« House of one », un lieu de culte pluri-religieux à Berlin

Berlin ouvrira bientôt ses portes à un projet remarquable : « House of one« , une maison de prière et d’enseignements pour les trois religions du Livre.

Retour sur ce projet unique

« L’Église doit échapper à sa propre stagnation » Gregor Hohberg.

Entre 2006 et 2009, des fouilles archéologiques ont eu lieu à Berlin sur le site de Petriplatz. Des vestiges d’anciennes églises ont été retrouvés, dont les plus récents remontent au XIIème siècle. À la fin des fouilles, la communauté évangélique propriétaire du terrain a questionné l’utilité de construire une nouvelle Église sur ce site. Elle a réuni les autres communautés religieuses autour d’elles, pour discuter d’un projet commun. À partir de là, plusieurs organisations se sont associées : l’Église évangélique de Saint-Pierre-et-Sainte-Marie et l’Église protestante de Berlin-Centre ; la Communauté juive de Berlin et l’Abraham Geiger College (établissement d’enseignement supérieur juif) ; le Forum pour le dialogue inter-culturel (pour les musulmans).

Gregor Hohberg, recteur et prêtre évangile, a décidé de construire un lieu de culte pluri-religieux en partenariat avec l’imam Kadir Sanci et le rabbin Tovia Ben-Chopin. Le projet voit le jour en 2010. En 2012, un appel à projet est alors lancé, sous la forme d’un concours. Des architectes du monde entier participent et c’est finalement le cabinet berlinois Kuehn Malvezzi qui remporte la compétition. Depuis 2014, l’appel au financement suit son cours, tout le monde peut participer et « acheter une brique pour 10 euros ». À ce jour, le montant perçu est de 5 511 00 euros. L’État et la ville de Berlin ont également participé généreusement au financement de l’initiative.

Une architecture ambitieuse

« L’idée n’est pas de mélanger ou de confondre les religions, mais de les
rapprocher et de les faire dialoguer. C’est pourquoi il y aura trois lieux
de prière ­différents, qui seront certes reliés par une pièce centrale mais 
resteront bien distincts les uns des autres », explique le rabbin Andreas
Nachama, membre du conseil d’administration.

Le défi principal est l’articulation des trois lieux de culte sous un même toit. Trouver un modèle architectural inédit s’est donc révélé indispensable. Le projet se doit de répondre à différentes attentes. Tout d’abord, la structure du bâtiment doit respecter le modèle urbain berlinois. Ensuite, les vestiges retrouvés lors des fouilles archéologiques doivent être intégrer dans le plan architectural. Pour terminer, la structure et les codes esthétiques des trois religions doivent être appliqués. Le cabinet d’architecte a décidé d’utiliser un matériel simple constitué de briques couleur ocre et d’une volumétrie simple.

Les trois espaces religieux sont distincts mais reliés par un espace commun central, qui rend possible événements, rencontres et échanges interreligieux. Le hall, composé de hauts plafonds contiendra les découvertes archéologiques. Le rez-de-chaussée sera accessible à tous. Et une vaste cour centrale sera le point de distribution des différents espaces confessionnels. Chaque lieu de culte aura sa propre morphologie : la mosquée et la synagogue seront construites sur deux étages. Un espace réservé aux ablutions sera construit à côté de la mosquée. Enfin, l’aspect extérieur sera neutre pour respecter son caractère multiconfessionnel. De quoi correspondre aux attentes de tout le monde, sans engendrer de compétition ou de favoritisme.

Encourager la fraternité et le dialogue inter-religieux

« Le nouveau lieu de culte sera créé, permettant aux personnes de 
différentes croyances de prier côte à côte. Les gens qui viendront ici 
resteront fidèles à leur propre religion, continueront à puiser dans son 
pouvoir et s'engageront dans un dialogue pacifique entre eux et avec les 
membres de la population laïque de la ville. " Gregor Hohberg.

Dans une société de plus en plus hostile à la diversité, ce projet fait chaud au cœur. C’est un regain d’optimisme.

Pour Berlin, ville multiculturelle et multiconfessionnelle, ce projet apparaît comme un véritable enjeu social. Il doit permettre la promotion de la tolérance à travers une meilleure compréhension de l’autre. Le lieu servira à réconcilier les fidèles de chaque culte par des échanges intellectuels, spirituels et humains. Le trio commanditaire souhaite apporter une harmonie religieuse à l’intérieur de cette « House of one » puis au-delà de ces murs.

Cette maison  de prière commune sera le lieu où la coexistence religieuse est vécue avec amour, paix et respect.

Par La rédaction

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