définitivement la notion sous une forme canonique.

Ses analyses s’efforceront au contraire d’en éclairer l’élaboration en remontant vers les matrices de sa naissance : celle, religieuse, de la tolérance, celle, politique, de la liberté et celle, scolaire, de sa première institution.

Retracer l’histoire des formations discursives, des discours et des savoirs constitutifs de l’expérience de l’éducation où elle s’élabore permet d’en éclairer le phénomène, de la faire percevoir différemment. Cette archéologie y révèle en un ensemble de conceptions qui, dans leur devenir, obéissent à des tensions et des problématisations successives. Loin de procéder d’une instauration définitive, la laïcité se formule ainsi au fil de plusieurs révolutions qui se suivent, se superposent et s’enchevêtrent.

Dans la matrice scolaire de la fin du XIXe siècle, de plus, elle s’énonce en différentes versions. Voir dans les révolutions, qui gouvernent l’ordre des discours où elle se formule, le fondement de laïcité permet d’échapper à cette alternative : prétendre en restaurer la forme canonique ou, au contraire, la juger obsolète et dépassée.

La conclusion de l’ouvrage porte à la fois sur la révolution que l’avancée actuelle des libertés individuelles imprime à la laïcité et sur la fécondité dont elle s’avère capable.

Relevant d’une problématisation sans cesse reconfigurée, elle peut et doit connaître des transformations qui la renouvellent sans l’annihiler. » (Quatrième de couverture)

Onfray, M. (2016). Penser l’islam. Paris : Grasset.

Depuis son  » Traité d’athéologie « , nul n’ignore que Michel Onfray n’est pas l’ami des religions – qu’il considère, en homme des Lumières, comme des maladies propices à la haine, au fanatisme, à la négation des corps. Evidemment, l’Islam ne fait pas exception à cette critique radicale – au contraire. Il a donc accepté, dans ce livre, de répondre aux questions d’Asma Kouar, jeune journaliste algérienne – qui ne le ménage pas.

Or, Michel Onfray a lu le Coran. Et il l’a lu de très près. De telle sorte qu’il ne craint pas d’y percevoir – comme dans les autres monothéismes – de fréquentes apologies de la violence et de la guerre. Citant de nombreuses sourates, confrontant les interprétations, il place les musulmans devant la réalité d’un texte qui, à côtés de ces élans sublimes, fait également la part belle à la cruauté, à la haine des femmes, à l’esprit de conquête.

Puisque le retour du religieux, en occident, a pris désormais le visage de l’Islam, c’est à celui-ci, à son texte sacré, et aux conséquences de ce texte sacré – voire à ce que d’aucuns tiendraient pour de  » l’islamophobie  » – qu’il consacre ici sa réflexion. Ce dialogue est suivi par un texte intitulé  » Puissance et décadence  » – et sous-titré :  » essai d’ethologie planétaire « . Dans ce texte, porté par un souffle puissant qui n’est pas sans évoquer celui des grandes philosophies de l’histoire à la Toynbee ou Spengler, Michel Onfray médite sur l’Europe et son destin.

Car, née chrétienne, l’Europe, selon lui, est entrée dans une phase de décadence irrésistible au profit de la seule force vitale et véritablement guerrière : l’islam. Avec une argumentation très semblable à celle de Michel Houellebecq dans Soumission, Michel Onfray analyse froidement le renoncement européen à ses propres valeurs. Et émet l’hypothèse (promise à de nombreuses polémiques) de son agonie au profit de ceux qui, à l’opposé, sont prêts à mourir pour leur foi.

Sibony, D. (2016). Un certain « vivre-ensemble » – Musulmans et juifs dans le monde arabe. Paris : Odile Jacob.

Pendant près de treize siècles, le monde arabe a eu dans son vaste territoire de fortes minorités juives ; cela a donné lieu à un certain « vivre-ensemble ». Il importe de mieux savoir comment il s’est déroulé, pour comprendre comment il a pu se conclure par un départ massif des populations juives. D’autant plus qu’aujourd’hui le « vivre-ensemble » est devenu une ritournelle, non pas dans le monde arabe, où ce n’est pas à l’ordre du jour, mais dans les régions d’Europe à forte présence islamique.

Ce livre apporte les éléments nécessaires afin d’appréhender avec rigueur et profondeur l’un des problèmes majeurs de l’islam, celui de son rapport à l’autre et, plus généralement, le rapport d’une majorité à des éléments singuliers qui interrogent son origine.
Daniel Sibony est psychanalyste et écrivain. Il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages dont Don de soi ou partage de soi?, Lectures bibliques, De l’identité à l’existence et, plus récemment, Le Grand Malentendu. Islam, Israël, Occident. 

Trevidic, M. (2016). Ahlam. Paris : Jean-Claude Lattès.

« Lorsqu’en 2000 Paul, célèbre peintre français, débarque aux Kerkennah en Tunisie, l’archipel est un petit paradis pour qui cherche paix et beauté. L’artiste s’installe dans « la maison de la mer », noue une forte amitié avec la famille de Farhat le pêcheur, et particulièrement avec Issam et Ahlam, ses enfants incroyablement doués pour la musique et la peinture. Peut-être pourront-ils, à eux trois, réaliser le rêve de Paul : une œuvre unique et totale où s’enlaceraient tous les arts.

Mais dix ans passent et le tumulte du monde arrive jusqu’à l’île. Ben Ali est chassé. L’islamisme gagne du terrain. L’affrontement entre la beauté de l’art et le fanatisme religieux peut commencer. » (Quatrième de couverture)

Bastide, J., Bernardot, M.-J., Bertaux, R. & Scharff, P. (2015). Ethique, laïcité, engagement : enjeux de société et formations sociales. Nancy : Presses universitaires de Nancy.

« La célébration du centenaire de son origine fut, pour l’Ecole Pratique de Service Social (EPSS), l’occasion de réfléchir sur le présent de l’action sociale et de la formation des travailleurs sociaux à la lumière de son passé, en revisitant particulièrement les orientations de son fondateur, le pasteur Paul Doumergue.

Le présent ouvrage cherche in fine à redéfinir quelles sont les priorités à mettre en œuvre aujourd’hui dans le travail social et la formation des professionnels du champ social, en étant à la fois fidèle aux xhoix éthiques qui ont prévalu au long de l’histoire de l’EPSS et adapté aux contexte socio-économique et politique de ce début de 21e siècle.

Certes, les défis immédiats des centres de formation en travail social ont à voir avec la redéfinition des professions sociales et de leur formation, avec les adaptations nécessaires dans le contexte européen, avec les restructurations des centres qui se mettent en œuvre dans un environnement de restrictions budgétaires et de compétition accrue.

Ces enjeux sont loin d’être négligeables. Mais plus importants encore sont les enjeux concernant les populations vulnérabilisées par la crise et les mutations économiques et sociales. Et c’est bien au vu des situations difficiles de ces personnes que l’action sociale et la formation des travailleurs sociaux doivent se réfléchir. Outre la question de la formation, le choix a ainsi été fait de revisiter deux des principes valeurs de l’action sociale (responsabilité et laïcité), d’interroger les politiques sociales ainsi que la place du champ associatif et des professions sociales, d’affirmer la priorité qui doit être accordée aux territoires d’habitat social et plus généralement aux quartiers populaires. »  (Quatrième de couverture)

 

Charaudeau, P. (2015). La laïcité dans l’arène médiatique. Cartographie d’une controverse sociale. Paris : INA.

Le débat public est une nécessité de la vie démocratique, mais il est aussi un piège. C’est un lieu où la plupart du temps la parole de dénonciation se substitue à la parole d’analyse, la parole de conviction à la parole de responsabilité, la parole polémique à la parole d’examen critique, bref, un lieu où se mélangent, dans un jeu inextricable, diverses paroles émanant de personnalités politiques, de groupes militants, de représentants d’institutions religieuses, d’associations civiles, d’experts ou spécialistes de diverses disciplines scientifiques, techniques ou de pensée, de chroniqueurs et de citoyens exprimant leurs opinions via les médias.

On le voit particulièrement lorsque surgissent dans l’espace public des événements qui déclenchent discussions et controverses sur des sujets de société tels que le mariage étendu à des couples homosexuels, le droit à l’adoption pour ces couples, la procréation médicalement assistée, les conditions de l’interruption volontaire de grossesse, l’assistance à la fin de vie, l’antisémitisme et le racisme.

La laïcité fait partie de ces sujets brûlants que l’actualité relance périodiquement.

 

Charb (2015). Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes. Paris : Les Echappés.

Non, vraiment, le terme « islamophobie » est mal choisi s’il doit désigner la haine que certains tarés ont des musulmans. Il n’est pas seulement mal choisi, il est dangereux. […] Lutter contre le racisme, c’est lutter contre tous les racismes, 7Iors lutter contre l’islamophobie, c’est lutter contre quoi ? Contre la critique d’une religion, ou contre la détestation des gens qui pratiquent cette religion parce qu’ils sont d’origine étrangère ? Charb, acteur majeur de Charlie Hebdo depuis 1992 et fervent défenseur de l’égalité des droits, témoigne de son inquiétude de voir la lutte antiraciste remplacée par une lutte pour la protection et la promotion d’une religion.

Car le terme « islamophobie » laisse entendre qu’il est plus grave de détester l’islam, c’est-à-dire un courant de pensée parfaitement critiquable, que les musulmans. Or, si critiquer une religion n’est pas un délit, discriminer quelqu’un en raison de son appartenance religieuse l’est, incontestablement. Un opuscule salutaire pour démontrer que le mot « islamophobie » contente à la fois les racistes, les islamistes radicaux, les politiques démagogiques et les journalistes fainéants.

 

Fellous, G. (2015). Daech – « Etat Islamique » Cancer d’un monde arabo-musulman en recomposition – Un conflit international long et incertain. Paris : L’Harmattan.

Qui sont-ils, ces djihadistes qui ont répandu le sang dans le monde, de Paris à Canberra, de Toronto à Niamey ? Dans la galaxie du terrorisme international, l’Etat islamique – Daech, occupe une place à part. Quelles sont les modifications profondes que Daech et les djihadistes imposent aux Etats de la région, dont la majorité a manqué le tournant des « Printemps arabes » ? Une recomposition profonde, après les épisodes historiques de la colonisation, des indépendances et des dictatures. Pour comprendre ce phénomène nouveau qui marquera le début du XXIe. siècle. Pour résister à ses assauts. Pour faire reculer le fanatisme religieux. Pour protéger la démocratie, la liberté, l’égalité, la laïcité, la fraternité et le vivre-ensemble, il nous faut préalablement connaitre le véritable visage de ceux qui tentent de les mettre en terre. C’est l’objet de cette étude géopolitique.

 

Thierry, M. (2015). Valeurs républicaines, laïcité et prévention des dérives radicales dans le champ du travail social. Paris : Ministère des Affaires Sociales et de la Santé. En ligne sur le site web du Ministère des Affaires Sociales et de la Santé, http://social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/_prevention_des_derives_radicales_dans_le_champ_du_travail_social.pdf consulté le 21/09/2016.

« Par lettre de mission du 26 novembre 2015, la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, madame Marisol Touraine, et la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, madame Ségolène Neuville, m’ont chargé d’une mission portant sur les valeurs républicaines, la laïcité et la prévention des dérives radicales dans le champ du travail social.

 

Il s’agit notamment de faire des propositions, centrées sur les formations tout au long de la vie professionnelle, en mesure d’apporter des réponses aux questions suivantes :

– Comment mettre les travailleurs sociaux en situation de mieux transmettre les valeurs républicaines, notamment la laïcité?

– Comment mieux former les professionnels au repérage des processus d’endoctrinement et à la prévention des dérives radicales?

– Comment les préparer à réagir le plus justement et le plus tôt possible à des dérives?

– Comment mieux former tout au long de leur carrière les professionnels aux coopérations nécessaires pour proposer sur les territoires une réponse globale et partenariale afin de prévenir les valeurs de la république et de prévenir les dérives radicales?

Un accent particulier doit être mis sur la prévention des processus d’endoctrinement des jeunes femmes. La lettre de mission insiste également sur le souhait de partir d’expériences ou d’actions de terrain.

 

Pour répondre au mieux à ces attentes, un groupe de travail a été constitué, composé de membres du CSTS (Conseil supérieur du travail social), d’experts, notamment des universitaires désignés par l’UNAFORIS, qui fédère les instituts de formation au travail social, et de représentants d’administrations concernées (composition du groupe de travail en annexe1).

Ce groupe s’est réuni régulièrement entre la mi-décembre et la fin mars; il a procédé à de nombreuses auditions (cf. annexe 2) et ses membres ont produit de riches et nombreuses contributions dont une bonne partie figure en annexes. Pour autant, ce rapport ne doit pas être considéré comme engageant la responsabilité des membres du groupe du travail ou des organisations dont ils émanent, il n’engage que la responsabilité de son auteur, vice-président sortant du CSTS.

Ce rapport, aussi court et synthétique que possible pour un texte portant sur des problématiques socialement très complexes et politiquement délicates, se situe d’emblée comme un rapport d’orientations; il est donc certainement lacunaire en termes d’analyses et de débats, mais il essaie en permanence de coller aux aspirations des acteurs de terrain et aux questionnements des professionnels de l’action sociale et socio-éducative et des formateurs.

Trois parties reprennent les trois axes de la mission, très liés mais à distinguer, en développant des orientations autour des valeurs de la république, de la laïcité, de la prévention des dérives radicales.

Une quatrième partie formalise une vingtaine de propositions. »  (Introduction)

 

Bouzar, D. (2014). Désamorcer l’islam radical : ces dérives sectaires qui défigurent l’islam. Paris : Editions de l’Atelier.

« L’hostilité envers l’islam et les musulmans grandit. Cette attitude n’est plus l’apanage du Front National. Un amalgame dangereux se crée entre les musulmans pratiquants respectant les principes républicains et ceux qui prônent un « islam pur » coupé de la société. Les repères se brouillent. Des jeunes mettent leur islam en avant au point d’adopter des points de vue sectaires et de céder aux sirènes du fondamentalisme.

Comment sortir de cette spirale qui rend difficile la construction du vivre-ensemble et fait le jeu de l’extrême droite?

En s’appuyant sur l’observation de faits du quotidien, Dounia Bouzar donne des repères pour décrypter le discours des musulmans radicaux.

Pourquoi parvient-il à faire autorité? Quelles sont les étapes d’endoctrinement qui amènent des jeunes à se séparer de la société et de leur famille? A partir de quel moment un comportement prenant appui sur la religion ne peut plus se prévaloir de la liberté de conscience?

Cet ouvrage analyse successivement le discours des radicaux, son évolution et ses codes, leur quête obsédante de la pureté du groupe, l’invention du concept de guerre sainte, le mépris du féminin et sa déshumanisation, le niqab. Il donne des pistes pour aborder les questions du quotidien – les repas, la pratique du ramadan, les signes religieux dans l’espace public et privé, les rapports hommes/femmes – en faisant en sorte que les solutions bénéficient à tous, croyants ou pas.

