Le complotisme est un facteur de radicalisation

Pour le sociologue Gérald Bronner, spécialiste de la pensée extrême et des croyances collectives, « Internet consiste en une vaste dérégulation du marché de l’information » qui a permis l’essaimage des radicalités.

Or, estime Bronner, « ces argumentations disponibles pour tous sont convaincantes car elles flattent les pentes les moins honorables de l’esprit ». Cela représente un danger et peut avoir de graves conséquences, par exemple en matière de santé publique. Ainsi, la méfiance à l’écart des vaccins progresse très fortement depuis les années 2000. En 2010, précise le sociologue, 40% des Français se méfiaient des vaccins…

Dans ce vaste marché de l’information, des formes d’argumentation qui attisent la peur se répandent plus facilement, explique-t-il. C’est ce qu’il nomme la « démagogie cognitive ». Les rumeurs, et fausses informations, elles aussi se propagent à grande vitesse. Sur internet, à cause de la croissance exponentielle de l’information et sa disponibilité, « la force de la rumeur est démultipliée ».

Quid du complotisme ?

Le complotisme prospère sur Internet. Après les attentats contre Charlie Hebdo, indique Bronner, les théories du complot ont proliféré. Mais la nouveauté, c’est le nombre d’arguments échangés en faveur des théories du complot : plus de 100, a compté le sociologue, qui explique qu’internet permet une agrégation de ces arguments, formant un « mille feuilles argumentatif ». Il en résulte une sorte de « méga-théorie du complot » qui met tout en cause.

« Le scepticisme sans méthode conduit à la crédulité », dit Bronner. Lorsqu’on commence à douter de tout, sans distinction, sans critique sur le doute qu’on développe, cela devient dangereux.

Il y a un lien entre le complotisme et la radicalisation

Les théories du complot ne sont pas un phénomène marginal 20% des Français croient aux Illuminati, précise Bronner et 50% des Français se déclaraient récemment adeptes d’une certaine vision conspirationniste (estimant que certaines choses ne nous sont pas dites).

Enfin, le conspirationnisme est un facteur de dérive sectaire et de radicalisation. La plupart des djihadistes, note Bronner, sont porteurs d’items et de croyances conspirationnistes. Là encore, internet a changé la donne. Auparavant, l’isolement géographique, les distances, faisaient qu’il était difficile pour un complotiste de communiquer avec un autre complotiste. Mais avec internet se développe un complotisme de groupe puisque les obstacles géographiques ont disparu.

Par La rédaction

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