politique et religion, brève histoire du wahhabisme

Le salafisme est un courant idéologique qui prétend suivre « le vrai islam » des Salafs al-Salih, c’est-à-dire, des pieux prédécesseurs. Cette prétention proviendrait de deux hadiths attribués au prophète. Le premier prétendrait que les meilleures générations de musulmans sont celles des trois premiers siècles de l’islam. L’autre hadith dit : « Ma communauté se divisera en soixante-treize sectes. Toutes iront en enfer, à l’exception d’une ». D’après ce principe eschatologique d’élection, le salafisme prétend être le groupe élu.

 

Mais qu’en est-il vraiment ?

 

La secte orthodoxe du salafisme, que l’on surnomme aussi wahhabisme, est née de l’alliance politico-religieuse entre le prédicateur religieux puritain et littéraliste Mohammed Ibn Abdelwahab (1745-1818), patronyme duquel est tiré le mot wahhabisme, et la tribu bédouine des Saoud qui a donné son nom à l’Arabie saoudite, créée en 1932.

 

Ibn Abdelwahhab, fondateur de la secte salafiste, se revendique de la pensée d’Ibn Taymiyya (1268-1328), lui-même s’inscrivant dans la tradition d’Ahmed Ibn Hanbal (780-855), considéré comme l’école juridique la plus littérale et rigoriste de l’islam, à l’inverse des trois autres écoles le hanafisme, le malikisme et le shafe’isme. Le salafisme laisse très peu de place à l’interprétation rationnelle et recourt de façon systématique à des propos rapportés (hadiths) très peu fiables.

 

Durant près de deux siècles, les savants des plus grandes universités musulmanes comme Al Azhar au Caire, Al-Qarawiyyin au Maroc ou Zitouna en Tunisie ont écrit d’innombrables réfutations et répliques à la secte wahhabite qui prône la rupture avec le reste des musulmans qui ne pratiquent pas comme eux. En raison de la défiance du monde musulman, les wahhabites se sont alors mis à exporter leur doctrine religieuse sous le label plus vendeur de « salafisme », qui signifie « l’islam des pieux prédécesseurs ». Au moyen d’une fiction historique et religieuse, les wahhabites prétendent être les vrais musulmans détenteurs d’un islam pur.

 

En sacralisant les pieux prédécesseurs, le salafisme veut idéaliser les musulmans des premiers siècles en ignorant les guerres civiles, la lutte pour le pouvoir et l’imperfection des êtres humains. Alors que les salafistes appellent à un retour en arrière vers un âge d’or qui n’a jamais existé, le Coran invite à se tourner vers l’avenir, comme il est dit dans le verset 134 de la sourate 2 « Voilà une communauté bel et bien révolue. A elle ce qu’elle a acquis, et à vous ce que vous avez acquis. On ne vous demandera pas compte de ce qu’ils faisaient ».

 

 

 

Par La rédaction

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