Meurtrie par les confusions incessantes qui génèrent une inquiétante stigmatisation, l’anthropologue Dounia Bouzar prend la parole au nom de la majorité silencieuse des citoyens de confession musulmane. En donnant à chacun les clés pour désamorcer aussi bien le discours antimusulman que celui des radicaux, ce livre montre qu’il est possible de construire la démocratie sans céder aux discriminations, au laxisme ou au communautarisme. »  (Quatrième de couverture)

Bouzar, D. (2014). Ils cherchent le paradis, ils ont trouvé l’enfer. Ivry sur Seine : Editions de l’Atelier.

« Sophie et Philippe sont sous le choc : leur fille Adèle, 15 ans, a disparu. Nathalie et Bernard ont perdu Célia, 16 ans. Marie se bat pour qu’Iris ne parte pas. Samy fait tout pour sauver son frère. Nicole ne veut pas que son fils soit mort pour rien. Meriam veut récupérer son bébé kidnappé par son ex-mari. Un seul point commun à ces vies volées : avoir cru aux vidéos d’Abu Oumma.

Ce livre raconte la descente aux enfers de « parents orphelins » qui s’unissent pour ramener de Syrie leurs enfants endoctrinés par des groupes « jihadistes ».

Comment leurs filles, leurs fils, persuadés de partir « faire de l’humanitaire » en Syrie, ont-ils pu être manipulés à ce point? Comment les aider à aimer la vie et à lutter contre les injustices sans rejeter le monde réel? »  (Quatrième de couverture)

 

Guelamine, F. (2014). Faits religieux et laïcité : le travail social à l’épreuve. Issy-les-Moulineaux : Editions ESF.

« Depuis plusieurs années, la manifestation croissante de pratiques religieuses émanant des usagers et parfois de leurs propres collègues ne cesse de surprendre et d’interroger les travailleurs sociaux. Face aux requêtes alimentaires, au port de signes ostensibles, aux demandes de ceux qui souhaitent exercer librement leur culte et faire valoir leurs croyances, les professionnels sont confrontés à une problématique inattendue dans une société largement sécularisée.

 

Dans ce contexte, comment les intervenants sociaux se positionnent-ils, y compris en fonction de leurs propres convictions, du rapport que chacun entretient avec la question religieuse? En quoi ces situations bousculent-elles les pratiques professionnelles? Comment les équipes de direction intègrent-elles ces nouvelles donnes pour faire respecter le principe de laïcité dans les institutions?

 

Cet ouvrage aborde l’ensemble de ces questions en s’appuyant sur de nombreux témoignages recueillis auprès de travailleurs sociaux et de cadres du champ associatif et des collectivités territoriales (insertion, prévention spécialisée, animation, protection de l’enfance…).

 

A partir de situations authentiques, il propose un cadre de réflexion pour :

– Mieux comprendre les incidences des faits religieux sur les pratiques professionnelles et le fonctionnement des institutions.

– Faire connaître les textes juridiques qui régissent la question de la laïcité et la philosophie qui la fonde.

– Mettre en œuvre le principe de laïcité dans les établissements et services du secteur social et médico-social, tant pour les usagers que pour les professionnels.

 

Cet ouvrage est destiné à l’ensemble des professionnels du travail social, confrontés d’une façon ou d’une autre à la gestion de faits religieux dans l’exercice de leurs fonctions. » (Quatrième de couverture)

 

 

Pena-Ruiz, H. & Bouldouyre, A. (2014). Dictionnaire amoureux de la Laïcité. Paris : Plon.

 

« Les religions sont-elles dangereuses? Non, si elles n’engagent que les croyants. Oui, si elles prétendent à nouveau dicter la loi commune. Les fanatismes religieux d’aujourd’hui sont inquiétants. Face eux, un seul rempart : la laïcité.

Une laïcité contestée par les nostalgiques des privilèges publics des religions. Pourtant elle fournit à des hommes d’origines très diverses un cadre commun universel, délivré des traditions rétrogrades.

Ainsi elle les unit tous en conjuguant le respect des différences et l’émancipation de chacun. Histoire, géographie, philosophie, littérature, théologie, sociologie, droit font de ce livre une véritable encyclopédie de la laïcité.

On s’y promènera « à sauts et à gambades » pour en comprendre le sens et l’enjeu, admirer ses héros, goûter les beaux textes qu’elle a inspirés, mesurer sa dynamique aux divers points du globe. » (Quatrième de couverture)

 

 

Verba, D. & Guelamine, F. (2014). Interventions sociales et faits religieux : les paradoxes des logiques identitaires. Rennes : Editions EHESP.

 

« Conséquence des mutations de la société française et des nouvelles composantes de l’espace public, les travailleurs sociaux sont confrontés, dans l’exercice de leurs fonctions, à des pratiques religieuses émanant aussi bien des usagers que de leurs propres collègues.

Animateurs, éducateurs spécialisés, assistants de service social, éducateurs de jeunes enfants, intervenants sociaux, ou bien encore cadres de collectivités territoriales ou responsables associatifs, confirment tous cette poussée des identités religieuses ou para-religieuses dans l’exercice de leurs missions. Que disent-ils de ce phénomène et quel impact a-t-il sur leurs pratiques professionnelles? Comment font-ils cohabiter leurs propres convictions et celles des usagers? Comment rapprochent-ils la pluralité des expressions religieuses, au principe de la laïcité, avec le socle commun des valeurs républicaines, dont le sécularisme s’accorde parfois difficilement avec les faits religieux?

Telles sont quelques-unes des questions que se posent aujourd’hui les travailleurs sociaux et auxquelles tente de répondre cet ouvrage collectif, né des actes du colloque de Bobigny (22-23 avril 2013) et consacré aux faits religieux dans le travail social. » (Quatrième de couverture)

 

 

Cohn-Bendit, G. (2013). Pour une autre école : repenser l’éducation vite! Paris : Editions Autrement.

 

« Qu’attendons-nous pour abolir un système de notation obsolète? Quand cessera-t-on d’enseigner les sciences comme on transmet le Coran ou la Bible? Pourquoi ne pas recruter les enseignants d’abord sur l’obtention du BAFA? Gabriel Cohn-Bendit, créateur du Lycée expérimental de Saint-Nazaire et pédagogue reconnu, lance un vibrant appel pour un renouveau de l’école. S’adressant à la fois aux profs, aux jeunes qui se destinent à l’enseignement et aux parents, il appelle de ses vœux la constitution d’un mouvement uni de pédagogues afin de remédier à la crise de l’enseignement. »

(Quatrième de couverture)

 

 

Mounir, H. & Perrot, M. (2013). Entre ici et là-bas : le pouvoir des femmes dans les familles maghrébines. Rennes : Presses universitaires de Rennes.

 

« Les révolutions arabes en Egypte, Tunisie, Lybie ont mis sur le devant de la scène politique des millions de femmes (et d’hommes) revendiquant la liberté, l’égalité et la démocratie et fait voler en éclats l’image de femmes par définition soumises que des stéréotypes tenaces entretenaient à leur égard. On peut constater aujourd’hui que les femmes qui ont été aux avant postes de ces révolutions, en sont en partie les grandes perdantes dans les pays où l’islamisme « modéré » ou non est devenu politiquement majoritaire. Par ces mêmes mouvements, les représentations unitaires et homogènes « de la femme du Maghreb » ont été balayées, pour faire place à des conceptions beaucoup plus contrastées où s’affrontent « plusieurs sortes de femmes », avec ou sans voile, laïques ou croyantes, militantes islamistes ou non, instruites ou pas.

L’ouvrage de Hakima Mounir explore dans le détail cette diversité, à partir d’une enquête menée au Maroc, en France et aux Pays-Bas, afin de saisir ce qui, au-delà des apparences qui mettent en scène un pouvoir masculin apparemment sans partage, constitue un pouvoir féminin méconnu, basé sur des stratagèmes et des ruses qui ne sont pas sans lien avec les traditions des « Mille et une nuits ».

Loin des perspectives culturalistes, cette analyse montre comment l’intérieur et l’extérieur de la sphère domestique sont étroitement liés, et le fait de vivre en France ou aux Pays-Bas donne aux femmes qui s’en saisissent la possibilité d’accroître leur pouvoir. L’une des originalités de cette enquête est d’avoir réussi à aborder même les secrets les plus intimes, qui concernent la sexualité, la magie et la sorcellerie, employés comme armes pour « grignoter » du pouvoir. L’intime rejoint ainsi le public, les secrets privés, la sphère politique. On comprend mieux, par les « bénéfices secondaires » que certaines femmes tirent de leur situation domestique, ou à l’inverse la mise en cause de l’autorité du mari et des fils par d’autres femmes, certains des ressorts des révoltes mais aussi des conservatismes qui agitent les pays du Maghreb.

Destiné à un public large intéressé par les questions de l’immigration et du féminisme, cet ouvrage pourra aussi servir très utilement aux professionnels du social, du secteur de la santé, de l’éducation nationale, confrontés à ce qu’on désigne souvent à tort comme des « problèmes de culture », sur lesquels il jette un regard novateur. » (Quatrième de couverture)

 

 

Sibony, D. (2013). Islam, phobie et culpabilité. Paris : Odile Jacob.

 

Le problème entre l’islam et les autres n’est-il pas surtout aggravé par l’interdit d’en parler ? Par la censure dont on le couvre et par la façon étrange dont l’Occident le gère, en l’intégrant à une éthique de la faute, qui est ici analysée comme un symptôme majeur : la culpabilité perverse ? Il s’ensuit, selon Daniel Sibony, une phobie qui a en fait très peu à voir avec l’islam. Lequel, comme tant d’autres formations religieuses et culturelles, a ses problèmes, que les hommes réels tentent de résoudre comme ils peuvent, y compris par des essais de révolution.

Sans doute fallait-il un auteur, dont la langue maternelle est l’arabe, pouvant lire le Coran dans le texte, arrivé en France à 13 ans, connaissant la Bible en hébreu, ayant vécu les problèmes de l’immigration et ayant fait des recherches sur les trois monothéismes et sur le conflit du Proche-Orient pour tenter de formuler de façon neuve et bienveillante ce qui lui semble être le problème majeur entre l’islam et le monde occidental.

 

 

Bobineau, O., Tank-Storper, S. & Singly, F. de (2012). Domaines et approches : sociologie des religions. (2e éd.). Paris : Armand Colin.

 

« Comment comprendre le « retour » du religieux? Religions et modernité ne seraient donc pas incompatibles? Qu’est-ce qui a changé depuis les temps de la sécularisation et de la laïcité triomphante? Faut-il chercher la réponse du côté d’une étonnante faculté d’adaptation des religions ou des angoisses sociales et des désarrois individuels?

Cette 2e édition refondue propose des grilles de lecture et d’interprétation aptes à cibler les interactions du social et du religieux. C’est à ce besoin que la sociologie des religions s’est efforcée de répondre, dans la diversité de ses approches et de ses terrains. Comment s’est-elle développée depuis Durkheim et Weber? Quels sont ses grands représentants actuels, ses débats, ses acquis? Que dit-elle du phénomène religieux dans nos sociétés contemporaines? »

(Quatrième de couverture)

 

 

Ministère de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration (2011). Laïcité et liberté religieuse : recueil de textes et de jurisprudence. Paris : Les éditions des Journaux Officiels.

 

« Laïcité et liberté religieuse sont deux aspects complémentaires de la place du fait religieux dans notre société. Les règles juridiques les plus solennelles -Constitution de 1958, Déclaration de 1789- les proclament. Les juridictions nationales et internationales les concilient.

 

Souvent présentes dans le débat public, laïcité et liberté religieuse y sont parfois énoncées et décrites de façon sommaire ou incomplète. Ce « code » de la laïcité et de la liberté religieuse a pour objet de faire connaître l’ensemble des règles applicables pour favoriser leur application exacte et sereine.

 

Ce recueil de textes et de jurisprudence a été préparé par la direction des libertés publiques et des affaires juridiques (bureau central des cultes) du ministère de l’intérieur.

 

Il regroupe l’ensemble des règles applicables à la neutralité des personnes publiques, à l’organisation des cultes et à l’exercice des activités religieuses. Il rappelle les éléments juridiques d’un équilibre complexe et toujours en évolution, à l’image de la société française.

 

En rassemblant les textes et jurisprudences en un même ouvrage, ce « code » de la laïcité et de la liberté religieuse sera très utile aux acteurs publics et privés, aux spécialistes de la laïcité et aux représentants des religions, aux citoyens aussi, tous soucieux de connaître les principes et règles juridiques qui garantissent leurs droits et libertés et la neutralité religieuse de l’Etat et des collectivités publiques. »  (Quatrième de couverture)

 

 

Journaux Officiels (2011). Laïcité et liberté religieuse. Recueil de textes et de jurisprudence. Paris : Les éditions des Journaux Officiels.

 

Laïcité et liberté religieuse sont deux aspects complémentaires de la place du fait religieux dans notre société. Les règles juridiques les plus solennelles – Constitution de 1958, Déclaration de 1789 – les proclament. Les juridictions nationales et internationales les concilient. Souvent présentes dans le débat public, laïcité et liberté religieuse y sont parfois énoncées et décrites de façon sommaire ou incomplète.
Ce code  » de la laïcité et de la liberté religieuse a pour objet de faire connaître l’ensemble des règles applicables pour favoriser leur application exacte et sereine. Ce recueil de textes et de jurisprudence a été préparé par la direction des libertés publiques et des affaires juridiques (bureau central des cultes) du ministère de l’intérieur. Il regroupe l’ensemble des règles applicables à la neutralité des personnes publiques, à l’organisation des cultes et à l’exercice des activités religieuses.
Il rappelle les éléments juridiques d’un équilibre complexe et toujours en évolution, à l’image de la société française. En rassemblant les textes et jurisprudences en un même ouvrage, ce  » code  » de la laïcité et de la liberté religieuse sera très utile aux acteurs publics et privés, aux spécialistes de la laïcité et aux représentants des religions, aux citoyens aussi, tous soucieux de connaître les principes et règles juridiques qui garantissent leurs droits et libertés et la neutralité religieuse de l’Etat et des collectivités publiques.

 

 

Azria, R. & Hervieu-Leger, D. (2010). Dictionnaire des faits religieux. Paris : Presses universitaires de France.

 

« Ce dictionnaire propose la première approche collective libre de toute emprise confessionnelle sur les faits religieux. Son objet, prétendu « indéfinissable », s’y trouve traité au cœur même de sa complexité à travers la pluridisciplinarité de ses contributeurs dialoguant par dessus les frontières disciplinaires et culturelles : sociologues, anthropologues, historiens, philosophes, politologues conversent autant sur l’enracinement ou l’exportation des religions que sur des sujets que tout un chacun se pose (secte, intégrisme…), afin d’aider le lecteur à se configurer sa définition des faits religieux.

 

Au questionnement sur les fondements de toute autorité religieuse et de ses institutions, ce dictionnaire montre que le lexique religieux du vocabulaire courant véhicule des préconceptions et des représentations implicites que le travail critique des sciences sociales se donne précisément pour tâche de décrypter.

