Marine Le Pen lance une « fake news » sur un compte offshore d’Emmanuel Macron aux Bahamas

Dans les dernières minutes du débat de l’entre deux tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, la candidate du Front national lace : « J’espère qu’on n’apprendra pas que vous avez un compte offshore aux Bahamas« .

Cette rumeur, proférée sans aucune preuve, a commencé à circuler sur les réseaux sociaux quelques heures avant le débat et relayés par des comptes liés à la Russie. Le site de fake news Dreuz.info a mis en ligne des documents « légaux et bancaires », dont Dreuz lui-même assure qu’il n’a pas été en mesure d’en vérifier l’authenticité.

Dans le premier « document » qui circulé sur les sites de fake news, on voit une signature similaire à celle d’Emmanuel Macron, en dernière page d’une sorte d’accord concernant une société « La providence ». Le deuxième document est un fax à en tête de la First Caribbean Bank, basée aux Bahamas, adressé par un certain Brian Hydes à un dénommé Richard Palmer (les noms font très série TV !) au sujet de cette société.

Fake news

Tout cela est invérifiable. La seule chose que l’on peut dire est que les noms choisis font très série TV, que l’accord semble être un montage grossier, que le fax à en tête paraît absurde. Tout cela, pourtant, et c’est le propre des fausses informations, semble vrai. L’effet recherché est atteint : lancer une rumeur, même bricolée à la va-vite, juste avant le débat le plus important de cette élection, pour permettre à Le Pen d’attaquer Macron. Le temps que ces fausses informations soient démontées, ce sera trop tard : tout le monde en aura parlé, et cela aura semé le doute dans certains esprits prompts à y croire.

« Je n’ai pas de compte aux Bahamas », a démenti Emmanuel Macron jeudi 4 mai sur France Inter. « Je n’ai jamais eu de comptes dans quelque paradis fiscal que ce soit, d’abord parce que ce n’est pas mon tempérament, ni ma nature profonde, ensuite parce que j’ai toujours voulu revenir dans la chose publique », a-t-il poursuivi. « Quand j’ai passé à peu près 4 ans dans la sphère privée, étant un esprit prévoyant, je me suis gardé d’avoir quelque conflit d’intérêts que ce soit et d’avoir quelque pratique de ce type que ce soit, parce que je me suis dit que je ne saurais pas l’expliquer à nos concitoyens« , s’est-il encore expliqué, en dénonçant un matraquage de « fausses annonces et de mensonges« , parfois sur des sites « liés à des intérêts russes« . « Il y a des gens qui se sont parlé et se sont organisés« , a-t-il souligné. « Tout cela est factuellement faux« , a-t-il ajouté. « Je regrette que la tournure du débat aille dans ce bas-fond« .

Par La rédaction

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