Affaire du burkini : le rôle controversé des médias et réseaux sociaux

Polémique apparemment insignifiante, l’affaire du burkini est rapidement devenue virale, s’imposant dans les médias durant l’été et déclenchant des réactions politiques violentes. Dans un contexte focalisant sur les questions liées à l’identité, à la sécurité et à la place de l’islam au sein de la société française, le burkini a aussi déclenché de nombreuses accusations sur le traitement de l’information et notamment la production des images.

Partie d’un fait divers n’impliquant qu’une poignée d’individus, l’affaire du burkini a rapidement enflée jusqu’à donner lieu à une confrontation politique violente. Rendue sensible par son lien avec la question de l’Islam en France et amplifiée par les réseaux sociaux, cette polémique est également révélatrice d’une forme de manipulation de l’information.

En réponse, plusieurs maires de différentes régions côtières ont pris la décision d’interdire le port du burkini sur les plages de leur commune. Ces arrêtés se sont vu annulés par le Conseil d’Etat, dans la mesure où ce vêtement ne constituait pas une menace pour l’ordre public ni pour la laïcité.

Si cette controverse juridique n’a finalement concerné qu’un nombre très restreint de cas, le retentissement que le port du burkini a suscité a été considérable, certains médias étrangers, notamment anglo-saxon, dénonçant une vision étroite de la France vis-à-vis de l’Islam ainsi que l’installation d’une psychose au sein de son opinion publique.

En contrepartie, les médias français ont accusé leurs confrères d’un manque d’objectivité. A cet égard, Libération a plus particulièrement visée la chaîne australienne Channel 7 pour un reportage cherchant à véhiculer l’image de Français foncièrement hostiles aux musulmans depuis les attentats de 2015 et 2016. D’autres grands journaux nationaux se sont joint au quotidien pour pointer du doigt les manipulations d’images auxquelles la chaîne australienne avait eu recours.

Mais l’affaire du burkini a également été l’occasion de donner libre cours à de telles pratiques sur internet. Elle a ainsi permis aux mouvances d’extrême-droite d’imprimer leur marque sur le débat public jusqu’au niveau politique, grâce à l’effet démultiplicateur des réseaux sociaux.

Ces derniers ont révélé, par là-même, l’influence qu’ils peuvent conférer à des groupes organisés disposant d’une forte capacité de mobilisation sur la toile. D’où la nécessité, pour les médias comme leur public, d’une grande prudence dans l’analyse de l’information.

 

Pour plus d’information :

La polémique autour du burkini s’accompagne également de thèses conspirationnistes. http://bit.ly/2f6Gxyu

Par La rédaction

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