« Effet Mandela » : la réalité n’est pas celle que vous croyez

L’effet Mandela fait le buzz chez les conspirationnistes. Ce phénomène de distorsion de la mémoire suscite les théories les plus farfelues sur l’irréalité du réel… ou comment ce qu’on voit n’est que le produit d’une immense conspiration !

Quoi, vous n’avez jamais entendu parler de l’ « effet Mandela »… Pas possible, vous ne vivez pas dans notre monde !

Oui, oui, Nelson Mandela, la légende, détenu pendant 27 ans dans les geôles sud-africaines, qui a libéré son peuple et est devenu le premier président noir d’Afrique du sud en 1994. Vous voyez ? C’est lui :

Donc, il y a un truc qui s’appelle « l’effet Mandela », mais qui n’a pas grand chose à voir avec l’action du grand homme que fut Nelson. On va vous expliquer, mais tenez-vous bien car c’est un truc de dingue, un peu comme ça…

Alors l’effet Mandela, rapidement, c’est une distorsion de la mémoire, c’est-à-dire qu’on se rappelle d’événements qui ne se sont jamais produits, ou bien on pense que certains événement se sont produits d’une certaine manière, alors que c’est pas le cas.

Qu’est-ce que Nelson Mandela a à voir là-dedans ?

Et bien justement, tout a commencé avec lui. Ou plus exactement avec une femme, Fiona Broome qui, lors d’une discussion avec des amis en 2005, a pris conscience du fait que tous (elle comprise bien sûr) pensaient que Nelson Mandela était mort en 1980, en prison. Pourquoi en 1980 ? C’est comme ça. Mais du coup, Fiona Broome, elle a commencé à cogiter à fond, et elle s’est rendu compte que pleins de trucs qu’elle pensait s’être produits à une date… s’étaient déroulés à une autre date, en cherchant bien.

Un phénomène planétaire

Fort de cette spectaculaire découverte, elle a créé un portail officiel et un subreddit en 2013 consacrés à ce phénomène, baptisé… « l’effet Mandela ». Très rapidement, ça attire un max de gens convaincus, comme Fiona Broome, que les choses ne se sont pas tout à fait passées comme on dit ou on pense que ça s’est passé.

Dans tous les domaines, des gens se fédèrent autour du phénomène. Certains sont par exemple convaincus que la fusillade de Colombine qui s’est déroulée le 20 avril 1999 a en fait eu lieu… en 1996. D’autres soutiennent mordicus que l’homme (resté anonyme) qui a fait face à un char sur la place de Tienanmen en 1989 s’est fait écraser (alors que le tank l’a contourné et que cet homme, qui n’est pas mort, est devenu le symbole de la non-violence). D’autres encore affirment que certains pays comme la Nouvelle-Zélande ou le Sri lanka ne se trouvent pas là où ils se trouvent sur les cartes… La liste des plus incroyables croyances alternatives se trouve ici.

La réalité n’est pas la réalité

L’effet Mandela est devenu un « must » des théories conspirationnistes. L’idée générale sous-tendue par l’effet Mandela est, d’après ceux qui y croient, que la réalité n’est pas la réalité, que ce que l’on voit n’est pas ce que l’on voit

Ca ne vous rappelle rien ?

Le film Matrix (1999) décrivait un monde réel masqué par une réalité virtuelle. Et justement, l’effet Mandela, c’est comme les bugs qui surviennent parfois dans la Matrice des frères Wachowski : ça fait surgir un éclat de réalité, la vraie, celle qui est normalement masquée…

Comme ici :

Quoi, vous trouvez ça dingue ?? Elle, par exemple, elle y croit à fond !

Des explications plus sérieuses existent au sujet de ces perturbations mémorielles, ou biais cognitifs, comme disent les spécialistes. Depuis longtemps, les chercheurs en neurosciences nous mettent en garde contre notre mémoire (honnêtement, a-t-on besoin des chercheurs en neurosciences pour savoir que notre mémoire n’est pas infaillible ?!).

Notre cerveau, qui réagit à des tas de stimuli venant de l’extérieur, et qui est une machine extrêmement complexe, peut nous induire en erreur, reconstruire un événement passé avec des paramètres recomposés… et donc se planter de date ! En outre, nous sommes sensibles aux opinions et croyances des autres et une opinion différente peut remettre en cause la nôtre (heureusement d’ailleurs). Ca s’appelle la suggestibilité, ça signifie que ce que racontent les autres a une influence sur nos propres souvenirs. Exemple (souvent vérifié lors des témoignages judiciaires par exemple) : quand plusieurs personnes affirment qu’un crime a eu lieu à une certaine heure, d’autres témoins auparavant persuadés que ça s’était passé à une autre heure vont modifier leur souvenir pour s’accorder avec celui de la majorité). Pour ceux qui veulent approfondir, voir par exemple cet article. 

Pour tout comprendre, en détail, regardez cette vidéo, pas mal faite, qui vous récapitule tout :

Par La rédaction

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