L’extrême droite prospère en Europe

Depuis une dizaine d’années, l’Europe est un terreau fertile pour l’extrême droite, qui prospère en se nourrissant de la crise et d’une xénophobie croissante.

De la Grèce à la Pologne, en passant par l’Allemagne, l’Autriche et le Danemark, l’extrême droite prospère dans l’Union européenne. Il n’y a cependant pas une extrême droite, tant les différences d’un pays à l’autre sont importantes. Pourtant, elles se retrouvent dans une même haine de l’Europe, de l’islam et de l’immigration.

Élection après élection, sur fond de crise et de défiance, une proportion croissante d’Européens se sont laissés séduire par l’extrême droite. Les horreurs et les catastrophes entraînées par le nazisme et le fascisme n’ont pas empêché la réémergence de ces idéologies mortifères.

Montée inquiétante de l’extrême droite en Pologne

À l’occasion de la fête nationale polonaise, le 11 Novembre dernier, des manifestations ont été organisées pour célébrer l’indépendance et la naissance de la nouvelle Pologne. Cette année, la « marche de l’indépendance », ou « Marsz Niepodleglosci » en polonais, est devenue le plus grand événement fasciste et nationaliste d’Europe. A l’appel de l’extrême droite, 60 000 personnes se sont ainsi regroupées à Varsovie pour défendre la « civilisation occidentale » et la culture chrétienne du continent. Des mouvements d’extrême droite de plusieurs pays sont venus se joindre aux manifestants polonais, scandant des chants et des slogans racistes, islamophobes, appelant à la haine et à l’antisémitisme tels que « du sang pur », « la Pologne pure, la Pologne blanche », « une Europe blanche » …

Cela fait maintenant plusieurs années que cette manifestation attire de plus en plus de monde. Richard Spencer, figure majeure du suprématisme blanc aux États-Unis, devait prendre part à la manifestation. Finalement, sa présence a été interdite par le gouvernement polonais. Le motif invoqué par les autorités laisse songeur : il est préférable qu’il n’apparaisse pas en public…

Un relent de fascisme en Italie

En Italie, cela fait de nombreuses années que la Ligue du Nord, parti anti-européen et anti-immigrés, a réussi à s’implanter dans le paysage politique. Le parti a obtenu des sièges à la Chambre des députés en 2013 et a rassemblé 13% des voix lors des dernières élections régionales en 2015. Ce parti d’extrême droite est devenue la force la plus importante de la droite italienne.

Courant octobre, une manifestation pro-fascisme est organisée en l’honneur de Mussolini. L’Italie étant fortement touchée par l’immigration clandestine, le pays a vu la crise des migrants doper l’idéologie xénophobe. Des militants du parti néo-fasciste « Forza Nuova » ont commémoré la prise de pouvoir de l’ancien dictateur fasciste. Les 2000 manifestants appelaient à l’expulsion de tous les migrants.

L’extrême droite aux portes du pouvoir en Autriche

Les dernières élections en Autriche ont constitué un petit tremblement de terre. Le jeune Sebastian Kurz, élu chancelier, a privilégié une alliance avec le FPÖ, le parti d’extrême droite autrichien créé par d’anciens nazis. Sebastian Kurz représente une droite radicalisée, très proche idéologiquement de l’extrême droite, notamment sur les politiques migratoires et sécuritaires. Les deux partis s’apprêtent donc à gouverner ensemble sur la base d’une très confortable majorité au Parlement : 113 sièges sur 183.

L’Autriche aura la présidence de l’Union européenne en 2018, l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite pourrait donc s’avérer plus inquiétante que jamais…

L’AfP fait son entrée au Bundestag

Le parti d’extrême droite allemand a obtenu 12,6% des suffrages aux élections législatives de septembre 2017, devenant la 3ème force politique du pays.


Bien qu’Angela Merkel ai remporté les dernières élections, sa victoire est controversée par une droite radicale qui l’affaiblie de plus en plus. Désormais avec 92 députés, la victoire de l’AfD, constitue un tournant dans l’histoire allemande d’après-guerre. Pourtant hostile aux extrêmes après son passé politique, l’Allemagne est également touchée par une montée du populisme. L’arrivée du parti au parlement ne cesse de raviver les tensions et les fractures au sein de la société allemande.

Par La rédaction

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