Faire état des débats en cours ou passés en montrant en quoi le passage par les sciences sociales peut aider à la compréhension du monde dans lequel nous vivons et comment le détour donne sens, profondeur et intelligibilité aux faits du présent, tracer des pistes nouvelles, éventuellement proposer des éléments de prospective : tels sont quelques-uns des nombreux objectifs visés par ce « Dictionnaire des faits religieux » dont les index offrent un fil d’Ariane dans le dédale d’une matière à définition multiple et croisée.

Tout chercheur-lecteur trouvera ainsi les éléments de sa compréhension et sa définition du « fait religieux »… toujours pluriel. » (Quatrième de couverture)

 

 

Bauberot, J. (2007). Histoire de la laïcité en France. (4e éd. mise à jour). Paris : Presses universitaires de France.

 

La France est constitutionnellement une République laïque. Si la laïcité nous est familière, son histoire est assez peu connue. Confrontée aujourd’hui à la mondialisation, à la montée du communautarisme, la notion de laïcité est au cœur des grands débats actuels, et cet ouvrage souhaite aider à une meilleure compréhension et une meilleure approche de la laïcité.

 

 

Bobineau, O., Tank-Storper, S. & Singly, F. de (2007). Sociologie des religions. Paris : Armand Colin.

 

Comment comprendre le « retour » du religieux? Qu’est-ce qui a donc changé depuis les temps de la sécularisation et de la laïcité triomphante ? Faut-il chercher la réponse du côté d’une étonnante faculté d’adaptation des religions, ou des angoisses sociales et des désarrois individuels?

Cet ouvrage montre de nouvelles formes de religiosité, réévaluant l’hypothèse de la perte du religieux. Il présente les travaux réalisés dans les années 1960 à travers les théories sur la sécularisation et la laïcisation.

 

 

Bouzar, D. (2006). Quelle éducation face au radicalisme religieux? Paris : Dunod.

 

De plus en plus de jeunes mettent en avant leur appartenance à l’Islam dans leur construction identitaire et dans leur comportement. Ce phénomène va de pair avec une perte de crédibilité des travailleurs sociaux, et la montée en puissance d’islamisme radical. Fruit d’un travail de terrain et d’une mission voulue par le ministère de la Justice (PJJ), le FASILD (Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations) et en partenariat avec le ministère de l’Intérieur, ce livre offre une approche contextualisée et illustrée de situations analysées pour les travailleurs sociaux.

 

 

Touraine, A. (2005). Un nouveau paradigme : pour comprendre le monde d’aujourd’hui. Paris : Librairie Arthème Fayard.

 

Après le paradigme politique qui, jusqu’au XIXe siècle a permis à l’Occident de décrire et de penser la réalité sociale en terme politique, le paradigme économique et social qui est apparu comme le socle de l’organisation sociale, montre que le modèle du paysage social actuel est culturel, organisé autour des questions relatives aux droits des minorités, aux sexualités et aux religions.

 

 

Haarscher, G. (2004). La laïcité. (3e éd. mise à jour).Paris : Presses universitaires de France.

 

La laïcité est un concept politique : l’Etat laïque ne privilégie aucune confession, et assure la liberté de conscience et d’expression à chacun. Mais au-delà, la laïcité peut être « séparatrice » et renvoyer les religions dans la stricte sphère privée. Comment, alors que la plupart de nos pays sont multiculturels, concilier le « droit à la différence » et la laïcité telle qu’elle s’est construite en France à partir de la loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905?

En observant les expériences françaises et européennes, cet ouvrage décortique les sens de la laïcité, montre comment elle est mise en place selon des modalités différentes suivant les pays, et, par l’analyse des débats qu’elle suscite aujourd’hui, interroge les perspectives de l’idéal laïque contemporain.

 

 

Stasi, B. (2004). Rapport de la Commission de réflexion sur l’application du principe de laïcité dans la République remis au Président de la République le 11 décembre 2003. Paris : La Documentation française.

 

Ce rapport rend compte des travaux de la Commission présidée par Bernard Stasi et installée par le Président de la République le 3 juillet 2003. Abordant la laïcité comme principe universel et valeur républicaine puis comme principe juridique, la Commission propose ensuite un « diagnostic » et une série de propositions visant à « affirmer une laïcité ferme qui rassemble ».

Venel, N. (2004). Musulmans et citoyens. Paris : Presses universitaires de France.

 

Dans un contexte de remise en cause du bien-fondé des frontières classiques d' »une citoyenneté à la française », la question des allégeances des français de confession musulmane interroge tout autant qu’elle fascine.

Réalisée auprès de jeunes Français d’origine maghrébine « musulmans sociologiques », cette étude apporte un éclairage nouveau sur le concept de citoyenneté.

S’appuyant sur les témoignages et l’expérience de jeunes disposant de modalités plurielles d’identification (appartenance ethnique, nationale ou locale, appartenance islamique, condition d’enfant d’immigrés, mémoire post-coloniale, appartenance de classe ou générationnelle….), cet ouvrage contribue à affranchir la catégorie des jeunes Français d’origine maghrébine de son illusoire homogénéité. Il met l’accent sur la diversité de ces acteurs et montre comment des caractéristiques sociales en apparence semblables peuvent conduire à l’adoption d’univers politico-religieux différents.

 

 

Pena-Ruiz, H. (2003). Qu’est-ce que la laïcité ? Paris : Gallimard.

 

Certains hommes croient en un dieu ; d’autres en plusieurs ; d’autres encore sont athées ou agnostiques. Tous ont à vivre ensemble. Cette vie commune, selon la première Déclaration des droits de l’homme, doit assurer à chacun et la liberté de conscience, qui exclut toute contrainte religieuse ou idéologique, et l’égalité de droit, incompatible avec la valorisation privilégiée d’une croyance. La puissance publique promeut le bien commun. Elle devra donc être neutre sur le plan confessionnel et développer, par l’instruction, l’exercice autonome du jugement. Afin que tous apprennent à vivre leurs convictions sans fanatisme ni intolérance. Ainsi comprise, la laïcité n’est pas de l’ordre d’une option spirituelle particulière, mais constitue une condition de possibilité fondamentale de la vie publique. On ne saurait en conséquence la renégocier sans cesse, notamment au gré des fluctuations du paysage religieux et des rapports de forces qui les sous-tendent.

 

 

Dewitte, P. (1999). Immigration et intégration : l’état des savoirs. Paris : La Découverte.

 

Cet ouvrage se veut inventaire des connaissances concernant l’immigration. Sous la direction de Philippe Dewitte, les différentes contributions sont regroupées autour des axes suivants :

– Des définitions, principalement autour de l’intégration.

– Des immigrations, avec études de  certaines populations : les Antillais de l’Hexagone, les Portugais, les Africains, les Algériens de la migration à l’installation, les Marocains, les Viêtnamiens, des Chinois, la difficile intégration des immigrés de Turquie, les Européens de l’ Est depuis la chute du mur.

– Des intégrations, en étudiant plus attentivement l’intégration des Italiens hier : quels enseignements pour aujourd’hui? Les travailleurs immigrés en France, des trente glorieuses à la crise. Trajectoires résidentielles, du bidonville au logement social. Les trajectoires familiales : transformations des rôles et des statuts. Les mariages mixtes, un indice anthropologique de l’assimilation? La scolarisation des enfants de migrants, fausses questions et vrais problèmes. De l’Islam en France à l’Islam de France. Les jeunes issus de l’immigration entre intégration culturelle et exclusion sociale. Cultures de France, artistes de toutes origines. La culture de l’entre-deux et l’adaptation psychique des migrants… de l’altérité à la différence : l’identité, facteur d’intégration ou de repli?

– Les représentations. Les articles ici présentés abordent les « Nords-Africains » en France : le poids des représentations historiques, des tirailleurs aux sans-papiers : les Africains dans le regard des Français, la peur des banlieues, ghetto, mythes et réalités, racisme institutionnel, racisme culturel et discriminations, la politique d’immigration française depuis 1945, le droit des étrangers, entre égalité et discriminations, les politiques de naturalisation depuis 1945, l’intégration à la française : une philosophie, des lois, la politique d’asile, l’emploi des étrangers sans titre, travail illégal, régularisations : des débats en trompe-l’oeil, l’union européenne, Schengen et la liberté de circulation.

– Des débats et perspectives autour des points suivants : la laïcité française à l’épreuve de la diversité, le lien au pays d’origine, est-il possible et souhaitable de contrôler les flux migratoires?, « la discrimination positive », la question antiraciste : droit, morale et politique, le multiculturalisme : solution ou formulation d’un problème.

 

 

Muller, P. (1999). Vive l’école républicaine! Textes et discours fondateurs. Paris : Editions Librio.

 

Depuis 1882, l’instruction publique en France est à la fois gratuite, obligatoire et laïque. Mais l’Instruction est un pouvoir. Sa démocratisation, indispensable alors pour éduquer les ouvriers que réclamait l’industrie naissante, suscitera de violentes polémiques.

Les rapports et les discours réunis dans cet ouvrage résument près d’un siècle d’efforts destinés à inventer l’Ecole républicaine. Et tracent l’esquisse d’un projet de société dont l’essentiel reste sans doute à bâtir.

Ferreol, G. (1998). Intégration, lien social et citoyenneté. Villeneuve D’Ascq : Presses universitaires du Septentrion.

 

La crise de la laïcité, les difficultés socio-économiques et l’essoufflement des modes de régulation traditionnels rendent, de nos jours, de plus en plus difficiles les arbitrages entre «lumières universalistes», «engagements communautaires» et «libertés individuelles». La montée des phénomènes de violence ou de ségrégation doit être, dès lors, replacée dans un cadre plus vaste où se combinent remise en cause de l’État-providence, dysfonctionnements du marché du travail et déclin de la société industrielle, l’affirmation nationaliste de type «réactif» et le retour aux «racines» témoignant d’une «poussée identitaire» de plus en plus vive, susceptible de déboucher sur des conflits interculturels ou interethniques. Face à cette «nouvelle donne», plusieurs débats méritent attention. Comment, par exemple, renforcer le lien social ? Doit-on raisonner en termes d’«assimilation», d’«accommodation» ou d’«insertion» ? Que penser, par ailleurs, du «multiculturalisme», de l’«ethnicité» ou des politiques de «discrimination positive» ? Dans quelle mesure, enfin, les références à la «citoyenneté», à l’«intégration» ou au «républicanisme» peuvent-elles s’avérer adéquates ? Placé sous la direction de Gilles FERRÉOL, cet ouvrage – fruit d’une collaboration entre enseignants et chercheurs appartenant à diverses institutions – s’efforce d’approfondir, par des études de cas et un examen critique des camps en présence, quelques-unes de ces problématiques.

 

 

Wieviorka, M. (1997). Une société fragmentée? Le multiculturalisme en débat. Paris : La Découverte.

 

La question de vivre ensemble avec nos particularismes suscite des réponses passionnées. Une conception domine toutefois, reposant sur la défense inconditionnelle du « modèle républicain d’intégration ». Mais, pouvons-nous nous satisfaire une fois pour toute de cette conception républicaine aux vertus devenant atemporelles?

L’exigence d’une réflexion s’impose si on examine les difficultés du modèle français d’intégration à prendre en charge l’ensemble des populations qui vivent dans notre pays.

Cet ouvrage collectif  critique les positions de ceux qui ont choisi de s’enfermer dans un universalisme abstrait où la république est réduite à un concept pur et dur. Il ne constitue en aucune façon un plaidoyer pour le multiculturalisme mais se veut « effort pour ouvrir un débat constructif.. en partant de la diversité du réel ». Les différentes parties abordent :

1) Le pluralisme culturel et la démocratie. Un premier texte rédigé par Michel Wieviorka place p 33 « la culture au cœur de l’analyse sociologique du changement et du fonctionnement social ». Danilo Martuccelli étudie les contradictions politiques du multiculturalisme.

2) « les impasses de l’universalisme abstrait »  va traiter ici de cas bien précis: la laïcité dans les mutations de l’école par François Dubet… l’universel abstrait trop rigide en lien avec la construction de l’islamisme comme forme d’altérité par Farad Khosrokhavar… la république et les femmes par Françoise Gaspard.

3) Un troisième point intitulé « la guerre des cultures » propose « quelques réflexions sur le  nouveau désordre belliqueux » ou les guerres communautaires par Yvon Le Bot, tandis que Sylvaine Trinh s’intéresse à l’Asiatisme.

4) La quatrième partie « L’étranger » rassemble les interventions de Simonetta Tabboni sur « le multiculturalisme et l’ambivalence de l’étranger ».. de Didier Lapeyronnie sur « les deux figures de l’immigré ».. de Michel Wieviorka sur le Juif.

5) Le dernier point traite des « conditions de la communication interculturelle ». C’est ici Alain Touraine qui défend l’idée que l’identité et l’altérité sont inséparables et doivent être défendues ensemble et souligne p 295 qu’ »le multiculturalisme n’est pas l’éclatement de la société en communautés enfermées en elles-mêmes et qui ne seraient reliées entre elles que par le marché ou encore par la ségrégation et la guerre sainte, guerre des classes, des nations, des religions ou des sexes; il n’a de sens que s’il est défini comme la combinaison d’une unité sociale et d’une pluralité culturelle sur un territoire donné, ce qui suppose que soient reconnus aussi des éléments d’unité entre les cultures et inversement, que soit abandonnée la prétention d’une culture à s’identifier à la modernité et à l’universalisme ».

 

 

Altschull, E. (1995). Le voile contre l’école. Paris : Seuil.

 

Que veulent les jeunes filles voilées ? Qui sont-elles ? Que ressentent les autres élèves ? Que confient les professeurs en butte à des difficultés quotidiennes ? Quel rôle jouent les parents ou l’entourage ?

Ayant elle-même vécu un conflit avec une collégienne voilée, E. Altschull, professeur d’histoire-géographie, est allée à la rencontre de ses collègues et des élèves dans les collèges et lycées à « foulards ». Le malaise croît chez les enseignants. Le refus des enseignements (sciences naturelles, musique, philosophie, éducation physique…) et la radicalisation grandissante des garçons sous influence islamique sont le corollaire souvent ignoré du port du foulard.

Selon les lieux, des imams ou des associations islamiques de soutien scolaire conduisent l’offensive. Face à la volonté minoritaire d’imposer à l’école un islam rigoriste, des jeunes musulmanes, victimes de mariages arrangés ou fougueuses en détresse, témoignent du caractère oppressif et inégalitaire du voile.

S’appuyant sur d’abondants témoignages, l’auteur se prononce en un vigoureux et vibrant plaidoyer pour l’école universaliste et intégratrice.

Gaspard, F. & Khosrokhavar, F. (1995). Le foulard et la république. Paris : La Découverte.

 

L’ouvrage résulte d’une enquête sur les relations entre garçons et filles dans quelques quartiers chauds, menée par deux sociologues de sexes différents, issus de traditions différentes, ayant des perceptions différentes mais réunis par l’étude d’un même phénomène : le port du foulard de quelques musulmanes et ce dès 1993.

