Gab, le nouveau réseau social de la fachosphère anglo-saxonne

C’est le réseau social qui a le vent en poupe dans la « fachosphère » anglo-saxonne. Pour les tenants de l’alt-right, « Gab » est en effet un nouvel eldorado, où la liberté d’expression y est érigée en principe cardinal et où les discours de haine peuvent y prospérer tranquillement.

Après que Twitter a supprimé de nombreux comptes conspirationnistes et extrémistes, beaucoup d’entre eux ont trouvé un refuge sur un nouveau réseau social appelé Gab, à l’instar de l’ultranationaliste et suprémaciste blanc Richard B Spencer qui avait dénoncé les « brigades d’exécution » que Twitter avait lancé sur les comptes de l’alt-right. Depuis, Spencer a quitté Twitter, où il n’était plus en odeur de sainteté, pour Gab, « the new place to be ».

« Free speech for everyone »

Fondé en 2016 par un chrétien conservateur âgé de 25 ans, Andrew Torba, Gab s’est dès le début engagé à promouvoir et à défendre la liberté d’expression pour tous. Son slogan est d’ailleurs : « free speech for everyone » (la liberté d’expression pour tous). Aujourd’hui, plusieurs centaines de milliers de « gabbers » sont inscrits et peuvent échanger leurs amabilités sur n’importe quoi et n’importe, pourvu toutefois que qu’ils n’incitent pas, stricto sensu, au terrorisme, qu’ils ne montrent pas de photos pornographiques illégales ou qu’ils ne diffusent pas de données tenant à la vie privée – en théorie.

L’eldorado de l’alt-right américaine

En théorie parce que, comme sur les autres réseaux sociaux d’ailleurs, tous les contenus ne sont pas surveillés, encore moins signalés. Dans les faits, Gab est un véritable paradis pour tous les diffuseurs de haine, les conspirationnistes, les « Poutine-lovers », les racistes et d’autres suppôts du KKK ou de la libre-circulation des armes à feu.

Le site comporte 11 rubriques (du sport à l’art et à la philosophie, en passant par, bien sûr, la politique. Il faut s’y inscrire pour pour pouvoir participer et, une fois cette démarche effectuée, les « gabbers » peuvent aimer ou détester des posts, ce qui renforce ou diminue leur popularité sur le réseau. En tête des votes, et donc des pages, on constate très rapidement les sujets « hot », ceux qui enthousiasment les gabbers : fake news pro-Trump, posts anti-musulmans ou infos bizarroïdes dominent « l’actu » du site.

Les théories du complot y figurent en bonne place. Parmi elles : le pizzagate, une dose de 11 septembre, ou bien, plus généralement, des tas de posts sur ces gros médias qui nous mentent, comme CNN, soit des répliques de la théorie trumpienne de l’information : tous ceux qui sont contre moi vous manipulent !

D’ailleurs, le soir de la victoire du successeur d’Obama, Andrew Torba, le fondateur du site, a écrit un post dans lequel il affirmait que « Gab va devenir absolument massif sous la présidence de Trump ».

 

 

Par La rédaction

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