Hamon, Mélenchon, Macron et Fillon : des pro immigration à la manœuvre ?

Lorsque l’on parle d’immigration sur les sites complotistes, il est de bon ton de mettre tous les candidats hors extrême droite dans le même sac, dans une rhétorique qui rappelle la critique de « UMPS », cible préférée du Front national. De récents articles sont venus critiquer les candidats de la droite, du centre et de la gauche à l’élection présidentielle 2017, les assimilant tous à des « mondialistes, ennemis des peuples et de leur identité ». Si la question de mettre en place une politique d’immigration souple peut être discutée, les politiques prônées par ces candidats sont radicalement différentes, quoi qu’en dise ces complotistes. Retour sur les programmes des quatre candidats mis en cause : François Fillon, Benoit Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron.

Vainqueur de la primaire de la droite et du centre, François Fillon ne peut pas être accusé de cécité sur l’immigration. Le chapitre consacré à ce sujet figure en bonne place dans son programme. Il propose entre autres de subordonner l’immigration familiale à une perspective d’intégration, mais aussi d’inscrire dans la Constitution le principe selon lequel l’immigration dépend de la capacité d’accueil de la France. Il souhaite réformer l’espace Schengen, qui garantit la libre circulation en Europe, en facilitant le rétablissement des contrôles aux frontières des États de l’Union européenne (UE), pour limiter l’arrivée illégale en France de migrants qui auraient franchi les frontières extérieures de l’UE.

 

Rien à voir donc avec le programme de Benoit Hamon. Ce dernier souhaite créer un visa spécial ouvert aux personnes en situation de détresse humanitaire, pour accueillir temporairement les réfugiés fuyant la guerre. Pour « Riposte Laïque », Benoît Hamon oeuvrerait dans la continuité de la politique « immigrationniste » menée par François Hollande depuis 2012. Problème, cette assertion se confronte à la réalité des chiffres : en 2015, 80 000 migrants ont déposé une demande de protection en France. Seuls 26 700 ont obtenu le statut de réfugié.

 

Jean-Luc Mélenchon a lui créé la polémique, à gauche, par ses positions sur l’immigration, loin de « l’ouverture en grand des frontières » que croient voir les sites complotistes. Dans son livre « Le choix de l’insoumission », paru le 8 septembre dernier, il déclarait « Une fois que les gens sont là, que voulez-vous faire ? Le rejeter à la mer ? Non, c’est absolument impossible. Donc il vaudrait mieux qu’ils restent chez eux ». Une ligne politique qui a fait sursauter plus d’un à gauche de l’échiquier politique, à commencer par Benoit Hamon.

 

Enfin, Emmanuel Macron, fondateur du mouvement « En Marche » n’a toujours pas dévoilé son programme. Il devrait cependant être assez accueillant envers les migrants. Il a récemment déclaré à la chaine israélienne i24 News sa confiance dans les capacités de la France pour absorber les arrivées de réfugiés « Je crois que si cela est fait dans le bon ordre, de manière intelligente, c’est une opportunité pour nous ». Présentant des programmes radicalement différents, les quatre principaux candidats à l’élection présidentielle ne sont donc pas ces « moutons mondialisés », que dénonce « Riposte Laïque ». Quand les inquiétudes se dissipent, une question reste : à qui pourraient bien profiter ces allégations mensongères ?

Par La rédaction

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