Les « Maisons de la Sagesse », temples du savoir durant l’âge d’or de la civilisation islamique

On les appelait les « Maisons de la Sagesse » (Dar El Hikma, en arabe). Durant l’âge d’or de la civilisation islamique, elles furent des lieux de foisonnement culturel et scientifique. C’est dans ces Maisons de la Sagesse que les oeuvres des philosophes et savants grecs, en particulier, furent collectées et traduites.

Au début du 11ème siècle, quand elle sont apparues, elles étaient d’abord un regroupement de lieux culturels, une bibliothèque, un centre de traduction, une salle de réunion, un centre de formation, etc. Puis, peu à peu, à partir des traductions de textes, les maisons de la sagesse sont devenues des sortes d’universités qui ont joué un rôle majeur dans la transmission de l’héritage intellectuel des civilisations grecque, mais aussi perse, indienne et chinoise.

Bibliothèque de Bassorah au 8ème/9ème siècle

Les premiers textes qui ont été mis à la disposition des savants furent ceux récupérés après la chute de l’empire d’Alexandre le Grand, traduits en persans sous le règne des empereurs sassanides. Les textes grecs, en particulier l’oeuvre d’Aristote, ont ainsi voyagé, passant des Perses aux Arabes via les Maisons de la Sagesse. Parmi les oeuvres collectées et traduites, celles d’Aristote donc, mais aussi de Platon, de Pythagore, de Sushruta, d’Hippocrate, d’Euclide, de Charaka, de Ptolémée, de Claude Galien, de Plotin, d’Âryabhata et de Brahmagupta. Bien souvent, les traducteurs qui officiaient dans les Maisons de la Sagesse ajoutaient aux textes traduits leurs propres commentaires, ce qui a donné lieu à une nouvelle forme de littérature.

Le Maison de la Sagesse de Bagdad

La plus ancienne et importante de ces « Maisons de la Sagesse » fut celle de Bagdad. On la doit au calife Haroun Al-Rachid, qui régna durant 23 ans, entre 786 et 809, et qui bâtit une vaste université scientifique (Majma’ ‘ilmi) où il accueillit de nombreux savants. C’est cette université qui devint la Maison de la Sagesse (Bayt Al Hikma ou Dar Al Hikma).

Cette Maison de la Sagesse connut une nouvelle impulsion sous le règne du fils de Haroun Al Rachid, le calife Abdullah Al Ma’moun (de 813 à 833), qui l’agrandit substantiellement. Sous Al Ma’moun, des savants de toutes les disciplines travaillaient ensemble. Il chargea un chrétien, le nestorien Hunayn ibn Ishak al Abadi, de superviser les traductions des oeuvres anciennes. Celles-ci étaient traduites du grec vers le syriaque, puis du syriaque vers l’arabe.

La Maison de la Sagesse de Bagdad fut détruite le 12 février 1258 lors de l’invasion des Mongols. Hulagu, le petit-fils de Gengis Khan, tua le dernier calife abasside, Al Mu’tassim, et rasa la ville de Bagdad. La bibliothèque du calife, l’un des piliers de la Maison de la Sagesse, fut brûlée et les manuscrits qu’elle contenait furent jetés dans le Tigre, dont l’eau devint noire durant plusieurs jours à cause de leur encre.

Par La rédaction

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