De la théorie du complot au djihad

Plusieurs spécialistes, dont le sociologue Gérald Bronner, sont interviewés dans la video ci-dessous, réalisée par Spicee, afin de comprendre le lien entre conspirationnisme et radicalisation, notamment religieuse.

Le lien entre théorie du complot et radicalité a été, notamment, étudié par une étude de chercheurs néerlandais publiée dans le Social Psychological & Personality Science journal]. Selon Bronner, le glissement d’un récit complotiste vers une forme de radicalisation religieuse est un processus incrémentiel, qui fonctionne par ajouts successifs, « comme un escalier dont les premières marches sont petites », explique-t-il dans une interview au JDD.

« La conclusion de la radicalisation, c’est souvent des croyances tellement absurdes que si vous connaissiez ces croyances avant d’emprunter l’escalier, vous n’y croiriez pas et vous reculeriez tout de suite ». Bronner cite l’exemple de Dieudonné. Mais il y a deux Dieudonné, explique-t-il : celui qui a fait des campagnes contre le FN dans les années 90, et celui de 2016, qui a voulu que Le Pen soit le parrain de sa fille et verse dans un délire antisémite et complotiste. « Qu’aurait pensé le Dieudonné de ces années-là du Dieudonné de 2016? Il n’aurait probablement pas cru qu’il allait devenir comme ça, parce qu’il n’aurait pas vu la somme des étapes qui l’ont conduit à un virage à 180 degrés », dit Bronner. « Les théories du complot sont souvent une première étape : avoir l’impression de vivre dans un monde où on nous ment. Imaginez un adolescent, par exemple, qui cherche de bonnes raisons de détester le monde des adultes : s’il découvre une proposition selon laquelle son malaise est dû au fait que le monde des adultes est mensonger et pas au fait qu’il est fragile psychologiquement parce qu’il se construit, il va être sauvé de lui-même. Il fera partie des élus qui détiennent la vérité », analyse le sociologue.

 

 

Par La rédaction

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