L’hommage à Johnny, un rassemblement de « souchiens » selon Finkielkraut

À l’occasion de l’hommage national rendu au chanteur Johnny Halliday samedi 9 décembre à la Madeleine, certains n’ont pas hésité à relancer une polémique aussi vaine que nauséabonde.

Finkielkraut, initiateur de la polémique

Alors que des dizaines de milliers de personnes étaient descendues dans la rue pour rendre hommage à « l’idole des jeunes », le philosophe-académicien s’est servi de cet instant de recueillement pour relancer une polémique aux relents racialistes.

Alain Finkielkraut a en effet estimé que seul « le petit peuple blanc » avait participé à cette cérémonie d’adieu, insistant sur le fait qu’une partie de la population française ne s’intégrait pas aux rassemblements nationaux.

 

« Le petit peuple des petits blancs est descendu dans la rue pour dire adieu à Johnny. Il était nombreux et il était seul. Les « non-souchiens » brillaient par leur absence » a-t-il déclaré sur les ondes de RCJ.

Ces propos ont immédiatement suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux. Certains internautes se sont ainsi demandés si Finkielkraut avait voulu dire que participer à la commémoration d’une icône est indispensable pour être un « vrai » français ? D’autres se sont interrogés sur l’existence de « vrais français » – les « souchiens » – par opposition aux « non-souchiens », qui seraient donc, toujours selon Finkie, de « faux français » ?

Pour certains internautes, le philosophe français a utilisé la mort du rocker pour exposer son racisme et sa xénophobie décomplexés.

Une porte ouverte à l’extrême droite

Ni une, ni deux, il n’en fallait pas plus pour que la porte de la fachosphère s’ouvre grand. Plusieurs figures de l’extrême droite française, à l’instar de Robert Ménard, le maire de Béziers, ont ainsi rebondi sur les propos de Finkielkraut pour affirmer, dans son sillage, l’existence d’une « vraie France », qui aurait assisté à l’hommage, par opposition à une autre France qui, elle, serait restée à la maison.

Ainsi, le maire de Béziers a salué la « vraie France » de Johnny et fustigé dans un même élan ceux qui « voudraient la voir disparaître au plus vite ».

Des internautes ont sauté sur l’occasion pour déverser leur haine sur les réseaux sociaux, en mettant en avant l’idée que la « France » qui a assisté à l’hommage serait la « vraie » France, éternelle, insinuant l’idée que ceux qui n’y auraient pas assisté – sous-entendu les musulmans, les « banlieues », les « immigrés », etc. – ne feraient pas partie de cette France-là.

Dominique Bussereau, député Les Républicains et ancien ministre des Transports de Nicolas Sarkozy, a lui aussi rebondi, à sa manière, sur les propos de Finkielkraut dans une interview à Sud radio. À la 11ème minute dans la bande-son ci-dessous, le journaliste lui demande : « Est-ce que la France dans sa diversité était là ? ». Et le député LR de répondre : « Je n’ai pas regardé les images en direct. Je n’ai pas regardé les images en direct mais c’est vrai, pour vous répondre (…) que j’ai pas vu en effet le peuple de Seine-Saint-Denis mais peut-être qu’il était là partiellement. C’était une certaine France qui était là. ».

Même à l’occasion d’un rassemblement national et consensuel, certains n’hésitent ainsi pas à ressasser leurs obsessions identitaires, au mépris de la mémoire d’un grand artiste disparu.

Par La rédaction

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