La Russie veut-elle influencer l’élection présidentielle française ?

Nombreuses sont les fake news à avoir déjà impacté la campagne pour les élections présidentielles 2017, en France. Cependant, une seule protagoniste paraît bien épargnée par ce déferlement d’articles et de slogans haineux sur internet : la candidate du Front National, Marine Le Pen. Retour sur les enjeux politiques de la prolifération de fake news en France, à moins de deux mois du premier tour l’élection présidentielle.

 

Deux protagonistes sont au cœur de l’affaire : le premier est un État qui aimerait bien influencer la politique étrangère française à son profit : la Russie de Vladimir Poutine. Le second est un parti politique français, connu pour ses prises de position pro-russes : le Front National (FN). En 2014, la Russie annexe la Crimée, une région ukrainienne. Pour le FN et sa présidente, Marine Pen « rien d’illégal ». En janvier 2016, Jacques Clostermann, administrateur du Rassemblement Bleu Marine, déclare lui se rendre en Ukraine pour se « rendre compte des destructions causées par l’armée ukrainienne ». Des déclarations qui rapportent, car la Russie sait récompenser ses amis, et ces positions pro-russes sont relativement iconoclastes dans le débat politique français. En avril 2014, Cotelec, microparti présidé par Jean-Marie Le Pen, reçoit un prêt de deux millions d’euros d’une banque chypriote alimentée par des fonds russes et dirigée par un ancien du KGB. Deux ans plus tard, en septembre 2016, le FN reçoit un prêt de 9 millions d’euros d’une banque moscovite.

 

Au-delà de ces simples financements et problématiques de positionnement politique, il semble que la Russie ait décidé de passer à la vitesse supérieure. En novembre 2016, un article du Washington Post affirme que la prolifération de fake news sur les réseaux sociaux, qui a favorisé l’élection de Donald Trump, est dû à une politique de propagande orchestrée par le pouvoir russe. Pendant la campagne électorale, ces fausses informations ont été vues plus de 213 millions de fois sur Facebook. Il est donc légitime de s’interroger sur la possibilité d’une situation similaire en France, où la multiplication de fake news sur internet favoriserait l’élection de Marine Le Pen, en discréditant ses rivaux.

 

Au premier rang des suspects sont les sites internet « Sputnik » et « Russia Today », qui partagent ouvertement des positions pro-russes. Les polémiques successives ayant entaché la réputation de plusieurs candidats de la droite pendant les primaires, de « Ali Juppé » à « Farid Fillon » sont par ailleurs nées sur des sites internet proches de l’extrême droite. Enfin, le 13 février dernier, Richard Ferrand, secrétaire général de En Marche, mouvement de Emmanuel Macron, déclarait que le site internet de ce parti avait essuyé des milliers de cyber attaques depuis le début de la campagne. Celles-ci provenaient des frontières russes.

Par La rédaction

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