Google a déclaré la guerre à Daesh… mais tarde à la mener

En 2016, sous le feu des critiques, Google a annoncé en grande pompe son intention de lutter contre la radicalisation et l’embrigadement en ligne en promouvant un contre-discours.

Dans le sillage des attentats en France, le patron des politiques publiques de Google en Europe, Anthony House, avait présenté le plan du géant de Mountain View pour lutter contre le djihadisme, comme le raconte ici The Telegraph . Google prévoyait alors de renvoyer les recherches faites en ligne sur Daesh ou d’autres mots et expressions sensibles vers des sites luttant contre la radicalisation à travers des publicités s’affichant en haut de la page. Google proposait ainsi aux organisations luttant contre Daesh 10 000 dollars d’AdWords par mois pour diffuser leurs messages. En revanche, Google n’a pas modifié l’ordre d’apparition des résultats en fonction de la recherche…

YouTube est aussi concerné. Le player de Google, où 300 heures de vidéos sont mises en ligne… chaque minute, est dans le collimateurs de nombreux responsables politiques en Europe et en Amérique du nord qui l’accuse de ne pas faire le ménage assez vite. Google s’est défendu, toujours en 2016, en affirmant que plus de 14 millions de vidéos au “contenu inapproprié” avaient été retirées du service. Pas assez, rétorquent les organisations qui luttent contre la radicalisation. D’autant que YouTube est un véritable tonneau des Danaïdes : vous avez beau chasser par la porte des tas de vidéos, l’instant d’après elles reviennent par la fenêtre !

Depuis 2016, Google continue d’affirmer son intention de lutter contre la radicalisation en ligne, mais son moteur de recherche, qui totalise quand même 93% de toutes les recherches effectuées dans le monde, continue de référencer des sites djihadistes et n’a pas modifié l’ordre d’apparition de ses résultats, idem pour les vidéos, en dépit des efforts consentis.

De plus en plus de gouvernements, à commencer par la France et l’Allemagne, souhaitent que Google, mais aussi Facebook et Twitter, s’engagent plus activement dans la lutte contre la radicalisation en ligne. En Allemagne, le ministre de la Justice Heiko Maas a présenté début mars un avant-projet de loi imposant à Facebook, Twitter ou YouTube de supprimer les contenus répréhensibles dans un délai maximum de sept jours. En France, plusieurs contacts sont pris au niveau du ministère de l’Intérieur et Google se dit prêt à en faire plus.

On attend.

 

Par La rédaction

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