– L’affaire est née en 1989 et, est vite devenue celle de la nation française républicaine. Du foulard, on est passé au voile puis au tchador, qui serait le signe d’un refus d’intégration dans la société française.

– Mais quel est le sens du voile? Trois cas de figures : celui des femmes traditionnelles, celui des jeunes adolescentes confrontées à deux cultures, celui des jeunes femmes de 16 à 25 ans acculturées par l’école française et qui le revendiquent. Le voile, (p 621) « introduit une disparité en se référant à des normes qui se traduisent sur le corps par des restrictions dans le mouvement ou dans l’ouverture au monde extérieur ».

La virulence de la réaction envers le voile révèle le malaise de la société.

– La présence d’un travail d’enquête de 1993 à 1994 montre bien la diversité de ces divers sens.

– Cette affaire du foulard a mis à jour la crise des institutions, celle de l’école en particulier, et montre que le travail de laïcisation de la société est loin d’être achevé.

– C’est justement au nom de la laïcité que les partisans de la fermeté à l’égard des foulards ont réclamé son interdiction en se référant à l’idée suivante : à l’école, on est d’abord un citoyen français.

– Le voilement de ces femmes renvoie à une histoire qui a à voir avec une certaine soumission, même si le port du foulard était vécu comme une affirmation de soi.

 

Conclusion : le voile est loin d’être univoque et traduit sur un mode paradoxal une aspiration pour ces jeunes filles d’être à la fois françaises et musulmanes. Attention : interdire le voile à l’école c’est amener l’institution scolaire à opposer république et démocratie au lieu de rechercher leur conciliation.

 

 

Bouamama, S. (1990). Vers une nouvelle citoyenneté : crise de la pensée laïque. Lille : Editions La Boîte de pandore.

 

Les sociétés occidentales traversent une série de crises : crise économique, crise politique et sociale, crise culturelle.

L’échec du socialisme réel et son corollaire l’effondrement des utopies marxistes, la montée des « intégrismes » religieux nous contraignent à repenser nos systèmes de valeurs.

La laïcité, qui pendant un temps avait constitué la référence obligée de la société française, semble ne plus répondre aux problèmes que posent la montée du chômage, le désarroi de la jeunesse, le retour du religieux, le développement de l’extrême droite.

Il devient de plus en plus nécessaire de s’interroger, d’essayer de faire émerger « une nouvelle citoyenneté ». C’est au prix d’un questionnement, d’une remise en question, d’une redéfinition de ses valeurs que la société française pourra sortir de la crise.

Ce texte est à la fois une analyse de la crise, une prise de position, une tentative de reconceptualisation qui devrait nous conduire « vers une nouvelle citoyenneté » et nous permettre ainsi d’échapper à une société mutilée et mutilante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Revues

Choury, J.-P. & Grimaud, D. (2016). La laïcité dans les établissements de santé. Actualité et dossier en sante publique, 95, 5-10

 

« Les établissements de santé accueillent des personnes d’origine, de culture et de religion différentes. La laïcité constitue une problématique récurrente et l’hôpital peut être un pilote du « Vivre ensemble » dans le respect des différences. »

(Présentation de l’éditeur)

 

 

Levray, N. (2016). Le cahier des bonnes pratiques : République laïque. Le JAS : le journal des acteurs sociaux, 208, 23-30

 

« L’Observatoire de la laïcité publie son rapport 2015/2016. Son président rappelle qu' »il ne suffit pas de convoquer le principe de laïcité et de dénoncer les discriminations ou la ghettoïsation » pour lutter contre le repli communautaire. S’il demande notamment des « politiques plus vigoureuses », le soutien aux associations d’insertion et l’égalité réelle dans un Etat de droit, il se réjouit de la prise de conscience sur la question.

Dans le travail qu’il revient à chacun de faire pour assurer « l’application ferme et sereine des principes qui fondent la laïcité », l’observatoire appelle à un traitement médiatique objectif et circonspect. Dans ce numéro, Le Jas, par l’intermédiaire de son Cahier des bonnes pratiques, prend part à cette pédagogie active.

 

En écho direct aux recommandations de l’observatoire : une rencontre entre salariés d’un groupe international, réfugiés syriens, irakiens, pakistanais, etc. et plus de trois mille ans de culture; la réflexion interne d’une fondation attachée aux valeurs évangéliques; le rappel des fondamentaux du vivre ensemble par un collectif associatif; la recherche-action déployée avec des professionnels de la prévention socio-éducative. Plus indirectement, la participation à la vie sociale des jeunes de la protection de l’enfance ou des personnes atteintes de troubles d’Alzheimer.

 

C’est donc bien de formation, de réflexion, de diffusion, de mixité sociale, de dialogue et de rencontres qu’il est question dans les pages qui suivent. Pour que chacun prenne place au sein de la République laïque. »

(Présentation de l’éditeur)

 

 

Raynal, F. (2016). Fait religieux : comprendre la laïcité pour mieux intervenir. Actualités Sociales Hebdomadaire, 2955, 26-29

 

Alors qu’elle vise à faciliter le vivre ensemble, la laïcité, qui offre à tous la même liberté de conscience et d’expression, est aujourd’hui malmenée. Mal comprise, parfois instrumentalisée, elle nécessite, à l’heure où se développent la visibilité du fait religieux et des phénomènes de radicalisation, de la pédagogie afin d’éviter tensions, exclusions ou violences. Un défi qui interpelle les acteurs sociaux appelés à la faire vivre.

 

 

Tremintin, J. (2016). La laïcité : un outil au service des animateurs. Le journal de l’animation, 166, 82

 

La notion de laïcité est aujourd’hui galvaudée. Elle a été instrumentalisée, très récemment, par l’extrême droite qui en a fait son cheval de bataille dans sa croisade islamophobe.

A l’origine, c’est un terme religieux, l’église catholique l’utilisant pour désigner ceux de ses fidèles qui ne sont pas prêtres. Comment s’y retrouver et, surtout, comment rendre opérationnel ce concept afin qu’il devienne un outil du quotidien dans nos centres?

Ce dossier a pour ambition non d’adopter la bonne parole, ni la seule interprétation en rajoutant de la confusion à la confusion, mais de partir de la complexité, pour arriver à une série de propositions simples qui permettent l’ouverture universelle sur la différence et la tolérance, plutôt que l’enfermement dans la stigmatisation et la discrimination.

 

 

 

Varini, E., Dellangnol, C. & Cormier, H. (2016). Manager dans le social. Actualités Sociales Hebdomadaire, 2960, 29-39

 

Cinquième partie du dossier de la revue consacré au management. Plusieurs parties la composent :

 

– La question du fait religieux : questions de principe.

Le fait religieux bouscule les pratiques du travail social. Tout manager peut un jour se voir confronté à une situation de « crispation » suscitant au sein de ses équipes des points de vue divergents. La difficulté à définir le principe de laïcité et à fixer la limite entre espaces publics et privé a mené une poignée d’entre eux à s’emparer de cette problématique.

 

– Projet d’établissement : du descriptif au prospectif.

Depuis leur généralisation par la loi 2002-2, les projets d’établissement ou de service ont largement évolué : après une première vague plutôt descriptive, les actualisations successives débouchent sur des documents plus prospectifs, dans une perspective stratégique. Avec, toujours, un enjeu managérial fort.

 

– Entretenir de bonnes relations avec les IRP.

Des rapports tendus avec les IRP (instances représentatives du personnel) peuvent avoir un impact aussi bien sur l’organisation du travail que sur l’équilibre financier d’une structure. L’employeur a tout à gagner à agir en amont et à intégrer le dialogue social dans son management quotidien.

 

– Chasser les mauvaises odeurs.

Problèmes d’hygiène ou d’incontinence, atmosphères confinées… Des effluves désagréables parfois présents au sein des ESMS peuvent déranger le personnel, les résidents tout comme les visiteurs.

 

– Portrait d’Alain Morel, directeur général d’Oppelia.

 

 

Bauderot, J. & Kintzler, C. (2015). Quelle conception de la laïcité en 2015 ? Cahiers français, 387, 73-82

 

Depuis les années 1990, la laïcité, instaurée en France par la loi du 9 décembre 1905, est redevenue de débat.

 

 

Bourgeois, S., Cadene, N., Janura, C. & Guelamine, F. (2015). Laïcité et fait religieux un défi pour les associations. FORUM. Le magazine de la CNAPE, 69, 29

 

Après les évènements du mois de janvier 2015, la CNAPE a consacré sa journée d’étude des associations et des mouvements adhérents du 9 avril 2015 au travail social face aux questions de la laïcité et de libertés individuelles.

Si les questions de laïcité et de gestion du fait religieux traversent la société tout entière, elles sont particulièrement prégnantes dans le champ éducatif et dans les structures associatives qui y sont confrontées encore plus fortement aujourd’hui.

Le présent dossier a donc pour visée de rendre compte des temps forts des interventions de cette journée, et des implications diverses de cette actualité institutionnelle pour les associations.

 

 

Courault, S. (2015). « La laïcité renvoie au vivre ensemble ». Directions, 132, 14-16

 

Comment réagir aux demandes des usagers en matière de pratique religieuse et concilier son activité professionnelle avec ses propres croyances? Autant de questions qui interpellent les équipes du secteur social et médico-social avec une acuité particulière. Pour y répondre, la sociologue et formatrice Faïza Guélamine recommande d’aborder ce sujet sans tabou.

 

 

Debout, C. & Grassin, M.(2015). Laïcité, religions et pratiques soignantes. Soins, 799, 60

 

La laïcité occupe une place centrale dans les débats contemporains.

Il s’agit de rappeler comment ce concept a été introduit en France, de quelle manière il a guidé le processus de sécularisation des institutions et dans quels registres il est aujourd’hui questionné.

Le principe de laïcité, proclamé à l’article 1er de la Constitution de 1958, garantit une liberté de culte aux patients et impose la neutralité aux établissements et agents du service public.

Les revendications confessionnelles de certains usagers imposent aux soignants d’interroger le droit français sur ces questions afin d’agir au mieux en situation de soins.

Depuis 2007, l’Observatoire de la laïcité assiste le Gouvernement dans son action visant au respect du principe de laïcité en France.

La mise en œuvre de ses missions lui permet de mesurer de quelle manière le concept de laïcité est compris et mis en application actuellement.

L’appréhension du fait religieux et de la dimension religieuse dans nos sociétés n’est pas facilitée par un discours qui manque souvent de rigueur pour envisager cette réalité.

Quelques notions de base méritent d’être clarifiées pour mieux définir le religieux et le spirituel.

L’influence de la pratique religieuse sur le processus d’adaptation des malades a été mise en évidence dans de nombreuses études.

Il est important que le raisonnement clinique mis en œuvre par les soignants intègre cet aspect dans le cadre fixé par le principe de laïcité tel qu’il est abordé en France.

La société française reste marquée par la tradition chrétienne et de nombreux patients y sont attachés.

Il est donc important de repréciser le cadre de référence proposé par la religion chrétienne pour aborder les notions de santé, de maladie et de soins dans ce contexte.

La personne humaine, avec ses forces et ses fragilités, est au cœur de la réflexion chrétienne.

La religion musulmane compte un nombre croissant de fidèles en France.

Tout soignant doit être familiarisé avec les principes essentiels auxquels se réfèrent les patients musulmans en matière de santé et de soins.

Pour le musulman, le respect des fondamentaux de l’islam est primordial et les valeurs de fraternité, de tolérance, d’équité et de vérité sont essentielles.

Le bouddhisme présente une anthropologie singulière sans dolorisme ni sacrifice, de laquelle se déploie une éthique du soin.

La voie bouddhique conduit à débarrasser l’esprit des illusions qui l’égarent et considère le corps comme un précieux support matériel de l’esprit.

La douleur et la maladie seront traitées non sans accorder grande attention à la souffrance de la personne, consciente ou pas.

Le judaïsme est fondé sur la foi en un Dieu unique qui donne la vie.

Un certain nombre de lois et de règles doivent être respecté par le croyant pour se rapprocher de Dieu.

Les professionnels de santé sont parfois démunis quant à leur application et ont besoin d’être accompagnés dans leur mise en œuvre afin de respecter au mieux le souhait des patients juifs.

Les équipes soignantes sont parfois sollicitées par les patients et leur entourage pour des demandes concernant le respect de leurs souhaits ou la réalisation de rites, qu’ils soient religieux ou issus de leurs propres croyances.

Si les soignants ont la conviction qu’il leur revient de répondre à ces attentes, celles-ci s’opposent parfois aux exigences de neutralité et de laïcité des lieux de soins.

Néanmoins, chacune d’entre elles peut servir à l’évolution de la réflexion générale d’une équipe ou d’une structure.

 

 

Delhon, L. (2015). Prévention de la radicalisation : quelle place pour le travail social? Lien social, 1168, 46

 

Le travail social comme outil de prévention a été absent des annonces qui ont suivi les attentats de janvier. Et le manque de formation des éducateurs spécialisés en matière de radicalisation s’est fait criant, à mesure que ce phénomène a pris de l’ampleur. Malgré tout, sur le terrain, les travailleurs sociaux se sont emparés de cette problématique et ont commencé à y répondre. Entre écoute d’une parole libérée -sans tabou aucun- et maintien des liens sociaux, leur rôle est plus que jamais essentiel pour renverser une tendance qui n’a rien de fatidique.

 

 

Durant, P. (2015). Laïcité à domicile : une question non résolue. Le journal du domicile, 72, 22

 

La mise en oeuvre du principe de laïcité dans les services ne va pas forcément de soi et suscite de plus en plus d’interrogations dans le secteur du domicile, à la suite d’une affaire et d’une proposition de loi ayant récemment défrayé la chronique.

Tandis que les principales fédérations du secteur envisagent timidement des positions communes sur ce sujet brulant, les acteurs de terrain doivent affronter des postures de plus en plus radicales en manquant de repères.

 

Grelle, C. & Terrini, A. (2015). Ehpad et laïcité : comment concilier liberté, égalité et fraternité en établissement? EHPAD magazine, 35, 28

 

La laïcité – ou neutralité absolue de l’Etat et de ses institutions en matière religieuse- est un principe fondamental de la République inscrit dans l’article 1 de la Constitution. Son application en EHPAD, lequel comporte des lieux collectifs et privatifs mais aussi et avant tout un lieu de vie et de fin de vie, peut toutefois poser des difficultés.

Des problématiques sont susceptibles de se poser concernant les résidents en matière de respect des prescriptions alimentaires, de pratiques du culte et de prise en compte des rites mortuaires. Des interrogations peuvent également survenir vis-à-vis des membres des personnels et de leurs propres croyances et pratiques religieuses, lesquelles doivent être conciliées avec l’organisation de l’établissement au sein duquel ils exercent. Comment respecter la liberté de conscience de chacun tout en assurant le bon fonctionnement de l’EHPAD?

Voici quelques pistes de réflexion.

