Le terrorisme est-il inscrit au cœur de l’islam ?  

 

Alors que le terrorisme islamique  a durement frappé la France en 2016, à Nice, Magnanville ou encore à Saint-Etienne-du-Rouvray, de nombreuses voix s’interrogent sur la compatibilité d de l’islam avec la démocratie. Certains sites internet complotistes établissement même un parallèle entre islam et le terrorisme. L’islam encouragerait t-il le massacre des « infidèles » ? 

Tout d’abord, à l’instar de la Bible ou de la Torah, le Coran énonce une vision très datée de la justice, sans toutefois jamais appeler explicitement au djihad. Si certaines sourates appellent en effet à la violence, ils sont contrebalancés par d’autres sourates, qui ont la même valeur, appelant au contraire à la tolérance. Ainsi, si la sourate 47 énonce « Quand vous êtes en guerre avec les impies, passez-les au fil de l’épée jusqu’à leur reddition », la sourate 3 contrebalance cette position « Le fait qu’ils soient coupables ne te permet pas de décider de leur sort. C’est à Dieu seul qu’il appartient de leur pardonner ou de les punir ».

L’ambiguïté de l’islam tient donc de la diversité des propos tenus dans le Coran. En effet, l’islam est né suite à la révélation d’Allah que reçoit le prophète Mahomet, au VIème siècle. Cette révélation a été retranscrite dans le Coran, qui signifie « récit » en arabe. Dans la religion musulmane, le Coran n’est pas un texte inspiré de la parole divine, mais serait constitué de paroles de Allah retranscrites par Mahomet. Problème, les lectures du Coran divergent, le texte ayant mis plus de deux siècles à être écrit. Quel courant croire ? C’est la question que chaque croyant est légitime à se poser. Pour l’universitaire malaisien Farouk Peru, l’extrémisme violent s’inscrit dans cette « diversité des courants de l’islam » et « ne relève pas fondamentalement de l’islam mais d’une interprétation extrémiste de l’islam ». Pour éviter l’utilisation politique des sourates violentes au nom de l’islam, certains intellectuels réclament que soit clairement distingué dans le Coran ce qui relève du Coran et ce qui relève des haddith, de simples propos prêtés au prophète Mahomet.

Enfin, l’utilisation du nom de Dieu pour porter des frustrations identitaires ou des combats politiques n’est pas propre aux islamistes. La religion a souvent été l’un des prétextes permettant de justifier les idéologies guerrières, à l’image des croisades, réalisées au nom de la chrétienté. Pour le philosophe René Girard, en engendrant une soumission de l’homme basée sur des prescriptions et des interdits, le sacré peut susciter et engendrer de la violence. Les islamistes utilisent ainsi ces failles pour appeler au meurtre des « infidèles », au nom d’une version arrangée de l’islam.

Par La rédaction

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