Les théories du complot les plus absurdes sur l’origine du SIDA

Il n’y a qu’à taper « virus sida n’existe pas » sur Google pour voir l’étendue des dégâts… Les premières pages de résultats font apparaître des dizaines de sites qui nient l’existence du virus, ou bien du lien entre le VIH (le virus) et le Sida (la maladie).

Pour qualifier ce phénomène, on parle de négationnisme, comme pour la Shoah.

Des négationnistes du sida, il y en a des tas sur Internet. En gros, on peut les classer en trois catégories, comme le fait L’Obs.

  • les adeptes des théories du complot en tous genres, des illuminati à ceux qui pensent que la CIA est derrière tous les événements majeurs de la planète ;
  • les partisans de l’ésotérisme, qui croient aux vertus de trucs bizarres comme le venin de serpent, la corne de rhinocéros, les ovnis… et que le sida n’existe pas vraiment, ou qu’il a d’autres causes que le Vih ;
  • ceux qui servent objectivement une cause – la défense de l’Afrique, l’attaque de l’impérialisme états-unien, le racisme ou l’homophobie, la promotion des médecines alternatives ou des tradithérapies, les mouvements antivaccin, etc.

C’est dans ce dernier groupe, note l’Obs, qu’on trouve le plus de pseudos-scientifiques qui détournent les véritables théories scientifiques ou bien exploitent les failles, inévitables, ou les zones d’ombre de certaines d’entre elles.

De l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki à Dieudonné, en passant par des groupements néo-scientifiques comme le « Perth Group« , une association de médecins australiens, les négationnistes du Sida sont légion, et Internet leur offre une fantastique tribune. La thèse selon laquelle c’est le vaccin contre la polio qui serait à l’origine de l’épidémie a par exemple été largement diffusée par le journaliste britannique Edward Hooper, à travers son livre The River: A Journey to the source of HIV ans AIDS, a polarisé ce phénomène.

Pour tenter de lutter contre le négationnisme scientifique, des institutions comme le National Institute of Allergy and Infectious Diseases mettent régulièrement en ligne des articles répondant très précisément aux faux arguments développés par les négationnistes, ou encore le célèbre magazine de référence scientifique Nature qui a par exemple publié une réfutation des thèses d’Edward Hooper sur. 

Topito a fait la liste des 8 fausses théories les plus absurdes sur l’origine du Sida, les voici :

    1. « Le vaccin anti-polio qui a mal tourné
      Quand une catastrophe survient, comme par exemple une épidémie planétaire, on se dit que quelqu’un, quelque part, a fait une grosse connerie. Par exemple ces mecs qui ont mené une campagne de vaccination dans l’ex-Congo Belge à la fin des années 1950. L’impossibilité de recenser un cas positif au VIH avant cette campagne de vaccination et l’hypothèse que ces vaccins ont été cultivés sur des reins de chimpanzé (on n’y connait rien, mais bon… ça sent quand même le nid d’emmerdements) renforcent les partisans de cette histoire malgré les différents travaux visant à éteindre cette théorie.
    2. L’arme virale testée sur des prisonniers
      C’est un scientifique d’Allemagne de l’Est, Jakob Segal, qui a porté cette théorie : en mixant deux virus, les Américains auraient concocté en 1978 le virus ultime pour l’emporter sur l’URSS. Ce mélange de Visna-maëdi (une maladie touchant les moutons) et de rétrovirus T-Lymphotrophique responsable de certaines leucémies aurait été injecté à des prisonniers contre une libération anticipée. La connerie. Mais cette théorie épouvantable serait l’invention du KGB, l’opération « Infektion », dans un effort de propagande assez créatif. C’est sûrement faux, mais ça ferait un bon film.
    3. L’opération anti-gay
      C’est Alan Cantwell, dermatologue réputé (mais bon… dermatologue quand même) qui balance cette bombe dans les années 1980 : face à la prolifération d’homosexuels aux États-Unis, une seule solution, véroler les vaccins contre l’hépatite B et attendre que ça se passe. On parle là d’un type qui a signé dès 1984 un bouquin appelé « SIDA : le Mystère et la Solution ». Un champion.
    4. Le contrôle de la population vraiment efficace
      Là encore, on est sur un virus conçu en labo dans les années 1970 par les Américains. Mais l’objectif n’est pas de botter le cul des communistes, mais de réguler la population. Un peu comme la politique de l’enfant unique, mais avec un virus bien tordu. C’est en tout cas la théorie du dénommé Leonard Horowitz, un dentiste qui met Ebola et le SIDA dans le même sac. Le même Léonard a récemment raconté à Al Jazeera que le vaccin contre le H1N1 était conçu pour stériliser les Musulmans. Un bon gros fouteur de merde.
    5. Une arme biologique contre les noirs
      Extension de la théorie précédente, mais cette fois ci pour réguler la population « afro-américaine ». Le Reverend Jeremiah Wright en est sûr en 2008, le gouvernement américain est en guerre contre les blacks. Il aura pour cela fait appel à un contractant du genre Umbrella Corp pour mettre au point l’arme ultime.
    6. Le SIDA n’existe pas. En tout cas, il n’a rien à voir avec le VIH. Selon Peter Duesberg, éminent biologiste, le SIDA n’est que le symptôme d’une déficience immunitaire due à la consommation de drogues ou à la malnutrition. Il sont plusieurs milliers à refuser l’origine virale du SIDA, certains aujourd’hui repentis et les autres taxés de négationnisme. Il faut dire que si Duesberg avait rallié quelques partisans au début, ses déclarations sur « le mode de vie des malades » l’ont privé du soutien de la communauté homosexuelle.
    7. Le SIDA n’est qu’un nom nouveau donné à une vieille maladie en Afrique
      On aurait constaté que plein de gens dans les pays les plus pauvres souffraient d’un problème immunitaire lié à leurs conditions de vie misérables. Le lien est facile : Les populations les plus pauvres sont davantage exposées à cette maladie, c’est donc forcément lié à la malnutrition. Pas de bol, dans d’autres coins (en Ouganda notamment), il y a davantage de décès liés au VIH dans les catégories les plus aisées de la population. En Afrique du Sud, la maladie a davantage progressé que la population alors que les revenus se sont également élevés. Ce n’est donc pas (seulement) la « maladie du pauvre ».
    8. Une invention des laboratoires, la théorie « Big Pharma »
      Ça se fait avec les virus informatiques, alors pourquoi ne pas imaginer que les salopards qui dirigent les grands labos, non contents de profiter à plein régime de la Sécurité Sociale et de freiner au maximum le développement des génériques, inventent cette histoire de virus pour vendre à prix d’or le vaccin. C’est en substance la théorie développée par le documentaire The House of Numbers de Brent Leung. Si vous êtes curieux, on le trouve sur Youtube, une preuve qu’il faut garder son cerveau bien branché quand on regarde un documentaire. »
 Bon, et pour connaître vraiment l’histoire du VIH, voici un bon documentaire, sérieux :
Par La rédaction

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