L’élection de Donald Trump influencée par la Russie ?

La conspiration aurait-elle changée de camp ? Les partisans de Donald Trump ont souvent été prompts à dénoncer les complots ourdis par les administrations Obama et sa secrétaire d’État, Hillary Clinton. Un rapport de la CIA est cette fois-ci venu mettre en cause l’élection de Donald Trump, nouveau président des Etats-Unis, dont l’élection aurait été influencée par la Russie. James Dowson, un militant d’extrême-droite anglais, était au cœur d’un système visant à discréditer Hillary Clinton, adversaire de Donald Trump lors des dernières élections présidentielles américaines.

 

James Dowson est un ancien pasteur nord-irlandais. Farouchement opposé à l’avortement, il rejoint le British National Party au milieu des années 2000, avant de fonder « Britain First » (« La Grande-Bretagne d’abord » en anglais), un parti anti-immigration défendant les valeurs anglaises face à une supposée invasion islamique en Europe. Sa stratégie ? Utiliser internet et les réseaux sociaux pour diffuser ses idées « nous devons utiliser la culture populaire pour rentrer dans les salons de la jeunesse américaine, britannique, française ou allemande, et leur faire passer ce message ». Ce message, c’est celui du rejet de l’immigration et d’une défense du nationalisme, un discours porté par Vladimir Poutine, le président russe, en Europe.

 

Alors que la campagne présidentielle américaine n’en était qu’à ses bégayements, James Dowson partage un message à tous les contributeurs de ses sites « déversez du contenu anti-Clinton et des memes pro-Trump sur les profils de la frange de la population trop déçue de la politique pour avoir pris la peine de s’informer de quoi que ce soit des campagnes politiques classiques ». Depuis l’Angleterre, Dowson réalise une campagne de dénigrement sans précédent de Hillary Clinton, diffusant sans relâche de fausses informations sur le compte de la candidate démocrate, l’accusant d’être une meurtrière un jour, et d’avoir une doublure le lendemain. S’il est difficile de quantifier l’impact de ces actions de dénigrement, la prédominance de ces articles sur internet a indéniablement favorisé la victoire de Donald Trump, une récente étude ayant prouvé que la majorité des gens lisant des histoires fabriqués sur Facebook étaient enclins à les croire.

 

Le problème, c’est que ses histoires sont souvent montées de toutes pièces. James Dowson est un expert de la fabrication de celles-ci, destinées à influencer le résultat de l’élection américaine au profit de Vladimir Poutine, qu’il soutient inconditionnellement. Proche du pouvoir russe, M. Dowson est intervenu à une conférence rassemblant des leaders de partis d’extrême droite européens, à Saint-Pétersbourg, en Russie, en mars 2015. Il faut dire que l’élection de Trump a été une bénédiction pour le président russe, de par la volonté du républicain de laisser au Kremlin les mains libres en Syrie.

 

« Patriot News Agency » est l’un de ces sites, dont chacune des publications anti-Clinton était partagée des dizaines de milliers de fois. Relié à une galaxie de sites internet, « Patriot News Agency » a été un farouche défenseur de la candidature de Donald Trump. Ce site ne fait pas mystère de son soutien au candidat républicain. Sitôt entré sur le site, on y est invité à liker son soutien à Donald Trump. Une minute plus tard, on propose à l’internaute de voter : Trump devrait-il expulser immédiatement tous les travailleurs clandestins ? Deux choix s’offrent : répondre positivement ou fermer l’annonce. On  a connu plus démocratique.

 

Selon la CIA, des hommes politiques européens, influencés par la Russie, ont donc organisé une campagne visant à diffuser des informations fausses sur Hillary Clinton, pour la discréditer et favoriser l’élection de Donald Trump. Une chose est sûre, ces sites, pour beaucoup dirigés par James Dowson, ont eu une grande influence sur le résultat de l’élection présidentielle américaine. Lors d’une récente interview à Belgrade, où il avait rencontré des nationalistes serbes, James Dowson avait annoncé la couleur : « La ligne directrice, c’est Brexit, Trump et beaucoup plus dans le futur ».

 

 

Par La rédaction

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