Ceux qui croient aux théories du complot sont des perdants

Dans un récent article publié dans Pour la science, le chercheur Gérald Bronner explique pourquoi et comment les théories du complot ont tendance à séduire des individus plutôt paumés.

“Aux États-Unis, trois chercheurs en science politique – Christina Farhart, Joanne Miller et Kyle Saunders – ont fait récemment une curieuse constatation. Alors que dans ce pays, les partisans du Parti républicain sont statistiquement plus enclins à endosser des théories du complot que les Démocrates, la tendance paraît s’inverser ces derniers mois”, signale Bronner, qui poursuit : “immédiatement après les élections de novembre, une enquête sur un échantillon représentatif a en effet montré que la disposition à croire des énoncés conspirationnistes classiques a augmenté chez les Démocrates, alors qu’elle a baissé chez les Républicains, passant de 28 % à 19 % !”

Comment est-ce possible ?

“Ceux qui se sont penchés sur les mythologies du complot ont parfois expliqué que le sentiment de perte de contrôle, de vivre dans un environnement sur lequel on ne pouvait plus agir, favorise les propositions intellectuelles de type conspirationniste, lesquelles visent à expliquer les phénomènes du monde comme étant dus à des volontés puissantes et occultes”, analyse Gérald Bronner. “En ce sens, les interprétations conspirationnistes permettent d’évacuer le caractère arbitraire des événements en les rapportant à des intentions. Depuis la victoire de Donald Trump, les électeurs démocrates, conscients de ne plus être dans le camp des vainqueurs, développeraient donc un peu plus cette appétence pour des modes d’explication donnant un sens à ce sentiment de dépossession.”

C’est l’argument développé par deux autres chercheurs, Joseph Uscinski et Joseph Parent, auteur d’un livre dont l’un des chapitres porte un titre qui résume à lui seul le phénomène : “Conspiracy theories are for losers”. Ils y expliquent que ceux qui succombent aux théories du complot sont des individus qui se perçoivent comme victimes de dépossession ou de déclassement. La croyance dans une théorie de complot devient alors une sorte de stratégie visant à combattre l’angoisse ressentie.

Article de Gérald Bronner à lire dans Pour la science

Par La rédaction

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