Un an après l’élection de Trump, retour sur une Amérique divisée

L’élection de Donald Trump a considérablement ravivé les tensions raciales après huit années d’accalmie sous la présidence Obama.

 

L’Amérique aux deux visages

 Les États-Unis, cette première puissance mondiale connaît bien des limites. Nul ne peut contester l’influence qu’elle exerce dans le monde grâce à son « American way of life » et à « l’American dream ». Son rayonnement économique, militaire et culturel – ce qu’on appelle le « soft power » – renvoie l’image d’une nation modérée, innovante et libre.

C’est pourtant loin d’être le cas, en particulier depuis l’élection de Donald Trump.

La crise des subprimes de 2007 et ses tragiques conséquences sociales et économiques ont ravivé les tensions raciales. Derrière le mythe d’une nation multiculturelle se dissimule encore le spectre de puissantes inégalités fondées sur la race, auxquelles l’élection de Trump a donné un nouvel écho en favorisant l’essor d’un discours haineux et anti-immigration.

L’élection de Trump, vers un racisme décomplexé

Connu pour ses discours populistes, ouvertement anti-migrants, pour son langage outrancier, le nouveau président américain a libéré la parole raciste, homophobe et misogyne. À travers ses interventions médiatiques ou ses tweets, il a su séduire et récupérer la frange extrémiste de la petite classe moyenne blanche.

Malgré l’ambiguïté qu’il entretient avec ces groupuscules d’extrême droite, le président des États-Unis nie entretenir des liens avec eux, et dénonce la violence des groupes néo-nazis. Cependant, la politique qu’il mène ainsi qu’une partie de son entourage incitent l’extrême droite à se ranger derrière lui. Jeff Sessions, ancien sénateur de l’Alabama et aujourd’hui ministre de la justice, se démarque par exemple par ses idées très conservatrices : hostile à l’avortement, au mariage sexuel et à l’immigration même légale. Idem pour Stephen Steve Bannon qui, avant de quitter le gouvernement, était le conseiller stratégique de Trump. Ancien rédacteur en chef du site Breitbart, plateforme d’information favorite de l’extrême droite, il était connu pour ses liens avec « l’Alt-Right ».

En août dernier, des violences raciales ont éclaté dans la petite ville de Charlottesville, en Virginie. En cause : l’édification d’une statue équestre à la gloire du général Lee, figure des sécessionnistes du Sud durant la guerre de Sécession (1861-1865), qui a cristallisé toutes les tensions, entre d’un côté les militants anti-racistes et d’un autre côté des groupuscules néo-nazis. De violents affrontements eurent lieu, et un suprémaciste blanc a causé la mort d’une personne en fonçant sur la foule avec son véhicule.

Après cet acte tragique, Donald Trump s’est refusé à condamner les actes violents et l’attentat commis à Charlottesville. « J’ai regardé de très près, de beaucoup plus près que la plupart des gens. Vous aviez un groupe d’un côté qui était agressif. Et vous aviez un groupe de l’autre côté qui était aussi très violent. Personne ne veut le dire », « N’ont-ils pas une part de responsabilité ? » a dit Trump en refusant de condamner explicitement l’extrême droite et ces mouvements ouvertement haineux et racistes. Ses propos ont provoqué de fortes réactions au sein de la classe politique et ont ravivé les tensions entre les communautés, tout en ménageant la fraction la plus conservatrice de son électorat.

« Make America great again » : le slogan de Trump récupéré par les suprémacistes blancs

L’histoire de la discrimination raciale aux États-Unis est ancienne. Dans les années 1960, elle se traduisait par une vraie ségrégation entres les « blancs » et les personnes « de couleurs ». Le Ku Klux Klan, organisation suprémaciste blanche datant de 1860, a toujours été présente dans la société américaine notamment lors de l’abolition de l’esclavage. Au fil des années, cette congrégation a perdu en attractivité.

Ces groupes violents existent depuis très longtemps mais au cours des dernières années, les groupes néo-nazis se sont multipliés. Le véritable tournant, c’est l’investiture de Donald Trump. On observe une libération de leurs paroles et de leurs actes à connotation raciale et haineuse. Ils se sont reconnus à travers ce président, et lui apportent ouvertement leur soutien. En témoigne d’ailleurs la manières dont ils usent et abusent du fameux slogan électoral de Trump : « Make America Great Again ».

L’organisation « Southern Powerty Law Centre », qui lutte contre les groupes suprémacistes les plus violents du pays, a posté sur son site cette carte interactive qui recense tous les groupes d’extrême droite.

Richard Spencer, nouvelle star de l’extrême droite

L’idéologie de la suprématie se développe et gagne du terrain. « L’Alt-right » est un courant d’extrême droite théorisé par Richard Spencer. Il prône la défense de la race blanche et incite à une « épuration ethnique pacifique ». Richard Spencer est la figure montante de cette extrême droite américaine bien habillée et bien éduquée, toujours plus dangereuse et fourbe.

Pour aller plus loin, le reportage de VICE sur Charlottesville

Par La rédaction

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