Radicalisation : Paris et Londres durcissent le ton contre les réseaux sociaux

A l’occasion de la visite en France de Theresa May, la Première ministre britannique, Paris et Londres ont encore durci le ton face aux intermédiaires du Net, accusés de ne pas faire assez d’efforts pour supprimer les contenus haineux.

Emmanuel Macron a ainsi mis en cause la responsabilité des réseaux sociaux, sans les nommer. Le chef de l’Etat estime que les engagements pris par les « opérateurs en ligne » demeurent insuffisants et doivent être renforcés afin, notamment, de « supprimer les contenus qui promeuvent, dans tout type de média, la haine et le terrorisme ».

Facebook, Twitter et Youtube dans le collimateur

Facebook, Twitter et Youtube sont dans le collimateurs des Etats européens depuis plusieurs mois. Ils sont accusés, au nom de la liberté d’expression, de ne pas supprimer les contenus haineux et les comptes qui les propagent.

Dans le prolongement du Sommet du G7 en Italie, la France et le Royaume-uni, particulièrement ciblées par le terrorisme, sont de plus en plus sévères à l’égard des réseaux sociaux. Les deux pays souhaitent lancer un plan d’action afin de s’assurer « qu’Internet ne puisse être utilisé comme un espace sûr pour les terroristes et les criminels ».

Parmi les options sur la table, la création d’une nouvelle responsabilité légale, avec amende en cas d’infraction, pour les intermédiaires du net qui ne suppriment pas assez vite les contenus signalés, comme en Allemagne où un projet de loi adopté en conseil des ministres prévoit des sanctions financières pouvant aller jusqu’à 50 millions d’euros pour les opérateurs qui ne suppriment pas les contenus incriminés dans les délais impartis.

Le problème du signalement

Le problème se situe également en amont, au niveau du signalement de ces contenus. Côté intermédiaires du Net, comme chez Facebook, on se défausse en rappelant que c’est aux utilisateurs de signaler des contenus sensibles, haineux par exemple. Irrecevable pour les Etats qui poussent ces acteurs à développer de nouveaux outils permettant de signaler plus efficacement ce type de contenus.

Aller plus vite pour prévenir la radicalisation

Fin 2016, un plan d’action avait été élaboré par le G7 visant à « collaborer avec les entreprises actives dans le cyberespace, y compris les fournisseurs de services Internet et les administrateurs d’applications pertinentes, pour faciliter les enquêtes antiterroristes, notamment la collecte des données requises, et contrer l’utilisation d’internet à des fins terroristes en vue de recruter des adeptes, de les radicaliser et de les inciter à la violence ».

Des efforts ont pourtant été fournis par les opérateurs du web. Selon une étude réalisée par la Commission européenne, les réseaux sociaux sont de plus en plus réactifs face aux contenus haineux en ligne, bien que les efforts produits soient inégaux : Facebook et Youtube apparaissent ainsi plus efficaces que Twitter (voir ici). Ces efforts sont cependant jugés insuffisants par la France et le Royaume-Uni.

Une étape supplémentaire vient d’être franchie. Paris et Londres sont bien décidées à faire pression sur les intermédiaires du Net pour qu’ils assument leur responsabilité dans la diffusion de contenus haineux en ligne, dont on sait qu’il joue un rôle majeur dans les trajectoires de radicalisation.

Par La rédaction

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