 

 

Journet, N. (2015). La liberté : jusqu’où sommes-nous libres? Sciences humaines, 275, 70

 

« Une preuve de la liberté tuerait la liberté », écrivait laconiquement le philosophe Alain. Sans doute voulait-il dire que prouver l’existence de la liberté la rendrait inévitable, et par là même la rendrait contraignante. Mais si la liberté ne se prouve pas, elle s’éprouve, en particulier lorsque nous en ressentons les limites, dont il existe au moins deux sortes : les unes intérieures, les autres extérieures.

Ainsi, les nouvelles sciences de l’esprit mettent en doute notre libre arbitre. Mais il nous est impossible de renoncer à cette idée. Ainsi, l’univers du droit vient sans cesse nous rappeler que notre liberté finit là où commence celle d’autrui.

Pourtant, c’est aussi lui qui nous offre la possibilité même d’en jouir. Les libertés de penser, de s’exprimer, de disposer de son corps et de ses biens, d’aller et venir sont des droits fondamentaux affirmés par les sociétés démocratiques. Mais leurs limites concrètes sont à chaque fois le résultat d’un compromis qui ne fait pas le bonheur de tous.

 

 

Le Bris, M., Guelamine, F. & Verba, D. (2015). Les travailleurs sociaux, « fantassins » de la prévention de la radicalisation. Actualités Sociales Hebdomadaire, 2893, 8-10

 

Avant les dramatiques évènements qui viennent de toucher la France, le travail social avait commencé à s’emparer de la question des dérives liées à l’Islam radical. Certains réseaux associatifs ont déjà pris les initiatives, notamment en matière de formation, et sont prêts à les renforcer.

 

 

Levray, N. (2015). Laïcité l’action sociale cherche les clés du vivre ensemble. La gazette sante social, 123, 50

 

Un consensus mou de la part des travailleurs sociaux, des sociologues et des politiques a pu faire croire que la laïcité était un acquis.  Différentes affaires, de la crèche Baby-Loup aux attentats de janvier 2015, ont montré qu’il n’en était rien. Face aux tensions provoquées par des revendications identitaires qui utilisent le canal religieux, les acteurs sociaux, peu formés, sont en quête de repères. Le projet de loi relatif à la déontologie des fonctionnaires veut les affirmer en inscrivant le principe de laïcité dans leur statut. De fait, l’action sociale a un rôle à jouer pour dépassionner le débat et donner les clés du vivre ensemble.

 

 

Lorcerie, F., Dhume, F. & Kirszbaum, T. (2015). L’école et les valeurs. Charlie et après. Diversité. Revue d’actualité et de réflexion pour l’action éducative, 182, 175

 

Suite aux attentats de janvier 2015, l’école, plus que les autres institutions, a été placée au cœur d’un dispositif mettant en avant le rassemblement autour des valeurs de la République, avec l’ambition de provoquer, dans l’école et à travers elle – au-delà, dans toute la société, donc – un changement systémique.

S’est ainsi engagé un chantier dont la tâche est immense – quel sens commun donner aux valeurs de la République, et à la laïcité tout particulièrement? -, et dont la réflexion engage les relations que l’école peut entretenir avec les territoires.

Ce numéro de Diversité propose, un an après les attentats, de poser les premiers jalons pour mieux comprendre et analyser les effets, attendus et réels, de cette année de mobilisation.

Meyran, R. (2015). Laïcité, le conflit des modèles. Sciences humaines, 270, 24-31

 

La laïcité à la française n’est pas un dogme monolithique, mais le fruit de perpétuelles confrontations et négociations. Faut-il aujourd’hui la renforcer ou l’assouplir? Cette question se heurte à la persistance de modèles contradictoires.

 

 

Pascal-Moussellard, O. (2015). Ensemble contre la barbarie. Télérama, 3392, 18-25

 

 

Verba, D. (2015). Travail social, faits religieux et radicalisations. Actualités Sociales Hebdomadaire, 2935, 38-40

 

Après les attentats du 13 novembre  2015, Daniel Verba, enseignant à Paris 13 et chercheur à l’IRIS (Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux contemporains), considère que les travailleurs sociaux n’ont pas à devenir les auxiliaires des politiques de répression de la radicalisation, ce qui irait à l’encontre de leur mission de protection des personnes accompagnées. La dérive sectaire d’une fraction très minoritaire de jeunes relève avant tout de politiques publiques et de rapports sociaux qui ont fait le lit des crispations identitaires estime-t-il.

 

 

Willaime, J.-P., Foessel, M. & Portier, P. (2015). Religions, laïcité(s), démocratie. Cahiers français, 389, 87

 

Constituant l’un des fondements de la République et de la démocratie, la laïcité a perdu en lisibilité et ne peut plus se contenter de garantir une neutralité religieuse. Elle doit composer avec le besoin légitime qu’ont les croyants d’exprimer leurs convictions.

Ce numéro aborde l’une des grandes questions actuelles de société et complète l’analyse par des comparaisons internationales.

 

 

Jeffrey, D. & Goguel D’Allondans, T. (2014). Signes religieux et laïcité. Cultures & Sociétés. Sciences de l’homme, 31, 136

 

On ne peut parler de laïcité sans évoquer ce qui, d’une certaine manière, la fonde : le religieux et ses espaces. Le dossier de ce trimestre nous montre que quasiment toutes les sociétés occidentales s’interrogent aujourd’hui sur les modalités d’une laïcité acceptable et acceptée par tous; mais les questionnements, notamment sur les signes religieux ostensibles, et les réponses politiques qui en découlent, diffèrent d’un espace culturel à l’autre.

 

 

Lherete, H. (2014). Eduquer au XXIe siècle. Sciences humaines, 263, 86

 

Comment éduquer les enfants? Hier encore, chacun avait sa réponse. Deux camps s’affrontaient, pédagogues contre républicains, luttant chacun pour imposer sa méthode. D’un côté, l’enfant au centre, son intelligence, sa curiosité naturelle, son épanouissement; de l’autre, l’autorité du maître, la discipline, l’effort, le mérite.

Il a suffi d’une décennie pour que les certitudes s’affaissent. Il a suffi, surtout, d’un séisme nommé Pisa. Edition après édition, tel le cruel miroir de Blanche-Neige, ce classement international des systèmes scolaires nous rappelle qu’il y a meilleur que nous. La France est en milieu de tableau, et le milieu n’est jamais loin -du moins étymologiquement- de la médiocrité.

Notre modèle républicain serait-il donc mauvais? Disons plutôt, comme François Dubet, qu’il arrive peut-être au terme de son histoire. Depuis Jules Ferry, tout a changé : l’enfant, sommé dès le berceau d’être autonome, critique et connecté; la société, simultanément mondialisée et individualiste; l’école autrefois sanctuaire, aujourd’hui poreuse aux problèmes sociaux.

L’heure est à l’humilité. Elle oblige à admettre, comme Marcel Gauchet, que « nous n’avons pas trouvé la bonne école ». Mais rien n’empêche de chercher. Avec ce dossier, nous dessinons des pistes. Les modèles qui marchent à l’étranger, mais aussi leurs limites. Les promesses tenues par Internet. Les innovations concrètes qui se déroulent au sein des établissements, à l’ombre des grands principes. Les idées à exhumer, celles à inventer, pour penser ensemble l’éducation de demain.

 

Schott, C. & Crettiez, X. (2014). La radicalisation violente. Cahiers de la sécurité et de la justice. Revue de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice, 30, 216

 

De nombreux pays se trouvent confrontés à des violences multiples. S’il s’agit d’une constante dans l’histoire de l’humanité, elle n’en heurte pas moins nos valeurs. Nos sociétés « développées » y font face en mobilisant de multiples ressources et stratégies.

Ce numéro des « Cahiers de la sécurité et de la justice » s’attache à analyser l’un des aspects de la violence collective idéologique, celui qui concerne la radicalisation, c’est-à-dire l’ensemble des processus par lesquels des individus sont amenés à engager leur vie dans la poursuite d’un but qui va les conduire jusqu’au meurtre.

 

 

Varini, E. (2014). Une MECS à l’épreuve de la laïcité. La fermeté, pas la fermeture. Actualités Sociales Hebdomadaire, 2840, 14-17

 

Face à la poussée des requêtes à caractère religieux de la part des jeunes qu’elle héberge, la MECS Foyer Pargaminières, à Toulouse, a engagé une réflexion sur la laïcité et révisé les documents qui encadrent son action éducative.

 

 

Willaime, J.-P. & Kaufmann, F.-X. (2014). Religions, une affaire publique? Projet, 342, 96

 

On croyait les religions reléguées à la sphère privée. Et voila que catholiques comme musulmans se font plus visibles. La laïcité est-elle en péril? Peut-elle au contraire bénéficier de leur contribution?

Longtemps perçu comme un mouvement irrémédiable de la modernité, le déclin de la religion apparait désormais comme une bizarrerie européenne. Que recouvre la notion de « sécularisation »? Où trouve-t-elle ses racines?

 

 

David, M.-C. (2013). Laïcité et travail social. Les cahiers de l’EFPP. Le magazine de l’école de formation psycho pédagogique, 18, 26

 

Liberté, égalité, fraternité… laïcité? Inscrit au fronton de notre république, le triptyque issu de la révolution aurait pu se voir ajouter, en 1905, une autre devise : laïcité.

 

 

Drulhe, M., Pages, M. & Roques, P. (2013). Laïcités? Empan, 90, 135

 

Le dossier de ce numéro fait le pari des laïcités. S’arrêter sur la laïcité, selon la perspective ici adoptée, c’est s’efforcer de prendre en compte la complexité de notre monde social, en particulier en apprenant à reconnaître les racines des uns et des autres. La complexité nous appelle au débat : la laïcité attentive à la complexité devient une source féconde d’échanges et de sens. Ce faisant, nous retrouvons ce qui est au cœur de son principe : faire tenir ensemble des pluralités.

Pour ne pas céder à la pente de la facilité et du simplisme, rien de tel que de retourner à la loi de 1905, non pas pour retrouver une pureté originelle, mais pour y puiser l’esprit de ses valeurs sous-jacentes, pour redécouvrir les principes qui l’animent et qui sont constitutifs du creuset de la citoyenneté démocratique en ce qu’ils nous invitent à revisiter la Déclaration universelle des droits humains fondamentaux (en particulier, liberté de pensée et liberté de conscience, égalité et non-discrimination…).

Des historiens rappellent qu’il y a eu une quasi-simultanéité entre la création de l’École publique et celle de la chaire d’histoire des religions au Collège de France : le souvenir d’un tel contexte n’est-il pas une invitation à s’ouvrir à la connaissance afin de comprendre le religieux dans sa dimension culturelle, ce qui veut dire rejeter autant l’ignorance que la crainte. « L’erreur n’est pas seulement aveuglement sur les faits. Elle est dans une vision unilatérale et réductrice qui ne voit qu’un élément, un seul aspect d’une réalité en elle-même à la fois une et multiple, c’est-à-dire complexe » E. Morin, Le Monde, 2 janvier 2013.

Et c’est pourquoi tout mouvement de laïcisation, toujours à mettre en œuvre comme un travail d’émancipation sans cesse à reprendre, va de pair avec la promotion de la « culture cultivée ».

 

 

 

 

Lherete, H., Capdepuy, V. & Journet, N. (2013). Ecole : 5 sujets qui fâchent. Sciences humaines, 253, 18-29

 

De l’histoire de la colonisation à la « morale laïque », les enseignements scolaires se voient contestés. Au-delà des affrontements, la faisabilité des programmes pose problème.

Voici les différentes parties qui composent cet article :

– L’histoire, récit national ou fenêtre sur le monde?

– Moral laïque, une neutralité introuvable.

– Religion et école : je t’aime, moi non plus…

– L’économie, un enseignement orienté?

– Le genre, nouvelle pomme de discorde.

 

 

Thelot, C. & Dubet, F. (2013). Ecole catholique : école publique? Projet, 333, 96

 

Première priorité nationale, l’éducation va bien au-delà de la transmisison de savoirs. Il s’agit de préparer à l’exercice de la citoyenneté, au vivre ensemble, à la vie professionnelle, tout en visant l’égalité. L’enseignement privé sous contrat est tenu aux mêmes misisons que le public et peut y ajouter des éléments spécifiques dus à son caractère propre.

Le mal qui ronge notre modèle scolaire aurait une cause : le néolibéralisme. Pour le sociologue, François Dubet, cette croyance sert d’alibi à l’institution scolaire, publique ou privée sous contrat, l’empêchant de remettre fondamentalement en cause la compétition permanente qu’elle encourage.

 

 

Rolland, P. & Michon, B. (2012). Les jeunes, le religieux et la laïcité. Les cahiers dynamiques, 54, 106

 

La question de la liberté religieuse et de la laïcité revient régulièrement sur le devant de la scène et interroge les professionnels de l’éducation dans leur pratique quotidienne.

Cette question réapparue avec l’affaire du « foulard islamique » a suscité de vifs échanges. Un débat public a abouti à la loi du 15 mars 2004 encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics. Quels ont été ses effets? Comment les principes de la laïcité et de la liberté religieuse sont-ils déclinés dans les différents établissements éducatifs? Quelle place la religion, l’agnosticisme ou l’athéisme occupent-ils dans la construction identitaire des jeunes?

 

 

Delcus, C. (2011). Soins et religions. L’aide soignante, 129, 32

 

Une religion implique un ensemble de pratiques et de rites. L’hôpital soigne des patients de cultures et de religions différentes. Les soignants doivent respecter leurs convictions et leurs rituels pour leur permettre de pratiquer le culte de leur choix, dans la mesure où ils ne mettent pas leur vie en danger. Comprendre, respecter et faciliter les différents rites et aspirations de chaque personne hospitalisée permet de l’accompagner, ainsi que ses proches, de la naissance jusqu’à la mort.

 

 

Garnier, M. (2011). Vivre la laïcité en accueil collectif de mineurs. Le journal de l’animation, 116, 82

 

Principe fondateur de notre République, la laïcité est régulièrement au coeur des réflexions publiques. Thème particulièrement sensible, ce principe touche au fondement même de ce qui lie entre eux tous les citoyens français et doit leur permettre de vivre en harmonie, quelles que soient leurs convictions religieuses. Le point le plus au centre de ces réflexions se trouve être l’éducation et l’école. En effet, comment garantir la liberté de conscience des jeunes et les protéger des démarches prosélytes? De Jules Ferry aux lois sur les signes ostentatoires dans les établissements scolaires, des mouvements de jeunesse confessionnels aux Français, comment les accueils collectifs de mineurs constituent-ils un espace laïc? Entre liberté de conscience et protection des mineurs, la marge de manœuvre est parfois bien réduite.

 

 

Paquet, M. (2011). Le travail social à l’épreuve du fait religieux. Actualités Sociales Hebdomadaire, 2712, 28-31

 

L’expression religieuse dans les quartiers a pris à contre-pied le travail social. Laïque par nécessité, il fait face à une situation inédite depuis la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat. Problème de compréhension des demandes religieuses, méconnaissance de la laïcité et instrumentalisation des débats se conjuguent pour placer les professionnels dans une position critique. De nombreux acteurs en appellent à un retour aux sources de la laïcité.

