Philippe le Bel, roi des « fake news » ?

Les fake news, nous en avons déjà parlé ici, ne sont pas un phénomène récent. Depuis la nuit des temps, de fausses informations sont colportées pour ternir des réputations. Philippe Le Bel, roi de France de 1285 à 1314, pourrait par exemple avoir été l’un des propagateurs de « fake news » les plus prolixes de l’histoire de France !

Dans un article de The Conversation raconte comme Philippe Le Bel, alias le « roi de fer », avait parfaitement compris de quelle manière les « fake news », rumeurs ou fausses informations en tous genres, pouvaient être utiles à l’exercice du pouvoir. 

Fake news contre un évêque qui s’élève contre le roi

En pleine période d’affirmation du pouvoir royal face à l’autorité spirituelle du pape (c’est l’adage selon lequel « le roi est empereur en son royaume », c’est-à-dire indépendant de la tutelle du Saint Siège), Philippe le Bel, aidé par ses conseillers, va diffuser une salve de fake news pour nuire à l’un de ses adversaires, un évêque nommé Bernard Saisset, favorable au pape et hostile au roi de France.

« Bernard Saisset serait un traître, qui aurait tenu des propos injurieux contre le roi, il est arrêté sans tarder. Lors du procès, beaucoup de rumeurs, d’ouï-dire… difficile de distinguer le vrai du faux. Mais cette arrestation d’un clerc sur les ordres du roi, un pouvoir politique ancré dans le monde d’ici-bas et non un pouvoir ecclésiastique, met le feu aux poudres. Boniface VIII fulmine, menace de déposer le roi et n’écrit pas moins de trente bulles sur le sujet dans le seul mois de décembre 1301 », raconte Catherine Kikuchi.

Fake news contre les Templiers

Mais cela n’est rien en comparaison d’une autre fake news propagée par Philippe le Bel et ses conseillers visant cette fois l’ordre des Templiers, qui menace l’autorité du roi de France. Pour nuire aux Templiers et ternir leur réputation, « tout y passe : crachat sur des crucifix, baiser rituel sur l’anus comme pacte avec le mal, sodomie entre les membres de l’ordre, idolâtrie, incroyance… Si le procès reposait sur des fautes réelles, l’ensemble donne une image tout à fait fantasmée de l’ordre ».

Résultat de cette campagne de « fake news » : le roi organise le procès des Templiers, le pape laisse faire et, au final, l’ordre des Templiers est dissout. Le pouvoir du roi de France peut donc s’épanouir tranquillement.

 

Par La rédaction

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