Les djihadistes sont-ils des héros ? Non, des losers.

Dans une tribune publiée dans Le Monde, le politologue Olivier Roy brosse un portrait-robot de ceux qui se sont engagés dans les récentes attaques terroristes en Europe (Magnanville, Saint-Etienne-du-Rouvray, Nice, le marché de Noël de Berlin et, dernièrement, Londres).

Pour lui, loin d’être des héros, des combattants professionnels aguerris, les auteurs des récentes attaques sont des « losers », des amateurs, des marginaux. Les individus qui nourrissent des projets d’attentats sont, explique Roy, principalement des individus marginalisés et isolés. Selon lui, « pour passer à l’action, il ne reste plus que les losers, les paumés, les isolés, les déracinés et les gamins, bien loin de toute révolte communautaire et de toute guerre civile ».

« Le tueur de Nice, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, né en 1985, est un petit délinquant, peu religieux, violent, qui entretient de nombreuses liaisons (y compris homosexuelles), boit, ne va pas à la mosquée. C’est un profil très proche de Ziyed Ben Belgacem, qui a attaqué une patrouille militaire à Orly : ancien délinquant, toxicomane, il avait bu avant de passer à l’action. Le même profil que l’homme, en état d’ébriété, qui a renversé des passants avec sa voiture à Anvers jeudi 23 mars, si le caractère terroriste de l’action est avéré. Anis Amri, qui a, lui aussi, utilisé un camion contre le marché de Noël de Berlin, en décembre 2016, est un petit délinquant tunisien qui mène une vie errante en Italie, et s’est radicalisé sur le tard (en 2015) après un séjour en prison », détaille Olivier Roy.

Quant au tueur de Londres, Khalid Masood, un métis anglo-jamaïcain de 52 ans. Il rentre lui aussi da,s cette catégorie de losers, d’instables. « Il a mené une vie erratique avant de finir en prison, où il se convertit à l’islam. Il a déménagé, on l’a dit, quatorze fois avant de se fixer tardivement à Birmingham. Comme pour les précédents, sa radicalisation n’a donc rien à voir avec une socialisation dans une communauté musulmane salafisée profitant du multiculturalisme anglais », précise Roy.

Par ouimaisnon

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