 

 

Van Den Bogaard, C. & Veaudor, M. (2011). Sans foi ni loi. La religion en prison. Le passe murailles, 32, 82

 

Aujourd’hui encore, on attend communément de l’enfermement, et de son lot de souffrances, qu’il aide le coupable à rechercher ses fautes par un examen de conscience et à se repentir de celles-ci pour mieux se réinsérer dans la société. Certes, la faute n’a plus désormais une dimension religieuse mais la peine de prison, dans notre société laïque, reste teintée de pénitence et de rédemption. La liberté de culte en prison, corollaire de la liberté de religion, si elle est aujourd’hui reconnue par les textes de loi, reste bien souvent théorique. Cette absence d’effectivité tient au système carcéral lui-même qui rend la pratique religieuse complexe, non seulement du fait des contraintes matérielles inhérentes à cette institution, mais aussi du fait de la réception faite par l’administration de ses obligations en matière de liberté de culte.

 

 

Causse, J.-D., Tournier, V. & Chaput, C. (2010). Confessions. Croyances en travail social. Le Sociographe, 32, 128

 

Ignorée, rejetée ou idéalisée, la question du religieux mérite d’être posée sans dogmatisme.

A l’heure du retour en force des communautarismes religieux, le travail social ne peut plus ignorer ces croyances qui rassemblent autant qu’elles exacerbent les différences.

Souvent, la confession du bénéficiaire n’est pas prise en compte au nom de la fausse dichotomie entre appartenance religieuse et laïcité. Comment  les pratiques professionnelles peuvent, doivent prendre en compte les croyances?

L’action sociale est-elle à même de reconnaître sa propre genèse, et le travailleur social ses propres croyances?

 

 

Dumouchel, P. (2010). Interdire la burqua? Vu d’ailleurs, vu de loin. Esprit, 368, 14-24

 

Une bonne loi doit répondre à trois critères : ne pas commettre d’injustice, ne pas créer de désordre, poursuivre un objectif qui sera utile au plus grand nombre. L’auteur, un Canadien qui vit au Japon, décortique en fonction de cette approche des lois, récemment votées en Belgique et en France, créant le délit de dissimulation du visage dans l’espace public : sont-elles à la hauteur des principes au nom desquelles on légifère?

 

 

Donegani, J.-M. (2008). Religion dans une Europe sécularisée. Projet, 306, 94

 

Dans nos sociétés démocratiques, où règnent le pluralisme et la subjectivité, quelle place occupent les religions? Elles demeurent des acteurs essentiels, moteurs d’une solidarité, au-delà de la conjugaison d’intérêts individuels et témoins des questions de sens.

 

 

Ladsous, J. & Vallon, S. (2008). Laïcités professionnelles. V.S.T., 100, 134

 

Les identités souffrantes et leur cortège de troubles, face à une crise (économique, sociale ou culturelle) se réfugient derrière des valeurs souveraines : La Nation, la Religion, l’Etat, les Communautés, l’Origine ethnique, qui en devienne des forteresses.  Le travailleur social comme le soignant peuvent-ils garder une neutralité fonctionnelle?

Des discriminations positives ou négatives sont-elles utiles ou nécessaires?

La laïcité religieuse est une pratique de séparation entre public et privé.

Les laïcités professionnelles au contraire viseraient-elles à faire se rencontrer intérêt individuel et sociétal, légalité de l’Etat et légitimité des appartenances? Ne sont-elles pas à réinventer?

Lazarova, R. (2008). Laïcité, un combat au quotidien. La gazette sante social, 47, 74

 

Le poids des congrégations religieuses en matière sanitaire et sociale explique que la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat y ait été plus longue à mettre en oeuvre que dans d’autres secteurs.

Les professionnels connaissent souvent mal les règles qui s’appliquent à leurs propres croyances et à celles des usagers, ce qui aboutit parfois à des situations contraires à la réglementation.

Si elles semblent réglées à l’école, les menaces qui pèsent sur la laïcité persistent dans les secteurs sanitaire et social, entourées d’un certain secret, voire d’une indifférence du personnel.

 

 

Tronquoy, P., Hervieu-Leger, D. & Brechon, P. (2007). Les religions dans la société. Cahiers français, 340, 94

 

Contrairement aux analyses en vogue dans les années 60, le religieux demeure une réalité incontestable dans les pays occidentaux. Mais la poursuite du processus de sécularisation a profondément transformé les rapports des religions avec l’État et la place qu’elles occupent dans la société. Aujourd’hui, on constate une forte individualisation des pratiques et des croyances, chacun ayant tendance à « bricoler » à sa convenance son propre credo, à procéder à une lecture « à la carte » des dogmes et des commandements. En France, les religions monothéistes ont connu au cours des dernières décennies de très importantes évolutions, et elles doivent définir ou continuer de définir leur présence au sein d’une société dont le caractère laïque n’exclut nullement les préoccupations d’ordre religieux ou spirituel.

 

 

Martin, J.-P. & Foray, P. (2007). Laïcité, croyances et éducation. Spirale : revue de recherches en éducation, 39, 190

 

La laïcité se définit en premier lieu comme la garantie institutionnelle de la liberté de conscience. Mais elle est aussi un effort pour penser les conditions de la construction d’un « monde commun » à tous les membres d’une même société. Cette articulation entre libertés individuelles et exigences communes constitue le fil conducteur de la problématisation que cet article propose au sujet de l’application du principe de laïcité dans le cadre scolaire.

 

 

Tronquoy, P., Berstein, S. & Leterre, T. (2007). Les valeurs de la République. Cahiers français, 336, 86

 

Comme chaque élection présidentielle, celle du printemps 2007 suscite un certain nombre de réflexions sur l’évolution des institutions et les références aux grands principes républicains accompagnent la présentation par les candidats de leur programme.

Ce numéro des Cahiers français a précisément pour ambition d’interroger l’idée de République, d’en préciser les fondements et les caractéristiques.

Des historiens, des philosophes, des sociologues y analysent les principales valeurs républicaines en rappelant quelle a été leur signification en 1789 et, plus tard, dans les années 1880 lorsque la République s’est enracinée dans notre pays. Ils s’attachent plus particulièrement à examiner le sens que revêtent ces valeurs dans la France d’aujourd’hui.

 

 

Borgetto, M. & Boudon, R. (2006). Les valeurs en crise? Informations sociales, 136, 144

 

Les valeurs de neutralité, d’égalité, d’universalité, de fraternité ou de solidarité sont constitutives de la société, en tant que celle-ci est une république démocratique, indivisible, laïque et sociale. Il faut ainsi distinguer, lorsqu’on évoque la « crise des valeurs » , celles relatives aux moeurs, aux coutumes et aux usages, susceptibles d’évolution et d’appréciations diverses, et les autres, celles avec lesquelles on ne peut transiger.

Penser la question des valeurs morales conduit à débattre de ce qui touche à la vérité (ou aux vérités), au jugement et à sa subjectivité, à la croyance partagée, aux codes et aux normes… Au plan politique, faut-il organiser la promotion de valeurs communes? Peut-on se mettre d’accord sur une valeur supérieure aux autres? Un domaine de réflexion en tension.

Emergente puis impossible au XIXème siècle, elle est devenue, au XXème  siècle, après des avancées réelles, un compromis, pour se trouver au XXIème siècle de nouveau interrogée : la laïcité, un idéal et une valeur toujours en mouvement, dont les implications concrètes s’étendent à la vie quotidienne de chacun d’entre nous.

 

Pena-Ruiz, H. & Coq, G. (2006). Laïcité. Les 100 ans d’une idée neuve. II. Culture(s), religion(s) et politique. Hommes et migrations, 1259, 148

 

La laïcité constitue le meilleur cadre pour accueillir les  différences culturelles sans rien concéder à un quelconque pouvoir qui tendrait à remettre en cause la liberté individuelle. Au début de la troisième République, les cultes protestant et israélite « reconnus » et subventionnés par l’Etat remettent en cause leur statut et revendiquent plus de liberté. Devant les problèmes nouveaux que pose aujourd’hui l’application de la loi de 1905, des voix se sont prononcées pour sa révision. Cependant, comment dans le cadre de cette loi les difficultés peuvent-elles être résolues?

Créé en grandes pompes, le CFCM (Conseil français du culte musulman) repose pourtant sur des piliers fragiles. Il pose en outre un certain nombre de problèmes à la République française.

Ghaleb Bencheikh démontre comment religion et politique sont dichotomiques, et enjoint les musulmans de s’élever contre la politisation de leur religion.

Les discriminations et le « communautarisme » occupent aujourd’hui le premier plan d’une polémique qui est partie de l’école. Les questions de statut d’identité des jeunes d’origine étrangère sont également posées. Tout recul des pouvoirs publics français en matière de laïcité risque d’avoir de graves répercussions sur les femmes privées de liberté et qui, regardant vers nous, luttent pour l’obtenir.

 

 

Borne, D. (2005). La laïcité. Mémoire et exigences du présent. Problèmes politiques et sociaux, 917, 118

 

Si la Révolution française proclame en 1789 le principe de la liberté des opinions et des croyances, c’est véritablement la  loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat qui fonde la laïcité française sur le double principe de liberté des cultes et de la neutralité du pouvoir politique. Ainsi s’éteint le conflit entre l’Eglise catholique et la République qui a marqué tout le XIXe siècle. Constitutive de l’identité française, cette loi toujours en vigueur malgré quelques retouches est donc un monument de l’histoire nationale.

Et c’est d’abord à l’école, considérée comme le lieu privilégié de l’éducation du citoyen que la laïcité se vit : l’enseignant y instruit indistinctement tous les enfants qui habitent en France sans regarder leurs origines, la couleur de leur peau, leurs opinions ou leurs croyances. L’instruction publique est le fondement du modèle républicain d’intégration.

Mais un siècle après l’adoption de cette loi fondatrice, la société française s’est profondément transformée. Elle connaît une sécularisation qu’accompagne une montée de l’inculture religieuse. Le recul de l’influence de l’Eglise catholique va de pair avec l’émiétement des manifestations du religieux. Le paysage religieux est par ailleurs marqué par l’émergence de confessions que la loi de 1905 ne pouvait connaître (islam, bouddhisme…) Ainsi au coeur des débats récents sur le port des signes religieux à l’école, c’est l’acceptation de la diversité culturelle qui constitue peut-être le premier défi auquel la laïcité française se trouve aujourd’hui confrontée.

 

 

Coq, G. (2005). Laïcité. Les 100 ans d’une idée neuve. I. A l’école. Hommes et migrations, 1258, 156

 

Envisager la portée du principe de laïcité d’un point de vue théorique, et définir ses articulations avec la démocratie, la République et la nation, tel est le projet de cet article. La laïcité conduit à la démocratie. Mais cette société laïque a défait l’ancien corps social bâti sur une religion et elle est fragilisée. Le recours à la République va lui permettre de reconstruire cette cohésion. Depuis un siècle, la société française s’est transformée et la laïcité se trouve aujourd’hui confrontée à trois aspects nouveaux et fondamentaux : l’individualisme, la fin de la classe ouvrière et de son rôle messianique sur la société française. Ces changements nécessitent-ils de revoir la notion de laïcité ou consolident-ils sa valeur universelle?

Le 3 juillet 2003, le Président de la République J. Chirac, créait une commission de réflexion « sur l’application du principe de laïcité dans la République ». Il en confiait la présidence à Bernard Stasi, médiateur de la République. Rémi Schwartz, qui en fut le rapporteur, évoque les auditions, en particulier celle de Jean-Paul Costa, vice-président de la commission européenne et se félicite de l’enrichissement des discussions grâce à la collégialité. Il revient deux ans après sur la nécessité de prolonger le débat.

En juillet 2005, Hanifa Cherifi, inspectrice générale de l’Education nationale remet au Ministre un rapport qui dresse un bilan positif de la première année de l’application de la loi laïcité interdisant les signes religieux à l’école. Les trois derniers des six chapitres que comporte le rapport sont reproduits ici dans ce chapitre.

La circulaire d’application de la loi du 15 mars 2004 sur la laïcité à l’école, élaborée par les services du Ministère de l’Education nationale, mentionne que « la loi ne concerne pas les parents ». Le propos, lapidaire ne paraît souffrir aucune discussion. Pourtant, des précisions s’imposent si l’on ne veut pas, une fois de plus, voir s’instaurer la confusion et son cortège de conflits dont chacun, depuis la dernière rentrée scolaire, était heureusement en droit de penser que l’école en serait désormais épargnée.

Costa-Lascoux, J. (2005). République et particularisme. Problèmes politiques et sociaux, 909, 119

 

Les textes présentés ici expliquent à la fois les facteurs d’unité et d’intégration propres à la France : le droit de la nationalité et les traditions d’accueil qui en font une terre d’immigration, le réseau associatif… et les différents aspects de la diversité qui la caractérise également : spécificités locales, particularismes, expressions identitaires…

Après une analyse des difficultés actuelles de la politique d’intégration et une présentation des débats en cours sur la discrimination positive, la reconnaissance des identités culturelles, les risques du communautarisme…, le dossier expose les orientations nouvelles de l’action publique en matière de laïcité et de cohésion sociale et les perspectives d’avenir, avec notamment la prise en compte de la dimension européenne.

 

 

Fournier, M. (2005). La laïcité, une singularité française? Sciences humaines, 157, 16-21

 

Pourquoi dans l’hexagone, la laïcité donne-t-elle lieu à des débats aussi passionnés? Déterminer la place et les prérogatives des religions dans la société n’est pourtant pas qu’un problème franco-français, même si la France a été pionnière en la matière.

 

 

Gueneau, M. (2005). 1905-2005 LAICITE… laïcités. POUR : la revue du groupe de recherche pour l’éducation et la prospective, 186, 150

 

La laïcité de l’Etat, issue de la loi de 1905, est depuis 1946 un principe constitutionnel. Le retour du religieux, à l’ordre du jour sous des formes qui vont de la soif de connaître et de comprendre le fait religieux jusqu’aux obscurantismes et aux fanatismes les plus extrêmes, relance le débat sur la laïcité.

La France prétend que son droit de la laïcité se fonde sur des principes de portée universelle : « la liberté de conscience assortie de l’émancipation personnelle, l’égalité de tous les citoyens sans distinction d’origine, de sexe, ou de conviction spirituelle; et la visée de l’intérêt général, comme seule raison d’être de l’Etat ». Est-ce la même réalité pour tous?

Ce dossier voudrait être un outil pédagogique sur la culture laïque prenant en compte la diversité des croyances, sans omettre l’implantation de l’Islam, en France et sur le continent européen, et en abordant les différentes manières de vivre et de penser la laïcité aujourd’hui.

 

 

Laoukili, A., Diet, E. & Thomas, J.-P. (2005). Différences culturelles, intégration et laÏcité. Connexions, 83, 220

 

Au sommaire de ce numéro de la revue Connexion, on trouvera les interventions suivantes :

– La laïcité et l’intégration, deux impératifs à défendre, par Abdelaâli Laoukili et Emmanuel Diet.

– Faut-il renouveler la laïcité?, par Jean-Paul Thomas.

