L’argent récolté pendant la primaire de la droite et du centre finance t-elle la mafia ?

 

Dans une vidéo publiée le 26 novembre dernier, Laurent Freeman, figure du site complotiste stopmensonges.net, revient dans une vidéo sur le financement de la primaire de la droite et du centre. Pour pouvoir voter, chaque électeur devait y payer deux euros, ce qui permettait au parti organisateur, Les Républicains, qui se trouve actuellement dans une situation financière précaire, de pouvoir supporter les coûts de l’organisation d’un tel événement.

Le chroniqueur explique que le parti de droite aurait organisé les primaires afin de financer les activités occultes des dirigeants du parti. En effet, après avoir réuni 4,29 millions de votants au premier tour, les frais d’organisation du scrutin qui s’élèvent à 8 millions d’euros, étaient d’ores et déjà remboursés, sans prendre en compte les 4,31 millions d’électeurs qui se sont déplacés pour le second tour, le 27 novembre. Il faut dire que la participation au scrutin a largement dépassé les attentes de ses organisateurs, qui prévoyaient seulement le déplacement de 2 millions de votants par tour ; 2,6 millions de français s’étaient déplacées lors des primaires socialistes, en octobre 2011. En cumulant les participants aux deux tours, et en prédisant une participation d’environ deux millions de français à chaque fois, la Haute Autorité arrivait à couvrir les frais d’organisation du scrutin. De plus, la Haute Autorité, organisation indépendante chargée de l’organisation de la primaire l’assurait récemment, cet argent supplémentaire ne servirait pas à renflouer les caisses du parti Les Républicains « si ce palier est franchi, l’argent récolté servira à financer la campagne présidentielle du candidat désigné ».

 

Laurent Freeman, en partageant cette vidéo, se demande quels types de frais sont engagés dans l’organisation de la campagne, assurant qu’il n’y a « pas de frais d’organisation, exceptés les frais de champagnes, de prostitués et de soirées ». Malheureusement, il se trompe, la location des bureaux de vote par les mairies dans le cadre d’une primaire n’est pas systématiquement gratuite. Si la majorité des grandes villes met gratuitement ses bureaux à disposition, ce n’est pas le cas de tout le monde. Sur les 10 228 bureaux installés par la primaire en France, plusieurs ont dû être loués au prix fort, comme à Sèvres et Bagneux, dans les Hauts-de-Seine, où cela coûte respectivement 200 et 590 euros par bureau de vote. A ces dépenses s’ajoutent les frais relatifs à l’impression des cahiers d’émargement, la remontée des résultats nationaux ou encore la validation des résultats par des commissaires aux comptes.

 

Pas de quoi donc faire une vidéo aussi accusatrice. Et si on devrait rassurer complètement Laurent Freeman, on pourrait ajouter que non, les bénéfices ne seront pas l’objet des plus folles dépenses, mais devraient plutôt finir à la banque, pour financer la prochaine campagne du vainqueur de la primaire. En effet, depuis le 1er septembre 2015, il est interdit de payer plus de 1000 euros en espèce. Alors, rassuré ?

Par La rédaction

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