Et si les enfants étaient le remède aux fake news ?

Alors que les “fake news” prolifèrent sur Internet, relayées par les réseaux sociaux, et perturbent jusqu’aux élections, un chercheur a démontré que les enfants seraient la meilleure protection pour s’en protéger…

Un chercheur norvégien, Andy Oxman, a testé des techniques d’apprentissage et d’éducation à l’esprit critique dans 120 écoles ougandaises (voir article ici). Ses conclusions sont sans appel : les enfants résisteraient bien mieux aux fausses informations que les adultes car ils parviendraient à les identifier plus rapidement que leurs aînés. Pourquoi ? Parce que les adultes sont moins enclins que les enfants à remettre en question leurs vieilles croyances ou leurs schémas de pensée.

Les enfants, analyse Andy Oxman, apprennent plus facilement, ont des représentations plus souples et modifient rapidement leur façon d’identifier une information. Au final, plus de la moitié des enfants qui ont participé à l’étude se sont avérés capables, après avoir été formés, de reconnaître une fake news.

Du coup, le chercheur en déduit une stratégie pour lutter contre les fake news : éduquer le plus tôt possible les enfants, dès l’école primaire, à trier les informations. Problème : pour éradiquer le phénomène, cela prendra nécessairement un peu de temps. Mais pour Rose-Marie Farinella, ce n’est pas un problème.

Éducation aux médias et à la citoyenneté dès 10 ans

«Préoccupée par la diffusion des idées racistes et complotistes sur internet 
et consciente, qu’à l’ère cybériste, les élèves, dès leur plus jeune âge, 
avaient besoin d’acquérir de nouvelles compétences pour s’informer et 
communiquer, j’ai conçu un scénario pédagogique pour leur apprendre à trier 
et vérifier l’information. » Rose-Marie Farinella

Institutrice en Haute-Savoie, Rose-Marie Farinella expérimente un programme d’éducation aux médias et à la citoyenneté en école élémentaire. Programme pour lequel a été primée, d’ailleurs.

Le but de ce programme est d’apprendre aux élèves à distinguer le vrai du faux sur internet. À travers des ateliers, des débats, des décryptages… elle leur transmet des outils essentiels pour se défendre face à la manipulation en ligne. Comprendre les notions d’objectivité et de subjectivité, être au fait des différents points de vue, pouvoir faire la différence entre opinions et faits réels. Voilà très brièvement, les points qui sont évoqués à travers les différentes sessions du programme pour devenir un cyber-citoyen. Pour Rose-Marie, il est primordial de commencer l’éducation aux médias le plus tôt possible.

"Les enfants sont soumis aux mêmes risques que leurs aînés. Il faut les 
outiller avant leur entrée dans l’adolescence, période où ils seront plus 
vulnérables, et susceptibles de se laisser tenter par les discours réducteurs 
et séducteurs de manipulateurs en tout genre" Rose-Marie Farinella

Pour valoriser l’engagement des élèves, en fin d’année scolaire, un diplôme « d’apprenti hoaxbuster » leur est décerné lors d’une cérémonie. Et c’est sur la tête de la souris de leur ordinateur, qu’ils prêtent serment.

Pour en savoir plus : Info ou intox sur le web, comment faire la différence dès l’école primaire ?

Par La rédaction

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