– Particularismes culturels. Éducation à l’universel, par Geneviève Vinsonneau.

– Identité et exclusion, par Pierre Tap.

– Rapports de domination, laïcité et relations interculturelles, pour une double critique des processus d’acculturation, par Abdelaâli Laoukili.

– La question ethnique, l’intervention sociale et la laïcité. Les enjeux des discriminations raciales dans le travail social, par Manuel Boucher.

 

– Préadolescents et différences « ethniques » : acceptation ou rejet de l’autre?, par Jennifer Kerzil et Anne Gonin.

– L’intégration des jeunes Français issus de l’immigration. Le cas des jeunes issus de l’immigration arabo-musulmane et turque : Maghreb, Moyen-Orient et Turquie, par Azzam Amin.

– Comparaison de deux situations de réussite confrontée et normalisée chez des lycéennes d’origine culturelle différente, par Nathalie Martinez et Anne-Marie Costalat-Founeau.

– Médiateurs interculturels, passerelles d’identités, par Margalit Cohen-Emerique et Sonia Fayman.

– Les variations de l’identité d’élites mondialisées, par Philippe Pierre.

 

 

 

 

Mabilon-Bonfils, B. (2005). Du cas d’école au sentiment d’abandon : la laïcité comme déni du politique. Sociétés. Revue de sciences humaines et sociales, 87, 105

 

La laïcité, corrélée au projet méritocratique, a été l’instrument d’une construction politique d’un « Mit-Sein » aujourd’hui en crise. Cette laïcité comme principe de gouvernement raisonnable des hommes n’a exclu ni les solutions violentogènes, ni les représentations naturalistes des trajectoires soclaires. Or, l’école est aujourd’hui confrontée au temps du pluriel, à une demande croissante de pluralité culturelle et cultuelle. Et l’école démocratique massifiée sous son apparente neutralité sociale et politique renverse le rapport au sentiment d’injustice sociale : plus l’école est en apparence ouverte au plus grand nombre, plus l’échec scolaire est perçu comme production singulière des individus, d’où ce sentiment récurrent de déshonneur individuel, voire même familial et social. Ce cas d’école est à saisir au travers du prisme du déni du politique par l’institution scolaire.

 

 

Truong, N. (2005). Laïcité sous la concorde, la discorde. Le monde de l’éducation de la culture et de la formation, 342, 98

 

Cent ans après la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, presque deux ans après la loi interdisant le port de signes religieux ostensibles à l’école, la France a-t-elle gagné? Rien n’est moins sûr, tant la violence qui s’est déchaînée ces dernières semaines dans les cités met au jour un malaise que la fière « République laïque » n’a pu empêcher. Faut-il réviser la loi de 1905 pour permettre à un Islam de France d’émerger? Face à l’emprise des marques et de la publicité, l’école doit-elle être un espace de neutralité? Enquête sur la nouvelle donne laïque.

Pour l’éducation nationale, la loi sur les signes religieux à l’école a presque tout réglé. Une vision et un bilan optimistes contestés par ceux qui s’étaient opposés à la loi et qui déplorent l’exclusion d’un certain nombre de jeunes filles.

 

 

Vaillant, C. (2005). Laïcité : faut-il changer la loi de 1905? Associations mode d’emploi, 73, 42

 

Le centenaire de la loi de 1905 a relancé le débat sur la laïcité à la française et sur la nécessité d’en revoir certains aspects. C’est l’occasion de revenir sur son contenu, les enjeux actuels et le rôle d’une loi dont les implications traversent tout le monde associatif.

 

 

(2004). Débat : l’islam, le voile, la loi de 1905. Hommes et migrations, 1248, 89-101

 

Cette partie débat autour du voile s’articule principalement autour de deux articles :

– « Politique publique et islam depuis la loi de 1905 ». Où pour l’auteur, l’Etat français est en perpétuel conflit entre une neutralité affichée et un interventionnisme de fait.

– « Larguons les voiles ». Les deux auteurs de ce cri contre le voile ont rédigé ce texte en décembre 2003, avant de connaitre les conclusions de la commission Stasi, qui a préconisé une loi contre les « signes ostentatoires » d’appartenance religieuse. Des femmes sans voiles, révoltées de n’avoir entendu s’exprimer dans les médias que celles qui l’acceptent.

 

 

(2004). L’exception française : mythe ou réalité? Sciences humaines : hors-série, 46, 95

 

Plutôt que d’exception française, c’est davantage de singularités dont il convient de parler sans préjuger de leur persistance dans le temps. C’est du moins ce qui ressort des contributions des chercheurs réunis dans ce numéro.

L’approche comparative des pays est plus ancienne qu’on ne le pense. Il faut cependant attendre ces toutes dernières décennies pour assister à son développement dans les sciences sociales. Le contexte de mondialisation en fait un enjeu de première importance.

En 2000, la France fut le premier pays du monde à adopter une loi sur la parité. Une avancée indéniable qui ne lui a cependant pas encore permis de combler le retard sur la plupart des pays européens dans l’accés des femmes aux responsabilités politiques.

La  France apparaît sur le plan des valeurs comme un pays charnière entre l’Europe du Nord et celle du Sud. Tel est l’un des principaux enseignements des enquêtes internationales réalisées à intervalles réguliers depuis le début des années 80.

Malgré les contraintes liées au principe de la carte scolaire, les français conservent comme les autres européens une latitude d’action dans le choix de l’école de cleurs enfants.

Loin d’être anodins, les papiers d’identité participe à la consolidation de l’identité nationale et révèlent les sensibilités propres à chaque Etat. Il n’est jamais simple de concilier respect de la liberté individuelle et souci de sécurité. La technologie via l’informatisation et la biométrie ne rend cette tension que plus manifeste.

Depuis quelques années on observe un regain d’intéret inatteendu pour les pratiques et les croyances religieuses. Une tendance qui n’est pas propre à la France mais qui y revêt dses traits spécifiques.

Le système de protection sociale serait en France plus uqu’ailleurs rétif au changement. Une analyse des réformes intervenues ces dernières années atteste au contraire de changements en profondeur comparables, malgré des contextes institutionnels différents, à ceux d’autres pays européens.

La politique française pour l’emploi après être montée en puissance dans les année 70 est influencée depuis les années 90 par les préoccupation e l’OCDE et de l’union européenne. Deux singularités marquent pourtant cette stratégie : la réduction des cotisations sur les bas salaires et le recours  à la réduction du temsp de travail comme outils de lutte contre le chomage.

Coups et blessures, viols, homicides : la société française est-elle plus touchée que les autres par la montée  de la délinquance? En absence d’une harmonisation ddes données statistiques il est difficile de répondre à cette question mais on peut utilement comparer certains délits et tendances.

 

 

(2004). La laïcité impose sa loi. Le monde de l’éducation de la culture et de la formation, 321, 98

 

 

(2004). Loi n°2004-228 du 15 mars 2004 encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics. JOURNAL OFFICIEL, 65, 5190

 

 

(2004). Solidaire et laïque. La revue de l’APAJH, 81, 40

 

Le projet de loi sur la laïcité provoque des débats à tous les échelons de la société. Un tel phénomène ne laisse pas insensible la fédération APAJH, qui inscrit cette valeur parmi ses références depuis plus de quarante ans. Le président Fernand Tournan a échangé sur ce sujet avec Monseigneur Gaillot, connu pour son action médiatique en faveur des sans papiers, des familles sans logement et des jeunes sans travail.

 

 

(2004). Territoires et religions. Derrière le voile. Territoires, 444, 40

 

Cellules communautaires de référence jusqu’au XXème siècle, les paroisses catholiques ont peu à peu perdu leur sens face aux mutations sociales et territoriales. Leur restructuration par l’église a pour objectif de remettre à nouveau en cohérence territoire religieux et territoire civil.

Aujourd’hui l’Islam fait partie du paysage national. Une réalité progressivement intégrée par les élus locaux, de plus en plus nombreux à entamer des négociations avec les musulmans s’organisant pour acquérir ou améliorer leur lieu de culte.

A travers le débat sur le port du voile, trois questions fondamentales s’esquissent à l’écart du battage médiatique : l’égalité homme-femme, notre difficile rapport à l’immigration et notre conception de la laïcité.

 

 

Bonardi, C. & Tapia, C. (2004). Représentations sociales et symboles religieux dans la société française. Le journal des psychologues, 220, 63-68

 

L’actualité offre matière à s’interroger sur le réveil de la laïcité mlitante face à des manifestations communautaristes plus affirmées ou agressives que par le passé, dans la société française. Les problèmes posés par ces nouveaux conflits, notamment celui de l’affichage ostensible des symboles religieux ou ethniques, ont été étudiés dans le registre théorique par les sciences humaines et sociales. Christine Bonardi les aborde ici sous l’angle de la psychologie sociale appliquée.

 

 

 

 

 

Donnadieu, G. & Fontan, A. (2004). Histoire, vérité(s), laïcité…..La dynamique des religions. Sciences de l’homme et sociétés, 72, 65

 

Quelles sont les données historiques et anthropologiques qui peuvent rendre compte de l’émergence et des traits de doctrine des religions? A partir du travail de Marcel Gauchet complété par une approche systèmique, on saisit mieux quels sont, dans l’histoire de l’humanité, les moments de basculement et les types de relations entre Dieu, la personne, la société et la nature. Au sens philosophique aucune religion n’est vraie. Les croyances peuvent être complémentaires, voire s’enrichir, mais les deux dangers actuels, intégrisme et confusionnisme, risquent de la dévaloriser.

La vérité en religion relèverait plus du « relationnel » que du « démontrable ». Si les religions monothéistes ont voulu soumettre l’autre à des croyances révélées, le lien vérité-amour-subjectivité pourrait fonder une histoire commune et un vivre-ensemble garantis par une laïcité ouverte.

Face à la fragilité de la condition humaine, les hommes ont toujours construit un imaginaire secourable et protecteur. En étant investi comme « idéal », le religieux s’impose comme vérité révélée. La pensée critique, les sciences s’interrogent continuellement sur la réalité et les représentations que l’on s’en donne. Si les conditions de l’intolérance sont inscrites dans le développement de tout sujet, les crises collectives peuvent aboutir au fanatisme.

Une lecture simpliste du Coran engage à situer l’islam comme intolérant et violent. Il faut tenir compte du contexte culturel et historique dans lequel l’islam a émergé. De plus, certaines parties du Coran, incitent au contraire à l’absence de contrainte, à une pensée universaliste et à une volonté de sécuriser les personnes, croyantes ou non-croyantes.

 

 

Guerenne, F. (2004). Laïcité et travail social. FORUM. Revue de la recherche en travail social, 106, 51

 

Ce numéro est le fruit de la collaboration de professionnels du social qui à des titres différents sont sur ce qu’il est convenu d’appeler le « terrain » d’autres diraient engagés dans des pratiques. Dans chacune des contributions cette référence à « son terrain » est bien présente et il est clair que la question éthique de l’acteur social rejoint la préoccupation du chercheur, voire de l’historien ou du sociologue.

Un paradoxe pourrait ouvrir notre réflexion. Alors qu’il est issu d’un univers où la question religieuse, du moins historiquement a été omniprésente, où révolte et compassion face à la misère structurent les discours et justifient les pratiques, le travailleur social est désormais aussi l’héritier et le porteur de la conscience laïque et républicaine.

 

 

Lafore, R., Ladsous, J. & Castel, R. (2004). Actes des Journées nationales d’Etudes « Travail social et démocratie ». 16-17-18 juin 2004 Palais des congrès de Bordeaux. La revue française de service social, 215, 174

 

Ce numéro est consacré aux actes des journées nationales des 16-17-18 juin 2004 ayant pour thème « Travail social et démocratie »

 

– Première Journée : Travail social et Démocratie : La démocratie à l’épreuve de l’exclusion.

*Démocratie , République, Citoyenneté, Laïcité : des valeurs à revisiter. La « République sociale » : sa mise en place, sa mise en oeuvre, sa remise en cause.

*La politique de lutte contre les exclusions à l’épreuve de la décentralisation : quelles évolutions? La réinsertion, l’emploi, le droit aux soins et au logement.

*La lutte contre les exclusions à l’échelle des agglomérations : la démocratie locale à l’épreuve du  quotidien.

*L’exclusion : regard sur la situation en France.

*L’exclusion : un péril pour la démocratie? Regard sur la situation dans les pays européens : l’exemple anglais.

 

– Deuxième Journée : Travail social et Démocratie : L’action sociale, un espace de démocratie pour la population?

*L’action sociale aujourd’hui : la place des usagers pour une démocratie participative de proximité.

*L’insécurité sociale productrice d’une demande de sécurité civile : quelle place pour l’action sociale aujourd’hui?

*Quel espace de démocratie pour les populations précarisées? Esprit de résistance et capacité d’action.

*Table ronde : Au-delà de la question du voile telle qu’elle a été médiatisée, interrogeons-nous sur les notions d’identité, d’intégration et de démocratie.

 

– Troisième Journée : Travail social et Démocratie : Le travail social et ses pratiques démocratiques.

*Travail social et pratiques démocratiques : quelles convergences.

*Les travailleurs sociaux dans l’histoire : une place pour tous avec les étrangers.

*La nécessaire méthodologie d’intervention autour de l’accompagnement social : le contrat, réflexion sur la démarche qualité, les référentiels professionnels et la place de l’usager.

*La responsabilité démocratique des travailleurs sociaux.

 

 

Loubat, J.-R. (2004). Où en est le travail social avec la religion? Lien social, 721, 30

 

Les liens existent entre religion, éducation, soins, assistance et action sociale sont quasiment congénitaux. A tel point qu’on ne peut véritablement comprendre le fonctionnement et la culture des secteurs du médico-social si on ignore cette réalité historique. Certes des concepts laïcs comme la solidarité ou la cohésion sociale ont aujourd’hui très largement remplacé la charité chrétienne. Mais il suffit d’observer l’actualité pour se rendre compte que l’influence religieuse n’a pas pour autant complétement disparu.

 

 

Regnier, J. (2004). Mieux comprendre la laïcité. Savoir, 558, 4

 

 

(2003). L’école à l’épreuve des communautés. Le monde de l’éducation de la culture et de la formation, 314, 98

 

Les échos de la crise sociale et morale de la société française résonnent dans les établissements scolaires. Les paroles et les actes antisémites sont en augmentation. Le Ministère de l’éducation nationale déclare la guerre à un communautarisme exacerbé par les conflits du Proche-Orient. Il appartient à l’école d’inventer une solution. Mais la porte n’est pas si large entre l’universel abstrait et le particularisme.

Difficile d’ignorer la réalité du repli communautaire de certains jeunes, même s’il est parfois « fantasmé ». Lorsque les rapports tendent à s’enfermer dans une logique du « nous » et « eux », que peut et doit faire l’école républicaine?

