Les tourtereaux djihadistes qui voulaient faire sauter la tour Eiffel

Ils s’aimaient, lui voulait se faire exploser sur la tour Eiffel et elle l’aurait aimé pour cela… Mais au final, ils ont juste raté leurs vies. 

Tout a commencé sur internet à l’été 2016. Les deux ados se rencontrent en ligne. Lui a 20 ans et est au chômage, elle a 16 ans et retape sa 3ème. Ils se rejoignent dans le Gard où il est envoyé pour faire une formation, une autre, dont il est viré pour violences et absentéisme. Privé de toit, il s’installe dans le local technique de la résidence où vit celle qui est désormais sa petite amie. Il passe ses journées sur le web, navigue sur des sites bizarres en se connectant via sa console de jeu PS3 avec son pseudo « Weed Weed War », tout un programme.

Ensemble, peu à peu, ils fomentent un projet qui doit bouleverser leurs vies : un attentat « symbolique » qui aurait « tout chamboulé au niveau économique », comme le rapporte Le Monde qui a pu prendre connaissance de l’enquête de la sous-direction antiterroriste et reconstituer le parcours incroyable de ces deux tourtereaux djihadistes. Quelle cible ? Un truc moche, qu’aucun des deux n’a jamais vu, mais dont ils se disent que ça aura un gros impact : la tour Eiffel.

Sur Internet, ils trouvent toutes les infos dont ils ont besoin. Ils cherchent des armes, achètent des produits chimiques pour préparer les explosifs (71g de TATP ont été saisis lors des premières perquisitions). D’après leurs estimations, 10 personnes étaient nécessaires pour conduire cette attaque.  « Un devait grimper sur les pieds, un autre devait lancer de la fumée pour détourner l’attention. Un autre devait tirer des coups de feu sur les militaires qui devaient alors intervenir à ce moment-là », a expliqué l’amoureuse aux enquêteurs, après son interpellation.

Lui était déjà fiché S. Il avait tenté de rejoindre la Syrie mais son projet avait avorté. Il était assigné à résidence depuis le 3 décembre 2016 après avoir été intercepté à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. C’est après cet échec qu’il aurait mûri son projet d’attentat contre la tour Eiffel, et entraîné sa promise dans son tragique sillage.

Tout s’est arrêté le 10 février dernier, quand les deux amoureux ont été interpellés. Leur projet « magnifique » ne verra jamais le jour. Angela a été menottée au pied de son lit, chez sa mère, dans l’agglomération montpelliéraine. Lui dans un petit F3 prêté par des amis, à Clapiers (Hérault), pas très loin, raconte Le Monde.

En garde à vue, l’apprenti djihadiste a confié : « La France, ça m’énervait, je n’avais pas d’avenir. »

 

Par La rédaction

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