Le cri d’une mère : deux de ses enfants sont partis en Syrie

 « Je veux que mes enfants reviennent »

L’ACTU a rencontré Cécile*, dont une fille et un fils sont partis en 2014 en Syrie. Elle parle de sa souffrance de maman.

Les faits

Julie *, la fille de Cécile, venait d’avoir 18 ans. Sans prévenir, elle est partie pour la Syrie en juillet 2014, accompagnée de son frère aîné de 20 ans.

Elle a dit

« Ils se sont servis de sa sensibilité. Elle voulait être avocate pour défendre les opprimés. Notre famille a été bercée par l’histoire de mes parents réfugiés, qui ont fui Pol Pot  », explique Cécile*. Julie passait du temps sur Internet. Touchée par le sort des Syriens, elle y a fait la connaissance d’un garçon, dont elle est tombée amoureuse. « Il était sur place. En quelques semaines, il l’a convaincue de le rejoindre. Il lui montrait des photos d’enfants, de la vie sous les bombes. Elle a été embrigadée, résume la maman. Elle a demandé à son grand frère de l’accompagner. C’est dans notre culture : on aide les autres, les aînés protègent leurs sœurs. »

Trois semaines plus tard, Cécile reçoit des signes de vie de ses enfants : « À l’époque, je ne savais pas ce qui se passait vraiment en Syrie. Ma vie a basculé, j’ai sombré. » Depuis, elle est en contact plus ou moins régulier avec Julie, qui est désormais maman de deux enfants. « Je ne cherche absolument pas à savoir ce qui se passe là-bas. Je demande juste s’ils vont bien, c’est tout ce qui compte pour moi. La survie prime avant tout, dans un pays où les combats et les bombardements sont quotidiens », raconte Cécile.

Pour cette maman, ses enfants ne sont pas des terroristes : « Ils sont allés dans un pays et ne peuvent plus rentrer. Ils sont otages. Je veux qu’ils reviennent. Mais plus le temps passe, moins je suis sûre de les revoir. » Cécile a quatre autres enfants, dont elle doit s’occuper. « Nous sommes regardés de travers, perçus comme de mauvais parents. Mon mari ne peut plus travailler », avoue-t-elle. Plusieurs familles sont dans la même situation. « Nous avons besoin d’aide. Il faut continuer la prévention, car ça n’est pas fini. »

Stéphanie Lelong

*  : Les prénoms ont été modifiés
**: Pol Pot (1928-1998). Principal dirigeant des Khmers rouges. Ce mouvement communiste a mené une rébellion armée de 1967 à 1975 au Cambodge, avant d’instaurer un régime de terreur jusqu’en 1979.  Ils ont commis un génocide (1,7 million de personnes tuées, soit un quart de la population).

En partenariat avec le journal l’Actu

Publié sur le site de France Fraternités

Par ouimaisnon

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