 

 

(2003). Laïcité et foulard islamique

Revue de presse. Janvier-Décembre 2003. Horizons Européens, 1, 83

 

Cette revue de presse est constituée d’une sélection d’articles parus en 2003 sur le thème de la laïcité et du foulard islamique. Ces différents articles sont répartis dans six grandes parties:

– Laïcité : analyse générale

– Significations du voile

– Porteuses de foulard

– Oui à une loi

– Non à une loi

– Divers

Ces articles sont issus:  du Journal du Dimanche, Actualités des religions; Sciences Humaines; Enjeux; Le Figaro magazine, le Nouvel Observateur; Le Figaro; Le Monde des Religions, L’Humanité, Libération; La Vie, Le Point; La Croix; Valeurs Actuelles; Le Monde 2; Le Canard Enchainé et La Gazette des communes.

 

 

(2003). La France en débats : école, laïcité, citoyenneté, intégration, urbanisation, 35 heures… . Sciences humaines : hors-série, 39, 87

 

Aujourd’hui encore, la laïcité continue à susciter des débats passionnés. Alors que la séparation des Eglises et de l’Etat est acquise, elle doit, il est vrai, faire face à de nouveaux défis comme la montée des revendications pour la reconnaissance d’identités communautaires.

Les associations issues du mouvement beur ont permis l’émergence d’une véritable élite. C’est ce que montre l’analyse des générations successives d’associations créées par les étrangers et les français d’origine immigrée depuis les années 80.

Lancée au début des années 80, la politique de la ville a été conçue comme une réponse à la dégradation des grands ensembles construits dans les années 50-60. Au vu des moyens mis en oeuvre, le bilan peut paraitre mitigé. Vivre en zone périurbaine  peut réserver des surprises. Une étude récente éclaire notamment les tensions entre les parents qui ont fait le choix de s’installer loin de la ville et leurs enfants en quête d’autonomie.

Une enquête récente confirme la démocratisation des pratiques physique et sportives, mais sur fond de diversification et de différenciation selon l’âge, les revenus, les diplômes…

(2003). Petits arrangements avec le voile. Le monde de l’éducation de la culture et de la formation, 320, 48-53

 

Si le débat autour du port du foulard islamique à l’école fait rage et pourrait bien aboutir à un texte de loi, sur le terrain, le dialogue permet souvent d’apporter des solutions au moins provisoires, parfois constructives.

 

 

Koubi, G. (2003). Laïcité à l’école et laïcité de l’Etat. La revue d’action juridique et sociale, 229, 3-6

 

 

Leterre, T. & Schnapper, D. (2003). Les nouvelles dimensions de la citoyenneté. Cahiers français, 316, 94

 

Une première série d’articles traite des rapports jamais totalement stabilisés de la société civile avec la société politique, rapport faisant resurgir en premier lieu l’écart originel entre souveraineté populaire et représentation nationale. Les incertitudes et les mutations relatives aux équilibres entre ces deux entités renvoient plus particulièrement aujourd’hui à la dynamique démocratique qui travaille tous les Etats-providence et qui nourrit des aspirations proprement inépuisables.

Les implications que revêtent les choix effectués en matière scientifique contribuent, elles aussi, à interroger le partage citoyen/décideurs, tandis que la société multiculturelle et les affirmations religieuses qui en émanent remettent en question certaines frontières entre les domaines du public et du privé, et conduisent à une réévaluation de la laïcité. Enfin, la place qu’occupent les femmes parmi les élus illustre les différences de temporalités susceptibles d’opposer parfois la sphère du politique aux réalités de la société.

Si la citoyenneté a très longtemps mis en jeu les seuls rapports nationaux avec leur Etat, le cadre n’est plus désormais aussi circonscrit. Son exercice revêt une dimension européenne, voire mondiale. Mais elle tend également sous l’effet de la décentralisation à acquérir une signification au niveau local.

Les conditions d’expression de la citoyenneté amènent quant à elles, à analyser les évolutions de la participation politique, la diversité récemment accentuée de ses formes et l’influence des mobilisations sociales jusque dans l’élaboration de la loi. Le développement de la vie associative, plusieurs usages de l’internet ont ou peuvent avoir des implications évidentes sur l’engagement citoyen, lequel en revanche se trouve découragé ou même dans certains cas entravé par les diverses formes que prend la délinquance.

 

 

Ruano-Borbalan, J.-C. (2003). La religion un enjeu pour les sociétés. Sciences humaines : hors-serie, 41, 79

 

On a cru dans les années 1960 et 1970 que le déclin de la religion était irréversible. Les sciences sociales ont alors développé une théorie de la « sécularisation » qui lie la modernisation économique, la rationalité scientifique et le déclin des Eglises. Le retour actuel du religieux met à mal cette interprétation, sans pour autant la disqualifier.

L’Islam avec plus d’un milliard de pratiquants, est la deuxième religion au monde, derrière le christianisme. Le dernier né des grands monothéismes apparait en 622 de notre ère dans l’actuelle Arabie Saoudite. Depuis ses origines, l’Islam a connu des conceptions différentes du politique, qui ont alimenté des visions sociales très éloignées de l’idéal intégriste et simpliste d’un « Etat islamique »

Le christianisme est le courant religieux le plus répandu au monde. Parti de l’Occident dont il a imprégné la civilisation, il s’étend désormais, quoique très inégalement, sur les cinq continents.

 

 

 

(2002). Laïcité, cultures, cultes. Ouvertures, 70, 26

 

 

Troger, V. (2002). La laïcité à la française. Alternatives économiques, 206, 74-77

 

En France, la question de la laïcité a toujours été étroitement liée à celle du statut de l’école. Une spécificité hexagonale.

 

(2001). Islam, école et identité. Le monde de l’éducation de la culture et de la formation, 298, 82

 

Douze ans après les premiers foulards dans l’école, l’islam et l’école républicaine cohabitent presque pacifiquement. parce que l’école a compris que les signes d’appartenance à la religion musulmane sont moins des remises en cause de la laïcite fondatrice que des manifestations d’une culture minoritaire qui veut se faire une place au sein de la société, parce que les cultures qui dessinent une France plurielle ont besoin d’une visibilité dans l’espace public. Si la deuxième religion de France dispense un enseignement coranique, elle n’a pas de réseau éducatif confessionnel. Une absence qui explique que l’école soit en première ligne. Pourtant, en dépit d’un contexte international difficile qui n’est pas sans influence sur les banlieues, l’islam se fond doucement dans la société. Une intégration par l’école, institution dont les familles attendent tout.

 

(2001). Les religions dans la cité. Projet, 267, 142

 

Les religions posent un problème à toute cité. Car elles ne sont jamais purement privées; elles ont d’une façon ou d’une autre, une face publique: comme groupe à part, contre-société, idéales, qui s’inscrivent plus ou moins en rupture, ou comme communautés ouvertes à tous, destinées à exprimer un sens qui fasse signe aux autres, « universelles ». Elles sont, de toute manières, des modes de re-liance entre les personnes autour d’une foi, d’une vision, d’un idéal partagés, autour de pratiques et de rites.

 

 

(2001). Religions et action sociale: l’union sacrée? Le journal de l’action sociale & du développement social, 62, 41

 

En se développant, les actions issues d’initiatives confessionnelles se sont souvent professionnalisées. on y observe une diversification des publics et des professionnels, ainsi qu’un processus d’intégration au sein des politiques sociales. Ces évolutions les poussent à une redéfinition identitaire qui atténue progressivement les différences entre elles.

La présence des mouvements et de personnes animés par des convictions d’origine religieuse est aussi dans l’action que dans l’interpellation publique sur les failles de l’action sociale organisée. parfois au prix de tensions avec leur propre groupe, ils contribuent à l’inventivité du secteur social et à sa recherche d’adaptation à des réalités mouvantes. Leurs réflexions sur l’action et ses fondements, sur les places respectives du professionnel, de la personne accueillie et du bénévole constituent une source de réflexion précieuse pour tous ceux qui s’intéressent aux principes fondateurs de l’action sociale.

La majorité des actions s’inscrit sans difficulté dans une laïcité considérée comme irremplaçable pour organiser la liberté de pensée individuelle et le respect des identités collectives. Toutefois cette conviction partagée s’exprime de façon différente selon l’origine confessionnelle des actions. Le consensus sur la laïcité ne doit pas pour autant occulter la forte imprégnation qui anime certaines franges de la population. Cette question prend une ampleur tout à fait particulière concernant l’islam, même si l’observation des réalités du terrain montre de très nombreuses convergences et initiatives qui permettent de faire progresser la citoyenneté et l’intégration. Les collaborations entre les courants culturels, laïcs comme religieux, qui ont bati et batissent notre diversité offrent la possibilité d’alimenter, de revivifier, voire de créer les valeurs communes fondatrices d’une action sociale plus ouverte sur le droit à la dignité de l’homme.

 

 

(1999). Jeunes et religion. « Plus l’incertitude de l’avenir est grande… » Réussir l’éducation, 40,  36

 

Le sociologue Emile Durkheim posait ce constat apparemment inéluctable d’une disparition progressive de la religion de la sphère sociale en direction de la sphère privée individuelle.

 

Soixante dix ans plus tard, force est de constater que le paysage religieux dans une société laïque et occidentale comme la notre propose à ce titre un double visage apparaissant comme contradictoire. D’un coté des indicateurs qui confirment la thèse de la sécularisation, baisse des pratiques, difficulté du renouvellement des prêtres, des églises qui se vident, et de l’autre de multiples faits, montrant par leur dynamisme que la religion semble ne pas avoir été exclue de toute vie sociale et qui pour beaucoup laisse à supposer un fort retour religieux.

La religion , tout comme tout autre système de pensée et d’action, qu’il soit politique , syndical, associatif…permet d’offrit un milieu d’intégration sociale à l’individu.Par là même, elle contribue aussi, par l’adhésion à une croyance, à la construction de l’identité de la personne.

 

 

Wiesel, E. (1997). Civisme. Le monde de l’éducation de la culture et de la formation, 254, 98

 

Il existe en France des zones de non-droit. Des lieux à part, construits et fonctionnant comme les léproserie d’antan, agglomérats en bordue des agglomérations. Des endroits où les populations livrées à elles-mêmes; condamnées au chomage, jetées à la rue, privées du minimum vital, du plus déterminant signe de reconnaissance, du moindre respect, sont abandonnées à l’arbitraire du plus fort. Il faut applaudir le retour annoncé du civisme, mais sans le rétablissement de certains préalables, comme le respect de la personne dont procède notamment le droit au travail et au logement.

 

 Vidéos

LISBONIS, B. & BOURGADE, S. (Réalisateurs). (2008). Femme(s) et immigration(s) [DVD]. Rouen : CRDP de Haute-Normandie.

 

Le thème de l’immigration a été renouvelé par l’arrivée des femmes en nombre plus important que les hommes après les années 1970.  Les dix films présentés ici apportent, à travers des témoignages et des éléments de réflexion, les informations et le recul nécessaire à des débats constructifs sur la réalité de l’immigration féminine en France.  Ils sont adaptés à un usage collectif aussi bien qu’à des travaux de recherche personnelle.  Ils sont accompagnés de fiches qui présentent chaque film et en donnent le découpage.  Les films dans ce DVD :

1- Une nouvelle donne : diversité et féminisation (10′ 07)

2- Entre représentations et réalités (07′ 00)

3- Une identité composée (08′ 09)

4- Le mariage de la langue française (07′ 50)

5- L’école libératrice? (07′ 20)

6- Liberté et communauté (09′ 52)

7- L’excision, une tradition inacceptable (05′ 43)

8- La laïcité dans la loi de 2004 (09′ 43)

9- Femmes solidaires – femmes citoyennes (08′ 17)

10- Vers l’égalité des chances? (12′ 25)

 

 

 

ULAD, M. & WEKSTEIN-STEG, I (Réalisateurs). (2015). Les Français c’est les autres. En ligne sur la chaîne Youtube d’Infrarouge : https://www.youtube.com/watch?v=12u9PMNEfDc, consulté le 21/09/2016.

 

Tous se disent Français mais aucun ne se sent Français. Le rejet de cette appartenance identitaire est le constat dressé, par un vote à main levée, dans cette classe de lycéens dont la quasi-totalité est issue de l’immigration.

Mohamed Ulad et Isabelle Wekstein–Steg sont allés à leur rencontre pour les laisser s’exprimer et comprendre la complexité de leurs sentiments identitaires. Un dialogue qui donne à réfléchir sur le sentiment de rejet et les discriminations qu’ils subissent, tout en questionnant ce racisme dont ils ont intégré le vocabulaire.

Ce film donne la parole aux lycéens et décrit, dans sa complexité, une certaine réalité de la jeunesse issue de l’immigration, particulièrement d’actualité dans le contexte du débat sur la déchéance de la nationalité et les attentats commis en 2015.

 

 

 

KNECHTEL, A. & P. O., F. (Réalisateurs). (2016). Génération Djihad THEMA ARTE du
28 06 2016 Extrait sur l’ARSEJ.
En ligne sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=NtlNoxvBkdI&feature=youtu.be, consulté le 30/09/2016.

 

Extrait de Théma ARTE du 28 06 2016: Génération Djihad. Présentation du Dispositif de prévention de la radicalisation mis en place par l’ARSEJ en Seine Saint-Denis

 

 Sites Internet

Ensemble on fait quoi ? http://www.ensembleonfaitquoi.fr, consulté le 21/09/2016.

 

« Les attentats du 7 janvier 2015 ont mis en évidence la nécessité de remettre en débat et de retravailler un certain nombre de sujets : les phénomènes de radicalisation? Les questions de laïcité? Le rapport des jeunes à l’Etat? Leur place dans la société? Les questions de vivre-ensemble et de cohésion sociale?…

 

Convaincus qu’une partie des réponses à ces questions sont de nature éducative, et que c’est par le dialogue, l’échange, la confrontation d’idées que l’on fait société, le réseau de la Prévention Spécialisée du Nord, avec la Fédération des centres sociaux et l’association « Laisse ton empreinte », ont lancé un appel large à leurs partenaires pour construire ensemble des réponses pour demain.

 

Rejoints très vite par de nombreux acteurs et riche de cette mobilisation, « Ensemble on fait quoi? » réunit aujourd’hui différents projets :

– Des conférences-débats à l’attention des habitants.

– Un cycle de conférences pour les professionnels.

– Des outils pédagogiques pour travailler ces questions avec les publics.

– Des formations pour les professionnels à l’échelle des quartiers ».

 

 

 

Observatoire de la laïcité : http://www.gouvernement.fr/observatoire-de-la-laicite, consulté le 21/09/2016.

 

« L’Observatoire assiste le gouvernement dans son action visant au respect du principe de laïcité en France.

Il réunit les données, produit et fait produire les analyses, études et recherches permettant d’éclairer les pouvoirs publics sur la laïcité.

Il peut saisir le Premier ministre de toute demande tendant à la réalisation d’études ou de recherches dans le domaine de la laïcité. Il peut proposer au Premier ministre toute mesure qui lui paraît permettre une meilleure mise en œuvre de ce principe, notamment pour assurer l’information des agents publics et privés, des usagers des services publics, des élus et des représentants des cultes.

Enfin, il est consulté par le Premier ministre ou les ministres sur des projets de textes législatifs ou réglementaires. »

 

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Par La rédaction

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