L’islam interdit-il la musique ?

A en croire l’Etat islamique, qui va jusqu’à brûler des instruments de musique, la réponse est clairement oui : l’islam interdit la musique. Sauf que c’est totalement faux s’agissant de l’islam (le Coran n’évoque nulle part la musique).

Un seul verset (6ème de la sourate 31) fait vaguement allusion à la musique : “Tel homme ignorant se procure des discours plaisants (ou futiles) pour égarer les autres hors du chemin de Dieu et prendre celui-ci en dérision. Voilà ceux qui subiront un châtiment ignominieux “. Il s’agit d’un verset ambigu, ou équivoque, qui peut être interprété de plusieurs façons : certains voient dans les « discours futiles » une référence à la musique, d’autres une référence au polythéisme ou au paganisme. Mais nulle part il n’est dit dans le Coran que la musique est haram.

Dans cette vidéo, un imam explique très clairement cela : à savoir que le Coran, nulle part, n’interdit la musique. Il analyse aussi les raisons pour lesquelles, sur le web notamment, l’opinion majoritaire (fausse, donc) prétend le contraire. Pour cette imam, dire que le Coran interdit l’islam est une “manipulation” :


La musique, d’abord, est un art de l’islam. Non seulement elle n’est pas interdite, mais elle est même nécessaire s’agissant du tajwîd, qui est la science de la récitation et de l’incantation des versets coraniques. En outre, durant plusieurs siècles, la musique était un art majeur de la civilisation islamique à Damas, Bagdad ou encore Cordoue et de nombreux instruments de musique, comme le ‘oud (luth), datent de cette époque.

Une tradition rigoriste, cependant, qui existe du reste dans les trois religions du Livre, a très tôt considéré que la musique, et surtout la danse, pouvaient éloigner de la foi. Au 20ème siècle, la généralisation de la culture occidentale, de ses rythmes et influences, a renforcé cette idée sur fond de déclin de la culture islamique. S’opposer à la musique est ainsi devenu une façon de s’apposer d’abord à la culture occidentale, et plus généralement à l’Occident.

Aujourd’hui, certains extrémistes, comme l’imam auto-proclamé de la mosquée de Brest, Rachid Abou Houdeyfa, estiment que la musique est impure, donc haram. Dans une vidéo en 2014, cet imposeur affirmait que ceux qui aiment la musique risquent d’être “transformés en singes et en porcs “. Inutile de commenter ici l’absurdité de tels propos.

Au final, rien dans le Coran ne permet de dire que l’islam interdit la musique. Celle-ci n’est pas considérée comme haram dans le Coran (contrairement à l’alcool par exemple, qui fait l’objet d’un interdit clair). N’en déplaise aux djihadistes, les nashîd, ces chansons affirmant la foi et le combat, sont de la musique !

Par La rédaction

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