Les théories du complot de plus en plus présentes à l’école

Alors qu’elle était ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud Belkacem affirmait qu’un jeune sur cinq croit à la théorie du complot. Depuis l’apparition du groupe terroriste Daesh et les attentats du 13 novembre 2015, ces croyances se sont renforcées.

Les élèves de plus en plus contaminés

La désinformation est devenue un élément clé dans nos sociétés. Par ce biais, les théories complotistes constituent une nouvelle forme de croyance. Dans les esprits de nombreux citoyens, elles touchent désormais beaucoup d’élèves et d’étudiants. Selon plusieurs professeurs, le complotisme passionnerait les élèves.

Selon Cécile Dunouhaud, professeure agrégée d’histoire et interviewée sur France culture, les enseignants sont les premiers à témoigner de l’importance de ces théories à l’école. En effet, leurs enseignements peuvent être contestés notamment lorsque des sujets comme le 11 septembre sont évoqués. Les élèves prétendent qu’ils ont trouvé d’autres informations sur internet, sur les réseaux sociaux et que ces explications leur paraissent plus probables que ce que disent les médias traditionnels ou les professeurs.

« Les théories du complot sont présentes parmi les élèves mais ne 
s’expriment véritablement que lors de grands événements ». Cécile Dunouhaud.

Les attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan ont suscité une vague de questionnements chez les jeunes, dont beaucoup préfèrent trouver leurs réponses sur les réseaux sociaux tels que YouTube, Facebook et Twitter. L’utilisation des réseaux sociaux sont en effet au cœur du problème parce qu’ils constituent le meilleur canal de diffusion pour ces croyances complotistes. En effet, les réseaux sociaux sont le premier lieu d’information de la majorité des jeunes.

« Les élèves avançaient toutes les preuves qu’ils avaient vu sur internet 
et particulièrement sur YouTube ». Cécile Dunouhaud.

L’utilisation des réseaux sociaux des jeunes en matière de communication et de documentation représentent un obstacle pour les enseignants, qui se sentent souvent démunis face à ce phénomène.

Comment remédier à ces croyances ?

Face à la popularité croissante de ces théories, des moyens et des mesures ont été mis en place. Même si l’éducation aux médias fait partie des enseignements dispensés, ce cours n’est pas présent dans tous les établissements… Certains enseignants ont décidé d’accompagner leurs élèves à travers un travail de réflexion et de critique sur les informations médiatiques et sur les réseaux sociaux. D’autres ont mis en place des ateliers autour des théories du complot, pour mieux aborder les sujets.

« On apprend aux enfants à juger au mieux du fonctionnement des médias, pour 
recevoir ce qui est acceptable et mettre de côté ce qui ne l’est pas. Ils ont 
visionné les informations quotidiennes sur le journal télévisé et les ont 
croisés avec d’autres médias d’information et ce qu’ils voyaient sur Facebook. 
Ce n’est qu’au croisement de différents médias que l’on finit par déterminer 
un petit quadrilatère qui s’approche précisément de la vérité. » Ronan Cherel, 
professeure d’histoire géographie.

C’est aussi le cas de Sophie Mazet, professeur d’anglais à Saint-Ouen, qui anime des ateliers « d’auto-défense intellectuelle » pour développer l’esprit critique le sens de l’analyse des élèves. Ces ateliers lui permettent d’armer ces jeunes face aux théories du complot.

Parallèlement, le gouvernement a mis en ligne différentes plateformes pour aider les enseignants. Le site « On te manipule » qui permet de partager les bons réflexes à avoir face aux théories complotistes. Idem avec le site Eduscol, qui recense des ressources afin de mieux informer et accompagner les professeurs sur cette thématique de travail.

Par La rédaction

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