Fake news : où en est Facebook ?

Les géants du net avaient lancé début février une riposte anti-fake news. Aujourd’hui, où en est Facebook dans sa lutte contre la désinformation en ligne? Décryptage grâce au Monde.

De la bonne volonté et des projets

Facebook participe déjà au projet « Cross check » qui rassemble 16 médias. Mais depuis plusieurs mois, le géant américain est critiqué pour être un peu trop laxiste face aux fausses nouvelles et aux contenus malintentionnés. Face à cette vague de critiques, le réseau social durci le ton. Des centaines de pages Facebook, qui réunissaient des centaines de milliers d’abonnés et qui reprenaient sans scrupule de fausses informations ont été supprimées par la plateforme. Comme cela a été le cas pour le site « Égalité et Réconciliation » d’Alain Soral, ou le site belge Nordpresse.com.

De plus, Mark Zuckerberg a publié un long message sur Facebook pour défendre sa politique de lutte contre la désinformation. Un message qui sert principalement à réconforter sa communauté et à prouver sa bonne foi.

« Je veux être clair sur notre priorité : il est plus important de protéger notre communauté que de maximiser nos profits. La chose la plus importante dont j’ai discuté était le travail que nous faisons pour protéger la sécurité et l’intégrité de notre service.Certains se concentrent sur la suppression des fausses nouvelles, des discours haineux, de l’intimidation et d’autres contenus problématiques que nous ne voulons pas dans notre communauté. Nous avons déjà environ 10 000 personnes travaillant sur la sûreté et la sécurité, et nous prévoyons de doubler ce nombre à 20 000 l’année prochaine pour mieux faire respecter nos normes communautaires »

À travers ces mots, il défend les efforts de son entreprise dans ce domaine.

Des efforts insuffisants

Malgré toute cette bonne volonté, la plateforme a encore beaucoup de travail à faire en la matière. Les discours ne suffisent pas. De nombreuses publications de toute évidence illicites ne sont pas censurées, ou tardent à l’être. Les contenus haineux, les propos racistes, xénophobes, homophobes sont toujours moins supprimés que des photos un peu trop dénudés (œuvre d’art, photos d’allaitement…). Depuis la création des Facebook live, la modération s’est compliqué et n’est pas possible sur cet outil, car il est impossible à Facebook d’intervenir à cette échelle.

Les recherches faites par Le Monde montre que le chemin à parcourir est encore long. Mark Zuckerberg et ses équipes ont encore beaucoup d’efforts à faire. L’équipe du Monde a recensé 2 865 messages faisant circuler 137 fausses informations, toutes différentes. Le pire c’est que ces informations ont été partagées des millions de fois. En effet sur 2 865 messages, 1737 sont encore en ligne, et au total elles ont été partagées plus de 1,6 millions de fois (une moyenne de 1000 partages par publications). « Les quatre fausses informations les plus populaires de cet échantillon ont été relayées plus de 100 000 fois à partir de ces seules publications sur Facebook, un niveau d’audience que peu d’articles de médias traditionnels en ligne arrivent à atteindre ».

L’article révèle également que « parmi les dix pages qui ont fait circuler le plus de fausses informations, seulement une dispose d’une audience confidentielle : la page d’extrême droite Résistance et Unité PACA ».

Cet article dévoile seulement une partie du phénomène « mais il montre à quel point le réseau social est vulnérable face à ces informations ».

Une plateforme de plus en plus critiquée

De nombreuses personnes commencent à remettre en question l’aspect social de la plateforme. La sécurité est au cœur des critiques. Facebook est devenu le réseau social le plus influent du monde, dépassant les médias traditionnels, cela inquiète.

Un ancien vice-président de Facebook, Chamath Palihapitiya, dénonce à travers une vidéo l’aspect destructeur du média. Pour lui, Facebook est « en train de détruire la société ».

« Je me sens extrêmement coupable. Nous avons créé des outils qui déchirent le tissu social qu’avait fondé notre société. C’est vraiment là où nous en sommes. Vous n’en n’avez pas conscience, mais vous êtes programmés (…) Si tu nourris la bête, la bête te détruira. Le système que nous avons créé détruit le fonctionnement de la société. Il y a peu de discours civil, pas de coopération citoyenne et de la désinformation ».

 

 

 

Par La rédaction

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