Au Liban, des hommes luttent contre les mariages précoces des jeunes filles

Pour dénoncer le mariage des jeunes filles et tenter de repenser les rôles sexuellement attribués, des hommes sillonnent le Liban et animent des sessions d’information et de discussion.

Des hommes engagés par leur histoire

Ghazi a été engagé par le Fond des Nations Unies pour la Population pour animer ces rencontres. Idriss travaille avec l’ONG libanaise « Amel Association ». De par leurs expériences personnelles, les deux hommes peuvent témoigner des répercussions néfastes des mariages précoces sur la santé mentale et physique des deux conjoints. La mère de Ghazi le force à se marier à  27 ans avec une femme de 13 ans sa cadette. Il raconte un début de mariage difficile. Idriss évoque également son mariage avec une femme beaucoup plus jeune que lui.

Ils interviennent dans les camps de réfugiés syriens et palestiniens pour qui le mariage est souvent considéré comme une protection. Pour ces populations, le mariage reste un bon moyen pour protéger leurs filles contre la pauvreté, les agressions sexuelles ou encore la faim. Très souvent, les familles qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts préfèrent marier leurs filles plutôt que de « les regarder mourir de faim ».

"Parmi la population réfugiée syrienne enregistrée d'un peu moins 
1 million, 41% des syriennes âgées de 20 à 24 ans étaient mariées 
avant 18 ans."

“L’égalité des sexes et [le respect des femmes] ne peut se faire sans la participation active des hommes”

L’impact destructeur d’un mariage précoce n’est pas méconnu : éducation précaire, vulnérabilité, dépressions, violences domestiques…

Ainsi, pour y remédier, il existe à travers le monde de nombreux programmes qui visent à promouvoir les droits et libertés des femmes. Cependant, et c’est à déplorer, ils s’adressent presque exclusivement à un public féminin. Pour remédier durablement à ces inégalités entre sexes, les hommes doivent être intégrés aux programmes. Ils ont un rôle crucial à jouer car ils sont, bien souvent, les incubateurs de ces inégalités. L’éducation des hommes sur les dommages émotionnels, physiques et financiers de ces mariages précoces, reste une solution non négligeable.

Source : “My Daughter Demands More’: The Men Fighting Child Marriage in Lebanon”

Par La rédaction

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